Evénements de la semaine
UN CABINET D’UNION POUR DÉTENDRE L’ATMOSPHÈRE ET SAUVER LA PATRIE...
Après la liesse provoquée par le retrait israélien en mai dernier, l’atmosphère intérieure s’est gâtée, progressivement, au point de devenir irrespirable. Bien des sujets délicats l’enveniment et font craindre une dégradation de la situation pour le moins inquiétante. Seul un Cabinet d’union peut la redresser et empêcher un dangereux dérapage, au moment où les Libanais ont plus que jamais besoin de resserrer les rangs pour faire face à tous les défis... Les chefs de l’Etat et du Législatif en ont discuté au cours de leur rencontre hebdomadaire.
 

Le retrait israélien du Sud et de la Békaa ouest a suscité dans le pays une satisfaction compréhensible au terme de vingt-deux années d’occupa-tion.
La joie ressentie par tous les Libanais devait, malheureuse-ment, être atténuée par des discussions byzantines, instituées autour de maints sujets ayant divisé notre peuple durant les douloureux événements et après la fin de la guerre, en tête desquels l’accord de Taëf dont l’application sélective a provoqué un malaise et continue à l’entretenir.
Les élections législatives - celles de 92, de 96 et même les toutes récentes - ont engendré un sentiment fait de frustration et d’amertume, parce qu’elles ont été organisées sur la base d’une loi électorale inique, le découpage des circonscriptions conçu en dépit de la logique et du bon sens, ayant faussé le jeu démocratique et empêché la volonté populaire de s’exprimer librement.
Cette loi que le président du Conseil lui-même a dénoncée et jugée inadéquate, a entraîné son échec et celui de plusieurs de ses ministres et colistiers, tout en favorisant l’accession à l’Assemblée d’éléments dont la représentativité laisse à désirer... Surtout que du propre aveu de certains chefs de liste, ces derniers et beaucoup de leurs hommes ont pu être élus grâce à la puissance des espèces sonnantes. Le président Hoss n’a-t-il pas répété maintes fois au cours de la campagne électorale: “Je me trouve face à une montagne d’argent?”
Autre sujet de controverse: la présence militaire syrienne qui aurait dû prendre fin, sinon en 1992, en vertu de l’accord de Taëf, du moins après le retrait israélien du Liban-Sud. Est-il possible que quiconque réclame le redéploiement des forces syriennes soit suspecté de comploter contre le pays voisin, traité “d’ingrat” ou de “vendu”?
L’affaire des “exilés” suscite, également, une polémique, autant que celle de groupes - le courant aouniste et celui des Forces libanaises - dont les membres font l’objet de poursuites injustifiées, même à l’occasion de cérémonies commémoratives ou religieuses, comme ce fut le cas du rassemblement organisé dernièrement à Mayfouk.
Tout cela envenime l’atmosphère et la rend irrespirable. Il faut y mettre un terme sans retard, si on veut éviter au pays des troubles que nous avons tous intérêt à prévenir.
C’est le moment ou jamais, à l’occasion des tractations en prévision de la formation d’un nouveau Cabinet, de remettre de l’ordre dans la maison libanaise, en constituant un gouvernement d’entente, seul habilité à entreprendre l’opération de sauvetage. Le plus tôt serait le mieux. 


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