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| LE MESSAGE DE MME ALBRIGHT | ||
| Pourquoi
donc Mme Albright se gênerait-elle? Avant de se rendre à l’ONU,
le chef du gouvernement libanais, M. Salim Hoss, avait fait savoir à
la secrétaire d’Etat américaine, par les voies diplomatiques
ordinaires, qu’il souhaiterait la rencontrer durant son séjour à
New York.
Mme Albright n’a pas jugé ni bon, ni utile de satisfaire ce souhait. Elle a fait dire à M. Hoss que l’un de ses adjoints se chargerait d’aller le saluer. M. Hoss lui a répondu que cet adjoint n’aurait pas à se déranger. Il ne le recevrait pas. *** Le président Salim Hoss, depuis son échec aux élections,
n’est plus qu’un chef de gouvernement en sursis et Mme Albright le lui
fait bien sentir. Qu’à travers M. Hoss, c’est le Liban lui-même
qui était la cible de ce geste d’humiliation, importe peu, sans
doute, à la très grande puissance que représente Mme
Albright. Mais la secrétaire d’Etat, elle-même, n’est-elle
pas en sursis; puisqu’au lendemain des prochaines élections présidentielles,
tout le personnel de l’Administration Clinton sera changé selon
un rituel bien établi?
*** Les “pays donateurs”, sous la pression des Etats-Unis, ne sont pas prêts à donner quoi que ce soit, tant que le Liban ne se sera pas soumis aux conditions qu’on peut facilement soupçonner d’être des conditions israéliennes. Quelles sont ces conditions? Elles seront tôt ou tard formulées officiellement. Si l’on garde encore là-dessus une certaine discrétion, c’est probablement qu’on sait que le gouvernement de M. Salim Hoss n’est pas en situation de les accepter. On veut être assuré que son successeur sera en meilleure posture pour s’y soumettre. Il y a là un facteur important qui semble devoir jouer pour la désignation du futur chef de gouvernement et pour la composition de son Cabinet. C’est un jeu serré dans le cadre d’un système d’ingérences étrangères qui risque d’ignorer, dangereusement, les conditions de l’équilibre national et de la paix intérieure. La question à laquelle il faudra trouver une réponse est celle de savoir comment constituer un gouvernement répondant à ce besoin d’équilibre et de paix, tout en s’intégrant à une politique de stabilisation régionale, dont le “processus” est mené par l’Amérique aux conditions posées par Israël et, dès lors, encore très aléatoire. M. Hoss n’étant plus un interlocuteur valable pour Mme Albright, qui sera le successeur de M. Hoss susceptible d’être l’interlocuteur valable pour le successeur de Mme Albright dans une nouvelle Administration américaine, dont la priorité sera toujours l’intérêt d’Israël et, dans cette optique, la paix avec la Syrie, le changement de régime à Bagdad, le pétrole? Et dans l’intervalle entre M. Clinton et son successeur, qui orientera ce jeu sinon M. William Cohen, le Pentagone et la CIA? Belle perspective! Le Liban, en tout cas, ne serait qu’un souci marginal pour Washington. *** Ce n’est donc pas à Washington qu’il convient de rechercher une
réponse à nos problèmes; mais auprès des leaderships
politiques issus des élections libanaises.
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