Combinaison heureuse d’aplats et d’arabesques. |
Un graphisme plus ou moins appuyé rythme l’œuvre. |
Les œuvres de cette jeune plasticienne enregistrent les mouvements d’une
conscience aiguisée par les événements qui marquent
sa vie.
Ce qui semble occuper, en premier lieu l’artiste, c’est de trouver
uine formule alliant l’usage des nouvelles possibilités d’expression
à l’exactitude de la ligne.
Toute déformation s’appuie, chez elle, sur une conception esthétique
et sur des principes techniques de composition, de coloration et d’exécution,
qui font entrer dans le jeu la sensation personnelle de l’artiste.
Tout en tenant compte des valeurs d’espace et de volume, Mona Khayat
paraît se concentrer sur la ligne. On dirait même qu’elle parvient
à établir dans ses compositions un véritable découpage
des silhouettes sur le fond, en utilisant un style dominé par une
combinaison heureuse d’aplats et d’arabesques. Elle dessine et peint avec
une fantaisie aérienne, oppose, parfois, une forme concrète
plastique à des suggestions elliptiques. Avec un sens aigu de l’analyse,
une élégance et une cambrure dans la ligne, qu’elle fut droite
ou courbe, elle reconstruit la forme atteignant une certaine audace plastique
de schématisation. Chacune de ses œuvres est, pour elle, une unité
rythmique, s’établissant entre les formes et les plans colorés
sur lesquels l’œil peut errer, en passant de l’un à l’autre sans
être arrêté.
Unité rythmique entre les formes et les plans. |
Une grande rigueur dans la composition. |
L’œuvre puise son éloquence dans la sensibilité, raconte
un temps dans les moments duquel se blottit la femme.
Tout prend forme, parce que les fantasmes en marche dans l’inconscient
de Mona Khayat, inventent le langage des corps et expriment la fascination
de la forme.
Dans une certaine mesure, le spectateur cerne bien l’intention de l’artiste,
y trouve un message à travers lequel elle restitue une vision: “la
sienne”, une vision à travers laquelle il ne s’agit pas de transcender
simplement le réel, mais d’aboutir à une équivalence,
où n’entre plus en jeu l’essentiel de l’idée. Ainsi, le sujet
dépasse, chez elle, l’aspect extérieur pour se parfaire en
tant qu’unité de style.
Mona Khayat parle un langage dont l’accent personnel, la simplicité,
la sincérité ne trompent pas.