En
réponse à certains chefs de groupes palestiniens du Sud ayant
préconisé le reprise de la lutte armée à partir
du territoire libanais, Yasser Abed Rabbo (notre photo) ministre de l’information
de l’Autorité palestinienne, a affirmé au cours d’un talk-show
télévisé retransmis de Beyrouth, que “cela ne traduit
pas le point de vue de Arafat et nécessite une décision
du Pouvoir libanais et de ses institutions légales. Nous devons
profiter des événements du passé et en tirer la leçon
qui s’impose”...
Avec les Libanais bien pensants soucieux de la stabilité de leur
pays et de son avenir, nous souhaitons un retour au calme à notre
frontière méridio-nale et dans la région proche-orientale,
afin de permette la relance du processus de paix.
Naturellement, au cas où notre voisin du Sud renonce à
son bellicisme et, surtout à ses visées expansionnistes.
Il lui faut appliquer les prin-cipes adoptés à la conférence
de Madrid, dont celui de la “terre contre la paix”, exigeant la restitution
de tous les territoires occupés et le retour aux frontières
de juin 1967.
L’Etat hébreu est, également, tenu de reconnaître
leur droit au retour aux Palestiniens de la diaspora, sans nourrir
l’espoir d’implanter les réfugiés dans les pays où
ils sont établis depuis près d’un demi-siècle.
Et san perdre de vue son obligation de renoncer à la souveraineté
sur Jérusalem qui ne peut pas être proclamée,
ca-pitale éternelle unifiée d’Israël.
Les adeptes des trois religions monothéistes doivent avoir accès,
librement, à leurs lieux saints respectifs et le droit d’en assurer
la gestion comme ils l’entendent.
Si donc les Israéliens, comme ils en donnent la nettre impres-sion,
ne veulent pas vivre en paix avec leurs voisins - preuve en est qu’ils
ne cessent de louvoyer et de manœuvrer pour conserver tous les territoires,
sans rien donner en retour - les Etats arabes, en particulier ceux dits
de l’étau ont le droit et le devoir de s’organiser, de resser-rer
les rangs et de conjuguer leurs efforts pour conjurer le danger qui les
menace.
A l’occasion de la vague de violence et de l’escalade sur le terrain
de la dernière quinzaine qui s’est soldée par une centaine
de martyrs pour les Palestiniens et trois militers de blessés, dont
un grand nombre sont griève-ment atteints, des voix se sont élevées
chez nous, appelant au “jihad”, autrement dit à la lutte armée
à partir de notre frontière.
A ce propos, des partis libanais ont mis en garde contre tout aventurisme
et dénoncé les déclarations de certains chefs de groupes
palestiniens concernant une éventuelle reprise de leurs activités
militaires à partir du territoire libanais. Ce qui nous ramènerait
à la situation ayant prévalu avant les douloureux événements.
En dépit de l’appui du Liban à la cause palestinienne,
en faveur de laquelle il a consenti autant de sacrifices que tous les Etats
arabes réunis, notre pays ne peut se permettre aucune implication
dans une aventure dont il serait le premier et l’unique peut-être
à payer les frais.
Nous disons donc oui à une stratégie arabe commune que
le sommet arabe, en cours de préparation serait appelé à
adopter et non à l’aventurisme.
En d’autres termes, si une option ferme était prise en faveur
du “jihad” par l’organisation panarabe, tous les fronts des pays de l’étau
devraient être ouverts et non seulement le nôtre, comme cela
a toujours été le cas.
D’ailleurs, le leader du PSP, M. Walid Joumblatt s’est prononcé
clairement en faveur de l’ouverture des fronts arabes “de Nakoura à
Akaba et jusqu’à el-Ariche, en Egypte”. |