La
dégradation de la situation sur le terrain en Palestine occupée
au cours de la quinzaine écoulée, que certains émissaires
ont tenté de freiner tant bien que mal; est la conséquence
de la politique irrationnelle du Premier ministre israélien. Ayant
perdu toute crédibilité, en plus de sa majorité à
la Knesset. Ehud Barak a fait montre de faiblesse et de veulerie à
l’égard de Sharon, en lui assurant une forte escorte lors de sa
visite à la mosquée d’Al-Aksa, ce qui a constitué
la goutte ayant fait déborder le vase.
Les développements dramatiques survenus en Palestine occupée
sont la conséquence de la faiblesse du Premier ministre israélien
qui n’est plus capable de contrôler la situation, ni de prendre les
mesures voulues pour freiner le cycle de la violence sur le terrain.
A l’approche de la rentrée parlementaire, Ehud Barak qui a perdu
avec la majorité à la Knesset, toute crédibilité
et le soutien de la rue, tente de se rapprocher du Likoud, dans l’idée
de former un Cabinet d’union nationale, en l’absence d’un accord de paix
devenu aléatoire - et de l’éventuelle proclamation unilatérale
d’un Etat palestinien d’ici à la mi-novembre et peut-être
avant cette date.
A cet effet, non seulement il a souscrit, implicitement, à la
décision d’Ariel Sharon de se rendre à la mosquée
Al-Aqsa, acte de provocation délibéré et irresponsable
qui a constitué l’étincelle ayant remis le feu aux poudres,
mais il lui a assuré une garde d’un millier de soldats.
Le nouveau soulèvement palestinien a créé une
situation difficile à gérer par les moyens ordinaires. Aussi,
Barak a-t-il été contraint d’user de la manière forte
pour faire face aux manifestations, occasionnant la mort de dizaines de
personnes.
Mais si l’armée israélienne a pu contenir, tant bien
que mal, la vague protestataire, les mouvements de masses signalés
sous tous les cieux, en signe de protestation contre l’usage disproportionné
par “Tsahal” de sa machine de guerre, ont eu pour conséquence de
retourner la communauté internationale contre l’Etat hébreu.
Preuve en est que, même les Etats-Unis, n’ont pas usé
de leur droit de veto - comme ils en avaient l’habitude - mais se sont
abstenus lors du vote d’un projet de résolution au Conseil de Sécurité
condamnant Israël “pour son utilisation excessive de la force contre
des populations civiles démunies de défense”.
Ces événements dont la Terre Sainte a été
le théâtre ont été si préoccupants, que
le secrétaire général des Nations Unies a jugé
nécessaire de s’y rendre au début de la semaine, pour tenter
de calmer les esprits, surtout suite à l’enlèvement de trois
soldats israéliens dans la région de Chébaa (Liban-Sud).
Tout cela confirme, une fois de plus s’il en est encore besoin, qu’Israël
est réfractaire au dialogue et à la paix. De fait, il ne
cesse de louvoyer depuis la conférence de Madrid, afin de ne pas
appliquer les principes adoptés dans la capitale espagnole, dont
celui de “la terre contre la paix” et, partant, de ne pas reconnaître
leurs droits aux Arabes - dont celui du retour des Palestiniens de la diaspora
- ou de leur restituer les territoires qu’il occupe, illégalement,
depuis juin 1967.
Il faut souhaiter que les efforts diplomatiques parviennent à
faire prévaloir la modération sur l’extrémisme, faute
de quoi, la région proche-orientale connaîtra des troubles
graves dont nul ne peut prévoir l’ampleur, ni les conséquences. |