La
persistance de la tension dans la région frontalière, notamment
à la “porte de Fatma”, a, enfin, entraîné le déploiement
de l’Armée dans les zones libérées à commencer
par Jezzine. Cette opération est réclamée depuis des
mois par les Sudistes, les incidents quasi-quotidiens risquant de provoquer
des dérapages et d’embraser de nouveau les secteurs proches de la
“ligne bleue”.
Alors que de nombreux Libanais ayant fui en Israël manifestent
le désir de réintégrer leurs villages et leurs terres
au Liban-Sud (leurs demandes de retour ayant été agréées
par les instances israéliennes qualifiées), la situation
redevient tendue dans la région frontalière, plus exactement
à la “porte de Fatma”, laissant craindre des risques de dérapage.
En effet, les incidents ne cessent de se multiplier et de prendre de
l’ampleur. Libanais et Israéliens se lancent des pierres à
travers la “ligne bleue”. En l’absence de forces régulières
libanaises, il n’est pas possible d’y rétablir le calme, d’autant
que les Casques Bleus se distinguent par leur passivité, se contentant
d’observer les scènes de violence en simples spectateurs, sans rien
entreprendre pour y mettre un terme...
Cette situation qui, si elle persistait, pourrait redevenir explosive
et remettre le feu aux poudres, peut à la longue confirmer les craintes
formulées par certains pays, les Etats-Unis en tête. Ceux-ci
lient leur octroi d’une aide au Sud par la stabilisation à la frontière
internationale et il semble que ce soit l’une des causes ayant entraîné
le renvoi sine die de la conférence des pays donateurs.
Le déploiement de l’armée libanaise est, rappelons-le,
réclamé depuis mai dernier par plusieurs personnalités
politiques et les populations civiles sudistes, dont les localités
sont perturbées chaque quelque temps, par des incidents dont la
répétition leur font perdre confiance en l’avenir. Beaucoup
parmi les personnes déplacées hésitent encore à
regagner leurs pénates pour cette raison.
Le déploiement de la Grande Muette dans la région de
Jezzine, opéré ces derniers jours, a été accueilli
avec satisfaction par les habitants du caza. Bien que tardif, ce déploiement
contribuera à rassurer les habitants.
L’Etat n’est-il pas tenu de manifester sa présence sur l’ensemble
du territoire national? Celle-ci n’a pas pour conséquence “de protéger
l’Etat hébreu” comme d’aucuns le prétendent, mais a pour
objectif de rassurer la population sudiste dont les craintes ne peuvent
être dissipées par des effectifs limités et en position
à des endroits éloignés des dizaines de kilomètres
du front.
On se demande, justement, si la situation si peu rassurante dans les
régions libérées a porté, enfin, les responsables
à y envoyer l’Armée et si le report de la conférence
des pays donateurs y est pour quelque chose!
Dans ce cas, ce serait bien dommage, car les ONG qui ont pris la relève
de ces pays, ne peuvent pas les remplacer d’une manière avantageuse. |