Saturnale

Par MARY  YAZBECK AZOURY
PHARAON CHEZ PHARAON: CÉLESTE AÏDA
Le spectacle le plus prestigieux au Liban depuis la fin de la guerre.
Une merveilleuse performance qui a transporté les Libanais, le temps de quelques soirées, dans un monde inhabituel, harmonieux, amoureux et irréel. C’est “Aïda”, le célèbre Opéra de Verdi interprété par la troupe “Opéra-Ballet House d’Odessa”, qui a obtenu un triomphe bien mérité dans l’inégalable décor de Byblos.
Pourtant, l’Opéra de Verdi est un des plus difficiles à réaliser, en raison de la fabuleuse mise en scène et du nombre de figurants qui doivent y participer. C’est une gageure que le “We Group” a tenue! A sa tête, Richard Pharaon, un nom prédestiné... Un Pharaon chez Pharaon? On peut dire “qu’il osa, mais l’audace était belle.”
Cette magnifique production fera annale dans l’histoire des spectacles musicaux au Liban. L’exemple de la qualité est à suivre.

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L’EXACTITUDE EST LA POLITESSE DES ROIS
Tant au concert “Pavarotti”, qu’à l’Opéra “Aïda”, les spectateurs ont dû attendre de 45 à 60 minutes le début du spectacle, en raison du retard des invités officiels.
Seule personne arrivée à l’heure, Mme Andrée Lahoud au concert de Pavarotti.
A l’avenir, il faudra éviter ces délais. Ministres, députés, VIP’s, il leur incombe d’arriver à l’heure. Un délai de grâce de cinq minutes est, généralement, accordé, mais pas une seconde de plus.
Au “Metropolitan”, de New York, à “la Scala”, de Milan, au “Covent Garden”, de Londres, à “l’Opéra de Paris”, un tel retard aurait provoqué le chahut et les protestations des personnes présentes qui ont payé leurs places. D’ailleurs, l’idée en elle-même est inacceptable et aucun des responsables de ces prestigieux locaux n’aurait pensé à remettre de quelques minutes le spectacle, la reine elle-même fut-elle en retard... Ce qui ne lui arrive jamais.
Il faut que le Liban sorte du sous-développement, en s’imaginant que le titre de ministre-député, etc... accorde le droit aux titulaires de s’arroger des privilèges auxquels ils n’ont pas le droit de prétendre!
Les organisateurs devraient s’en souvenir. Sinon, ils perdraient toute crédibilité.
Un autre point auquel il faudrait songer à l’avenir: des places pour étudiants à des prix accessibles. Où sont les “Jeunesses Musicales”? Elles devraient réserver des places pour jeunes mélomanes.

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“LE MARIAGE SECRET”
L’empereur d’Autriche-Hongrie, Léopold II qui assistait à la première de l’Opéra “Il Matrimonio segreto”, de Cimarosa à Vienne en 1792, a fait rejouer entièrement l’œuvre en rappel.
Aucune des personnes présentes ne quitta la salle. Ce fut l’ovation la plus longue de l’histoire de l’Opéra.
Léopold II sut “remercier”, royalement, les interprètes.

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JUILLET, MOIS DES RÉVOLUTIONS
Plus de treize fêtes nationales en juillet, dont la plupart commémorent les dates révolutionnaires, celle de la prise de la Bastille, en premier, le 14 juillet...
On dit que c’est la chaleur qui monte à la tête, provoque une sorte de folie collective et générale, que l’on n’oserait pas par une température de zéro au moins zéro. Preuve en est les pays scandinaves.
Les Russes qui sont aussi habitués au froid, supportent très mal la hausse de température. La semaine dernière a vu un record inhabituel de disputes, de tueries, en raison de la chaleur.
Une Moscovite a harcelé son époux pour lui arracher son consentement en vue de l’achat d’un climatiseur... Tant et si bien que le mari exaspéré a tué sa femme; puis, l’a mise dans son congélateur pour qu’elle puisse, enfin, se reposer de la forte température.
Histoire vraie, quoique invraisemblable.

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LARRY KING EST ROI
Ce n’est pas un jeu de mots provenant de la traduction du mot king en roi. Mais la qualité du spectacle qu’il offre, qu’on apprécie ou non le personnage, est de toute première qualité. Il est enlevé de la manière la plus brillante et la plus naturelle possibles.
Le temps c’est de l’argent. Et Larry King le prouve bien en exploitant les soixante minutes de son programme, au maximum. Pas une minute de retard, pas une miniute de prolongement. Commencé à l’heure, terminé à la minute, les sujets étant souvent passionnants.
La semaine dernière, les spectateurs étaient invités à poser des questions à quatre personnes choisies par King.
Hugo Vickers, biographe de la famille royale de Grande-Bretagne; Peter Brown, ami intime du Prince Edward qui avait assisté et participé à toutes les célébrations depuis les fiançailles Edward-Sophie; Robert Lacey, auteur de “The Queen Mother’s Century” (le siècle de la reine-mère Elisabeth) et Kitty Kelley, une Américaine auteur de “The Royals”.
Pendant 60 minutes, cela a été un feu d’artifice ayant prouvé que “démocratie” n’est pas un vain mot, tant au Royaume-Uni, qu’aux USA.
Toutes les questions possibles et inimaginables au sujet de la famille royale britannique ont été posées.
Entre autres: pourquoi a-t-on banni les chapeaux de la cérémonie?
Réponse très simple: pour le plus grand confort des invités, qui tous devaient se rendre à la réception et à la soirée organisées après la cérémonie religieuse. Le fait d’avoir des chapeaux aurait obligé  ces dames à se recoiffer, donc à rentrer chez elles...
Le plus simple était de les supprimer, afin d’avoir la même tenue au mariage; puis, au dîner. Seule exception la reine-mère Elisabeth qui célèbre en août ses 99 printemps: elle s’est permis de rentrer chez elle, de changer de tenue, de se recoiffer et d’arriver fraîche et pimpante au dîner.


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