SANTÉ    Par Carma KARAM


LES PROGRÈS DE LA MÉDECINE VONT CHANGER VOTRE VIE... N’ATTENDEZ PAS POUR SAVOIR! 
CLONAGE HUMAIN ET CELLULES SOUCHES: LE DÉBAT

Le clonage humain pourrait être utilisé à des fins thérapeutiques. Des études sur la souris ont montré que des cellules souches embryonnaires peuvent évoluer au choix vers des cellules nerveuses ou cérébrales pour traiter la maladie de Parkinson, ou d’Alzheimer ou d’autres anomalies du système nerveux central. On envisage également de pouvoir traiter le diabète et la leucémie. Le Pape a condamné ces pratiques qu’il qualifie de moralement inacceptables, car elles entraînent la mort d’un embryon et recommande de se limiter aux cellules souches adultes. Alors comment se retrouver dans tout ce charabia génétique? En pratique, pour fabriquer un clone, on prélève une cellule reproductrice femelle (appelée ovocyte) et on enlève son noyau, qu’on remplace par le noyau d’une cellule appartenant à la personne à cloner. A ce stade, on a deux options. Soit on implante cet ovocyte embryon dans l’utérus d’une mère porteuse, ce qui donnerait neuf mois plus tard un jumeau comme la brebis Dolly; soit on met l’embryon en culture pendant quelques jours et on en extrait les fameuses cellules souches qui donneront des tissus du foie, de la moëlle osseuse, du cœur, du pancréas, des neurones qu’on pourra ensuite multiplier et injecter au malade donneur qui ne présentera pas de rejet, puisqu’elles portent son code génétique propre. Tout le monde s’accorde à condamner la première méthode. D’ailleurs, elle a un très faible rendement, puisqu’il a fallu 227 tentatives pour faire Dolly; imaginez combien d’embryons il faudrait sacrifier pour obtenir un clone humain vivant. On s’intéresse à la deuxième technique, celle des cellules souches. Le débat concerne la façon de les obtenir. Les cellules souches embryonnaires obligent à tuer l’embryon dans sa première semaine d’existence. Mais elles ont l’avantage d’être de très bonne qualité, de pouvoir se multiplier rapidement et longtemps et de pouvoir évoluer vers toutes sortes de tissus. Les cellules souches adultes permettent d’éviter de sacrifier un embryon. Elles sont obtenues à partir des cellules d’un adulte, comme les cellules du sang et des études chez le rat ont montré qu’on pouvait les transformer en cellules nerveuses, musculaires ou de moëlle osseuse. Le problème est que leur qualité est moins bonne que les cellules souches embryonnaires, car elles se multiplient plus difficilement et sont plus difficiles à garder en vie. Alors comment faire pour concilier progrès de la médecine, éthique et religion? Une solution envisagée consiste à utiliser des embryons résultant de la fécondation in vitro qui n’ont pas été utilisés et qui sont en “surplus”. Ceux-ci existent déjà, sont conservés dans l’azote liquide et pourraient donner des cellules souches de bonne qualité. Soyons tout de même vigilants: il ne faudrait pas que, sous prétexte de soigner, on s’oriente vers une dérive dangereuse et une banalisation du miracle de la vie. 


ACCIDENTS DE VOITURE: OBSERVER POUR PROGRESSER

Les accidents, en général, sont la première cause de mortalité chez les jeunes. Les accidents de la route arrivent en bonne position dans ce triste palmarès. A défaut de disposer de statistiques libanaises fiables, voyons ce qui se passe dans d’autres pays. Aux Etats-Unis, par exemple, il y a un blessé toutes les six secondes et 40.000 morts par an. Pendant un accident de voiture, le mouvement de la tête est suspendu durant quelques secondes, mais le cerveau peut continuer à bouger à l’intérieur de la boîte crânienne, ce qui provoque des blessures tissulaires et des déchirures des vaisseaux. En cas de rupture de certaines veines, il se produit un hématome sous-dural, c’est-à-dire une boule de sang entre le cerveau et les méninges qui l’entourent. Or, les méninges ne sont pas extensibles et le cerveau est donc comprimé comme dans un étau. En l’absence de traitement, cela peut être fatal. Ce qui justifie une surveillance neurologique très prudente des victimes d’accident. Une autre complication très fréquente est ce qu’on appelle le coup du lapin: d’abord, le thorax se soulève; ensuite, le cou est projeté en avant; puis, brutalement en arrière. Il peut entraîner une atteinte de la colonne vertébrale et justifie au minimum le port d’une minerve. Une initiative américaine mérite d’être citée, car elle peut permettre de faire progresser la prise en charge des accidents. Neuf grands centres ont mis en commun leurs données sur les milliers d’accidents traumatiques, ce qui permet à n’importe lequel d’entre eux de regarder dans les archives de l’autre à la recherche d’un accident du même type. Les équipes regardent, alors, les complications qui s’étaient produites, ce qui les aide à bien examiner leurs victimes et à ne rien oublier. Car certaines blessures internes sont très difficiles à détecter et souvent il faut faire vite (tout le monde se souvient de l’accident de la princesse Diana). Ce fichier permet d’aider les médecins mais, aussi, les constructeurs de voitures, dans le but d’accroître notre sécurité au volant. J’en profite pour rappeler que les enfants doivent être attachés dans le siège auto à l’arrière face à la route, de l’âge d’un an à l’âge de neuf ans; puis, attachés à l’arrière, loin de l’airbag, jusqu’à 12 ans. 


LE SPORT SOUVENT PLUTÔT QUE LONGTEMPS

Le sport, c’est bien, mais nous ne sommes pas tous des athlètes; alors, on baisse les bras et on regarde les jeux olympiques à la télévision. Erreur! Pas besoin d’être un forcené des salles de gymnastique pour rester en forme et préserver sa santé. Une étude récente parue dans la très sérieuse revue Circulation, conclut que 15 minutes d’exercice physique 2 à 3 fois par jour, suffisent à diminuer le risque d’atteinte cardiaque, autant qu’une longue séance de 45 minutes. L’essentiel est de faire du sport et si vous ne pouvez pas en faire pendant une demi-heure, faites deux fois 15 minutes entre le matin et le soir. Les conclusions proviennent du suivi de milliers d’hommes - universitaires dans les années 50 - qui, depuis 1962, sont régulièrement interrogés sur leur état de santé et les sports qu’ils pratiquent. Ceux qui faisaient un total de 30 minutes de sport par jour 5 à 6 fois par semaine, avaient 20% de complications cardiaques en moins. Même la marche avec une distance de 5 km ou plus par semaine, permet de baisser le risque de 10%. En plus, il ne s’agit pas de faire tout le temps la même chose: on peut, aussi, nager le matin et faire du vélo l’après-midi, ce qui compte, c’est de faire de l’exercice à son rythme et à sa convenance.


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