PRÉSIDENTIELLE US
LES JEUX SONT-ILS DÉJÀ FAITS?

Les jeux sont-ils déjà faits à quelque six semaines de la présidentielle américaine? Le 4 septembre, à l’occasion du Labor Day, Al Gore se plaçait déjà en tête de course sur la piste de la Maison-Blanche. Selon la tradition, le candidat qui se présente comme favori à cette date serait l’heureux élu. Le vice-président s’est-il donc assuré la victoire? Mais le suspense se maintient en prévision du scrutin du 7 novembre et les démocrates autant que les républicains continuent, à jeu inégal, de fourbir leurs armes.
 
Al Gore et Tipper, son épouse, dansant 
avec les Sisters Sledge lors d’un 
dîner de gala pour levée de fonds.
Réunion des ministres de l’Opep 
à Vienne décidant de l’augmentation 
de la production pétrolière.

Pratiquement dopé à l’issue du choix de son colistier, Joe Lieberman, sénateur du Connecticut, le premier juif à entrer dans l’histoire des Etats-Unis à ce titre, le vice-président Al Gore qui était distancé de 14 à 17 points par son challenger George W. Bush, gouverneur du Texas, dont la cote de popularité avait joui d’une extraordinaire embellie à l’issue de la Convention républicaine (31 juillet - 3 août, Philadelphie), a redressé radicalement son image et n’a cessé depuis la Convention démocrate (14 - 17 août, Los Angeles) de gagner du terrain. Tous les instituts de sondage lui donnent désormais une avance de 14 à 3 points. Seul un site Internet accordent à Bush une avance de 3 points.
D’ores et déjà, on s’interroge sur le rapport de forces que traduiront les débats télévisés qui opposeront les deux candidats. La forme de ces débats qualifiée d’“historique” a été âprement négociée pendant trois jours avec les deux camps par la commission des débats présidentiels qui permettront “davantage d’échanges que par le passé”. Si le premier débat qui se tiendra à l’université de Massachusetts à Boston, le 3 octobre prochain, conservera son style conventionnel avec pour modérateur Jim Lehrer, journaliste-vedette de PBS et du programme “News Hour”, les débats du 11 octobre qui se déroulera à Wake-Forest University à Winston-Salem en Californie du Nord et celui du 17 octobre à l’Université de Washington à Saint Louis, prendront l’allure de talk-show avec le même modérateur et permettront à l’audience de poser des questions aux candidats. Les trois débats auront une durée limitée de 90 minutes et commenceront à 21 heures. Ils seront suivis d’un face-à-face entre les deux candidats à la vice-présidence: Dich Cheney et Joe Lieberman.
Etant donné les piètres connaissances de George W. Bush en matière de politique étrangère et les nombreuses bourdes qui l’ont déjà compromis aux yeux de la presse, les républicains qui ont investi 99,3 millions de dollars dans sa campagne, ont à juste titre la main sur le cœur. Mais ils ne désespèrent pas toutefois de le voir remonter la pente avec son “conservatisme de cœur” prôné à la convention et qui lui a valu une remontée en flèche dans les sondages. D’autant qu’Al Gore qui est parvenu à se détacher de son mentor Bill Clinton tout en utilisant l’héritage des huit années de croissance qui ont vu la création de 22 millions de nouveaux emplois, n’a pas encore réussi (en dépit d’une campagne démocrate chiffrée à 74,4 millions de dollars) à sortir de son glacis et imposer l’image charismatique qui a fait le succès de l’actuel président.
Al Gore autant que Bush s’emploient à séduire actuellement les 5 millions d’indécis sur 148 millions d’inscrits. La Californie, New York et le Nord-Est sont pratiquement acquis aux démocrates, le Sud et les Etats des Rocheuses le sont aux républicains. Il reste le Midwest et la Floride que les deux candidats se disputent âprement et qui feront la différence.
Parallèlement à la campagne de Bush et de Gore, une autre campagne séduit les Américains, celle de la First Lady Hillary Clinton qui brigue le poste de sénateur de l’Etat de New York et où la bataille s’annonce féroce. Un premier face-à-face télévisé avec son challenger républicain Rick Lazio, ayant remplacé au pied levé le puissant maire de New York, Rudy Giuliani, lui a déjà donné des sueurs froides. Rien n’est joué en dépit de l’appui formidable que lui donne son cher époux.

Par EVELYNE MASSOUD

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