UNE DÉTERMINATION RÉGIONALE ET INTERNATIONALE POUR RELANCER LES NÉGOCIATIONS
LE PROCESSUS DE PAIX EN VEDETTE
| Le Proche-Orient
est, à l’heure actuelle, au cœur d’un ensemble d’événements
et de prises de position s’inscrivant sous un même titre: la relance
rapide du processus de paix israélo-arabe, à travers ses
multiples volets.
Le discours d’investiture du Premier ministre israélien, Ehud Barak, devant la Knesset, le sommet historique au Kremlin entre les présidents Hafez Assad et Boris Eltsine, les récentes rencontres du président Hosni Moubarak avec les présidents Bill Clinton et Jacques Chirac, les propos tenus par Shimon Pérès et Yasser Arafat au Caire, expriment tous une même détermination: relancer les négociations en vue d’une paix juste et durable. Le ton est à l’optimisme. Il faut espérer que les obstacles de parcours et les écueils dans toute négociation seront surmontés pour qu’il soit mis fin à cent ans de conflit. |
Barak - Pérès: une même politique? |
Le cabinet israélien: un amalgame
de colombes et de faucons.
Dans son discours d’investiture à la Knesset, Barak appelle “à
une paix des braves avec les voisins arabes”. De plus, il tend la main
à toutes les parties pour la réaliser. Par ailleurs, il affirme
vouloir “mettre fin aux souffrances des peuples palestinien et israélien”,
en précisant que la paix avec les Palestiniens est, selon lui, aussi
importante que celle avec la Syrie et le Liban.
Auparavant, dans une déclaration devant les membres de son parti
à qui il présentait son programme gouvernemental, le leader
travailliste a proclamé: “Il faut mettre fin à 100 ans de
conflit israélo-arabe et travailler en vue d’aboutir à une
paix véritable.”
Tout indique donc que le Premier ministre israélien est déterminé
à relancer le processus de paix dans ses trois volets: palestinien,
syrien et libanais. De même, la communauté internationale
mise sur Barak pour conclure la paix. Déjà, avant son entrée
en fonctions, il était pressé de toute part pour reprendre
les négociations. Aujourd’hui, alors qu’il a été investi
par une très large majorité (75 voix sur 120), les Etats-Unis,
l’Europe et les pays arabes, qui ont tous accueilli favorablement
sa victoire électorale, attendent de lui, un déblocage rapide
du processus de paix, conformément à ses engagements électoraux.
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Assad à Moscou: s’armer pour négocier une paix juste et durable. |
LES TROIS VOLETS DU PROCESSUS DE PAIX
Concernant le dossier palestinien, Barak a promis de “respecter
les accords signés, d’accélérer les pourparlers” en
vue de parvenir à un accord permanent qui devra être avalisé
par un référendum. Il s’est engagé, aussi, à
ne pas construire de nouvelles implantations juives en Cisjordanie et à
Gaza.
A propos du Liban, il a réaffirmé sa détermination
à “opérer le retrait de “Tsahal” du Liban d’ici à
un an”, tout en garantissant la sécurité de la frontière
nord d’Israël. Il n’a pas, toutefois, évoqué la résolution
425.
Par rapport au volet israélo-syrien, il a promis “d’œuvrer en
vue d’une reprise des négociations avec la Syrie sur la base des
résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité”, fondées
sur le principe de la restitution des territoires occupés par Israël
en échange de la paix. “Cet accord, affirme-t-il, doit garantir
notre sécurité et permettre des relations normales entre
deux pays voisins.”
D’ailleurs, entre la Syrie et Israël on assiste, ces derniers
temps, à une sorte de “flirt diplomatique”. Dans une rencontre avec
son biographe, le journaliste britannique, Patrick Seale, le président
Assad a qualifié Barak “d’homme fort et honnête, de dirigeant
qui peut réaliser tout ce qu’il décide de faire”, ajoutant:
“Il est clair qu’il veut faire la paix et avance selon un rythme bien étudié.”
Le président syrien a même innocenté Barak des derniers
raids israéliens sur le Liban.
De son côté, le Premier ministre israélien, dans
un entretien avec M. Seale, a salué en Hafez Assad “celui qui a
pu édifier une Syrie forte, indépendante et sûre d’elle-même.”
Dans le cadre du processus de paix, une question reste en suspens:
Jérusalem qui, selon Barak, demeurera la capitale éternelle
et unifiée d’Israël.
UN CABINET DE COALITION
Ehud Barak a pris tout son temps (plus de six semaines), pour former
un Cabinet de coalition de dix-huit membres, représentant sept formations
élues à la Knesset et regroupant soixante-quinze députés
sur cent-vingt. Il vient d’obtenir l’aval du parlement et s’est réservé
le ministère de la Défense.
La participation du parti ultra-orthodoxe “Shass” pourra contribuer
à faire avancer le processus de paix. Troisième formation,
par ordre d’importance de la Knesset, fort de dix-sept députés,
ce parti sépharade (juifs orientaux) est, en effet, favorable au
processus de paix et accepte des compromis territoriaux. Il constitue un
parti incontournable pour la gauche, comme pour la droite en raison de
sa position-clé dans le jeu politique.
Mais si le “Shass” est satisfait, les travaillistes le sont beaucoup
moins. Les dirigeants les plus populaires élus en tête de
liste aux primaires du parti, ont été écartés
de cette formation ou occupent des postes de moindre importance. Barak
est donc contesté par les siens.
Pour cela d’ailleurs et afin d’exprimer leur mécontentement,
les travaillistes ont fait élire à la présidence de
la Knesset, Avraham Burg, alors que Barak appuyait un autre candidat.
Le Likoud a été exclu du Cabinet, le Premier ministre
a confié les Affaires étrangères à un dissident
de ce parti, David Lévy, qui a déjà assumé
cette fonction sous deux gouvernements de droite.
VISITE DE ASSAD À MOSCOU
Au moment où M. Barak présentait son gouvernement à
la Knesset, le président syrien effectuait une visite, qualifiée
d’historique, à Moscou, la première depuis la dislocation
de l’URSS, en 1991. Cette visite avait pour objectif prioritaire de “relancer
le partenariat syro-russe”, afin de contrebalancer “le monopole américain”
dans le processus de paix au Proche-Orient et de renforcer les relations
bilatérales entre les deux pays.
A l’époque de la guerre froide, Moscou et Damas avaient formé
une alliance politique et militaire face aux USA, établi des liens
stratégiques entre les deux capitales et signé, en 1980,
un traité d’amitié et de coopération.
Le sommet Assad-Eltsine s’est, donc, tenu au Kremlin le mardi 6 juillet.
Les présidents russe et syrien se sont prononcés “contre
tout diktat de la part d’un Etat ou de plusieurs Etats dans la conduite
des affaires planétaires” et appelé “à la création
d’un monde multipolaire”, estimant que le rôle de l’ONU devait être
renforcé. Moscou s’est, également, prononcé en faveur
de la reprise des pourparlers entre Israël et la Syrie à partir
du point où ils se sont arrêtés en 1996.
Cette visite s’inscrit en ligne droite dans le cadre de la relance
du processus de paix. Le quotidien syrien officiel “Techrine” écrit:
“La Russie peut ramener l’équilibre dans ce processus et œuvrer
pour l’application des résolutions de l’ONU et du principe de l’échange
de la terre contre la paix.”
Le sommet du Kremlin a porté sur les relations bilatérales
entre les deux pays. Moscou et Damas s’engageant à poursuivre leur
coopération dans les domaines politique, commercial, économique,
militaire et technique. Une commission conjointe russo-syrienne a été
chargée d’étudier le renforcement de cette coopération.
Damas voudrait, aussi, rééquiper en la modernisant son armée
en signant de nouveaux contrats pour un montant de deux milliards de dollars.
Mais la Syrie doit déjà 12 milliards de dollars, à
Moscou. Cette question sera examinée au niveau des ministères
concernés.
Moubarak à Washington et à Paris pour accélérer le processus de paix. |
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Arafat au Caire: les déceptions
et les aspirations des palestiniens.
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Au Caire, s’est tenue la
première conférence non-gouvernementale pour la paix, organisée
par l’alliance internationale pour la paix israélo-arabe basée
à Ramallah et qui regroupe plusieurs intellectuels.
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