Le
renvoi sine die de la conférence des pays donateurs, n’a pas manqué
de jeter un froid dans les rapports entre Beyrouth et Washington. En effet,
la capitale fédérale est soupçonnée d’avoir
torpillé ces assises, sous la pression du lobby sioniste, à
l’approche des présidentielles américaines. Cependant, l’ambassadeur
US s’est empressé de rendre visite au chef du gouvernement (notre
photo), pour nier l’intention prêtée à son gouvernement
de vouloir porter préjudice à notre pays...
Avant son départ, la semaine dernière, pour New York,
on avait laissé entendre au prési-dent Salim Hoss par la
voie diplomatique, qu’il serait préfé-rable de reporter la
conférence des pays donateurs, en atten-dant la formation du nouveau
Cabinet issu de la nouvelle législature. Aucune nouvelle date n’a
été fixée, alors que la réunion était
prévue pour la première quinzaine d’octobre.
Aussitôt informé, le chef de l’Etat a refusé que
“l’aide promise au Liban soit assujettie à des conditions politiques
ou à des concessions sur sa dignité et sa souveraineté”.
Certains milieux pensent que notre pays subit ainsi la consé-quence
de son retard à déployer ses forces régulières
à la fron-tière méridionale après le retrait
israélien, afin d’y normaliser la situation d’une manière
défini-tive et pour y rétablir la confian-ce parmi les citoyens.
(L’Armée vient de prendre position dans la région de Jezzine).
Dans le même contexte, on considère le fait pour la secrétaire
d’Etat US de s’être excusée de rencontrer son homologue libanais
en marge des travaux de l’assemblée générale des Nations
Unies et de déléguer à sa place son adjoint - que
M. Hoss a refusé de recevoir - comme un autre indice du froid qui
caractérise, en ce moment, les rapports entre Beyrouth et Washington.
Des observateurs y voient une machination de la part de l’Etat hébreu
qui tente d’exercer une pression sur Beyrouth pour l’amener, sinon à
désarmer le “Hezbollah”, du moins à l’éloigner du
Sud où la tension persiste.
Le Premier ministre a déploré, naturellement, l’ajournement
de la conférence, car ceci retarde l’octroi de l’aide aux zones
libérées qui en ont grand besoin au terme de vingt-deux années
d’occupation.
En effet, il faudra maintenant attendre la fin des présidentielles
américaines et l’entrée en fonction du nouveau chef de l’Exécutif
US (le 20 janvier 2001) pour espérer obtenir l’assistance nécessaire
à la remise en état des infrastructures au Sud.
Cependant et pour manifester leur bonne volonté, les Etats Unis
et d’autres pays donateurs seraient disposés à accorder des
fonds - près de 150 millions de dollars - destinés à
financer des travaux urgents. A cet effet, une réunion élargie
des ONG se tiendrait fin septembre à Beyrouth, plus exactement le
28 de ce mois, en présence de représentants de l’ONU et de
l’Union européenne. Le gouvernement libanais ne semble pas avoir
donné de réponse à ce sujet, laissant probablement
ce soin à la nouvelle équipe ministérielle...
L’ambassadeur US affirme qu’il n’y a aucun rapport entre le report
de la conférence des pays donateurs, d’une part; la formation du
nouveau Cabinet libanais et les présidentielles américaines
d’autre part. “La raison essentielle de ce report, a-t-il précisé,
est que les Etats donateurs ne sont pas encore prêts à accorder
l’aide promise et, de plus, il importe de bien préparer ces assises
afin d’en assurer le succès”.
...Pour éviter de connaître le sort des décisions
prises il y a quelques années, par le “forum des amis du Liban”
ayant siégé à Washington... |