Bloc - Notes

Par ALINE LAHOUD
SUR LE CHEMIN DU NON RETOUR
Jusqu’à quand devons-nous continuer à payer pour la Palestine? Jusqu’à quand devons-nous payer le tribut du sang, de la destruction et de la mort? Sommes-nous les seuls à qui doit échoir cet honneur et sommes-nous en mesure, même si nous acceptons d’être anéantis jusqu’au dernier, de libérer le Golan, de délivrer Jérusalem et de réintégrer dans leurs foyers les deux millions de Palestiniens de la Diaspora?
Les Palestiniens nous ont déjà coûté une guerre de 15 ans 200.000 morts, le double de handicapés à vie, 150 milliards de dollars de pertes sèches dont 30 milliards de dettes que nous ne réussirons jamais à payer et la rétrogradation d’une nation prospère, souveraine et indépendante au rang d’un pays de miséreux, d’une parodie de démocratie et d’un Etat croupion.
Nous sommes le seul pays arabe à avoir vu sa capitale occupée par les Israéliens, le seul à s’être battu contre Israël depuis 1967, le seul à offrir notre population et nos enfants en victimes expiatoires sur l’autel de la solidarité arabe.
De quelle solidarité s’agit-il? L’encre de l’accord d’Oslo n’avait pas encore séché, que les Arabes se bousculaient qui pour signer la paix avec Rabin, qui pour le supplier d’ouvrir une mission commerciale dans leur capitale, qui pour dérouler sous les pas des envoyés israéliens le tapis rouge des grandes occasions. Quant au Liban qui se battait toujours contre Tsahal et après lui avoir promis une aide massive de 5 milliards de dollars au titre de pays de la confrontation, il fut prié par ces mêmes Arabes d’aller se faire pendre ailleurs.
Aujourd’hui, le Liban se bat toujours contre Israël. Le Liban et les Palestiniens de l’intérieur qui tombent par dizaines sous les balles israéliennes. Un combat d’autant plus héroïque qu’il est disproportionné: les jeunes Palestiniens avec des pierres, les soldats de Tel-Aviv avec des hélicoptères de combat, tandis que les Palestiniens du Liban se battent eux, en verbiage et autres rodomontades sur toutes nos chaînes de télévision, poussant l’arrogance jusqu’à faire dialoguer un condamné à mort (par les tribunaux libanais), le dénommé Aboul-Ouyoun avec un ex-ministre, M. Michel Eddé.
Beaucoup se demandent ce que nous avons à voir là-dedans. Bien plus qu’on ne le pense. Car, en fait, il ne s’agit pas des fermes de Chébaa, ni des prisonniers libanais détenus en Israël, ni des 75 milliards de dollars de dédommagement que nous réclamons à Barak. Il ne s’agit pas non plus du Golan. Tout porte à croire que sa restitution à la Syrie est chose acquise, du moins en principe. Ni de Jérusalem à propos de laquelle le gouvernement israélien - malgré la forte opposition que manifeste son opinion publique - semble prêt à transiger.
Le problème majeur d’Israël sur lequel il ne transigera jamais, c’est celui des réfugiés palestiniens, notamment au Liban et le fameux droit de retour que nous sommes actuellement presque les seuls à réclamer pour eux. Même Yasser Arafat ne paraît nullement disposé à mettre la question sur le tapis.
A en croire certaines informations que la Presse israélienne a laissé récemment filtrer l’Institut hébraïque de Jérusalem aurait établi une étude qui prévoit pour l’an 2020 l’installation en Israël de la moitié des Juifs disséminés à travers le monde.
Où les logera-t-on? C’est là une question éminemment explosive. Plus dangereux encore serait de refuser de croire qu’aucun Palestinien ne sera admis en Palestine, que Yasser Arafat, pour avoir son Etat, fera une croix là-dessus, que les réfugiés resteront là où ils sont et qu’il revient aux pays qui les hébergent - principalement le Liban - de se débrouiller avec.
Peu importe au monde et aux pays arabes le prix que nous aurons à payer et qui risque de nous anéantir corps et âme. En fait, cela soulagera pas mal de monde et cela ôtera une épine du pied des Américains qui prétendent se faire passer pour “d’honnêtes courtiers”.
Ne nous faudrait-il pas nous préparer, dès aujourd’hui, à cette échéance pour contrer les plans d’Israël? A moins de nous cacher la tête dans le sable pour joindre notre voix aux imprécations de Camille et crier à la clique de Tel-Aviv “qu’elle-même sur soi renverse ses murailles et de ses propres mains déchire ses entrailles...” Et ce n’est pas demain la veille. 

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