THÉO MANSOUR AU CCF
SÉDUCTION DU BIZARRE ET DU FORTUIT

La Mission culturelle française au Liban, organise au CCF une exposition des dernières œuvres du peintre Théo Mansour.


Le peintre en compagnie de Mme Irène Bourse,
attaché culturel près l’ambassade de France.

Les curiosités de cet artiste le poussent vers divers domaines. Il s’inspire autant de récits mythologiques que d’éléments disparates de la vie courante.
Grâce à certaines méthodes qu’il invente ou renouvelle, Théo Mansour est un peintre symboliste qui rejoint les préoccupations des écrivains et poètes adeptes de ce courant. Il réalise, sous l’empire d’une inspiration qui exprime l’inédit de ses découvertes, des œuvres suggérant des êtres et des personnages étranges évoluant dans un univers intérieur, dans les étendues d’un pays imaginaire totalement indépendant du monde réel.
L’œuvre poursuit un but précis: produire une sorte de déroute logique chez le spectateur pour le rendre accessible aux séductions du bizarre et du fortuit. L’imagination de Théo Mansour se dépense dans l’excentricité des thèmes, autant que dans le langage plastique et dans la recherche d’une forme, d’un espace authentiquement personnels.


Transfiguration.

Dans les peintures de grande dimension, il élargit et approfondit son dessin et le rend plus efficace par l’arabesque des premiers plans.
Les couleurs franches, tantôt chaudes et tantôt froides, posées en larges aplats, imposent immédiatement la composition dans son ensemble. Chaque tableau est une combinaison de plans vivement colorés, aux contrastes sourds ou sonores, au dessin affirmé, rythmé par le jeu des traits, des lignes et des arabesques, une réalisation où l’on sent la volonté tendue, non l’effort, un équilibre entre la raison et l’instinct. L’armature générale joue un rôle capital dans les œuvres: plus le trait domine la couleur, plus celle-ci a de résonance.
Pour Théo Mansour, le réel comporte toujours des projections sur le passé et sur l’avenir. Ses œuvres se déroulent ainsi sur plusieurs plans. Les personnages, les objets et les éléments de la nature échappent à la loi de la logique. Chaque détail garde toute sa liberté, toutes ses chances de beauté.
Il existe une différence fonctionnelle entre la beauté de l’expression et la puissance; mû par une telle conviction, le peintre s’efforce de donner à son art, une puissance qui tient à la réalisation même de l’œuvre et qui soit, en même temps, fonction des sujets représentés.
Tout à fait caractéristiques du talent de Théo Mansour, les tableaux exposés au CCF sont des fêtes pour la couleur, d’une mobilité et d’une fraîcheur qui se renouvellent sans cesse.

Par NICOLE MALHAMÉ HARFOUCHE

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