La Revue du Liban consacre régulièrement des pages illustrées aux pays du maghreb arabe. Cette rubrique hebdomadaire couvre les événements politiques, économiques, sociaux et culturels de la tunisie, du maroc, de l’algérie, de la libye et de la mauritanie.
TUNISIE

ENTRETIENS BEN ALI - SALEH EN VUE D’UNE COOPÉRATION BILATÉRALE

Après son séjour à Paris, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, s’est rendu en Tunisie où il a été accueilli par le président Zein el-Abidine Ben Ali.

Le but de cette visite officielle est de consolider les liens fraternels et de coopération entre la Tunisie et le Yémen.
Le chef de l’Etat yéménite était l’hôte d’honneur du dîner offert au palais de Carthage.
Les entretiens entre les présidents Ben Ali et Saleh ont aussi porté sur la situation au Proche-Orient et l’éventualité d’un sommet arabe prévu pour les 21-22 octobre au Caire.
Le président Saleh qui avait visité la Tunisie le 8 avril dernier, lors des funérailles du président Habib Bourguiba, devait se rendre au tombeau des martyrs avant son départ.


LA TUNISIE REJOINT LE FLOT DE SOLIDARITÉ ARABE,
EN ORGANISANT DES VOLS POUR L’IRAK

L’Irak a annoncé, officiellement, que la Tunisie avait envoyé le 6 courant un avion, alors que les Emirats Arabes unis sont sur le point de se joindre à la campagne destinée à rompre l’embargo aérien qui lui est imposé.
L’appareil tunisien aurait à son bord une équipe de vingt chirurgiens et ophtalmologues, aussi bien qu’un chargement de médicaments et d’équipements médicaux, ainsi que l’équipe nationale de football qui jouera un match amical avec ses homologues irakiens à Bagdad.
Le vice-président du Comité olympique irakien, Assil Tabra était à la tête du comité d’accueil à l’aéroport pour recevoir le team tunisien.
Depuis le 27 septembre, des appareils jordaniens, yéménites et marocains ont déjà atterri les uns après les autres pour tester l’embargo aérien des Nations Unies impliquant des sanctions imposées à l’Irak, suite à son invasion du Koweit en 1990.
Les initiatives arabes suivent celles de la France et de la Russie depuis la réouverture mi-août de l’aéroport de Bagdad. Paris et Moscou en avaient notifié le comité onusien des sanctions sans en attendre cependant l’aval, contrairement aux vols arabes. A part la toute dernière fournée de vols, nombre de pays, les Emirats inclus, avaient en 1998 effectué des vols vers l’Irak approuvés par l’ONU.
Selon des sources officielles irakiennes, les Emirats arabes partisans depuis longtemps d’une levée des sanctions et qui, de surcroît, ont rétabli leurs relations diplomatiques avec l’Irak en juillet - effectué un vol en Irak le 6 courant.
“D’autre part, plusieurs organisations et institutions arabes s’apprêtent à effectuer des vols civils en direction de Bagdad dans le cadre du mouvement de solidarité en faveur de l’Irak”, selon une source qui a gardé l’anonymat.
Ce nombre de vols impressionnant, souligne l’isolement de Washington qui s’obstine à maintenir les sanctions. Le vice-Premier ministre, Tarek Aziz a déclaré d’ailleurs: “Les Nations Unies n’ont pas organisé l’isolement de l’Irak. Nous pensons que les Américains vont réaliser, tôt ou tard, qu’ils seront les seuls à être isolés en maintenant leur position négative et finiront par se plier à la volonté internationale.
Les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, n’approuvent pas en majorité le fait que les vols non-commerciaux ne soient pas autorisés; mais Londres et Washington insistent pour que tous les vols sans exception, obtiennent au préalable l’approbation du Comité des sanctions.


LE MAROC EXPRIME SON INDIGNATION
AU SU DES VICTIMES PALESTINIENNES

Tozeur, Nefta et la cité Troglodyte de Matmata ont servi, une fois de plus, de cadre enchanteur pour le réalisateur américain George Lucas qui s’est déplacé avec toute son équipe technique au sud tunisien pour les besoins du tournage du second épisode de la deuxième partie de “La guerre des étoiles”. (Star Wars, Episode II).
 

Des milliers de Marocains ont manifesté 
pour marquer leur indignation.

Un enfant arborant le drapeau palestinien.

Lucas et son producteur Rick McCullum, ainsi que l’équipe technique de la société internationale “Jack productions” qui avaient déjà tourné une bonne partie du premier épisode de cette super production dans le sud tunisien, ont choisi d’exploiter encore une fois, le paysage de Tozeur, les richesses architecturales typiques de sites, tels que Djerba et d’imaginer l’existence d’une planète aride dite: “Tatouine” en plein désert de Nefta, au nom de Tataouine, la ville du Sud-Est tunisien qui figurait dans le premier épisode du film.
Le réalisateur a, également, choisi la cité Troglodyte de Matmata, précisément l’hôtel Sidi Idriss qui avait servi, en 1977, pour le tournage de la première partie de “La guerre des étoiles”. Ce film à épisodes n’est pas lié au sud tunisien par les paysages seulement mais, aussi, par l’apport technique d’un certain nombre de techniciens tunisiens, sous la direction de M. Abdelaziz Ben M’louka, directeur d’une société tunisienne de production de films et de M. Taïeb Jellouli, directeur du décor. En effet, cinquante techniciens tunisiens ont participé aux côtés de 120 techniciens américains aux opérations de prise de vue, de réalisation, d’éclairage et de production.
 

Abraham Serfaty, ancien opposant 
au régime du roi Hassan II, a participé, 
dans sa chaise roulante, aux manifestations.

G.D.: Fath Allah Arslane (Association 
Al-Adl wal Ihssane), Mohamed el-Yazri 
(Parti socialiste marocain) et Abou 
Marwane, ambassadeur palestinien, 
manifestant dans les rues.

Cette participation revêt une grande importance, d’autant que “La guerre des étoiles” dans sa nouvelle phase, est considérée comme le premier film dans l’histoire du Septième Art tourné avec des caméras numériques à haute définition. Ces caméras sont conçues spécialement pour la production de ce film, ce qui constitue une première dont les résultats sont très attendus par les spécialistes.
Le décor, pour l’étape tunisienne, a été confié à Taïeb Jellouli aux côtés d’un spécialiste australien. Ainsi, soixante-dix techniciens ont œuvré pour mettre le paysage naturel au service de la science-fiction.
Taïeb Jellouli souhaite que le tournage de la dernière partie de ce film prévu pour 2002, s’effectue en Tunisie, eu égard à la beauté de ses sites naturels et aux bonnes conditions de travail et de production cinématographique qui y règnent.
A noter que ce tournage dans le sud tunisien constitue une étape intermédiaire dans l’itinéraire de l’équipe de George Lucas qui est déjà passé par l’Australie et l’Italie, avant de gagner l’Espagne et la Grande-Bretagne où il terminera le tournage. La projection de ce film, qui compte parmi ses vedettes Nathalie Portman et Ewan Mc Gregor, est prévue pour l’an 2002.


TUNISIE - PALESTINE

BEN ALI ET ARAFAT PRÉSIDENT À TUNIS UN GRAND MEETING
DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN

Fidèle à sa position constante de soutien indéfectible à la juste cause palestinienne, la Tunisie s’est dressée à l’unisson, président, gouvernement, partis, organisations et peuple, pour apporter son soutien au peuple palestinien, à la suite des agressions sauvages et du massacre dont ont été victimes les populations civiles palestiniennes par les forces israéliennes, lors de l’Intifada d’Al-Qods, provoquée par la profanation de la mosquée Al-Aqsa par Ariel Sharon.
Dès le déclenchement des affrontements, le président Zein El-Abidine Ben Ali a eu un entretien téléphonique avec le président palestinien Yasser Arafat, au cours duquel il a, fermement, condamné les lâches agressions israéliennes et réaffirmé le soutien infaillible de la Tunisie aux droits légitimes du peuple palestinien.
 

 

Les présidents Zein El-Abidine Ben Ali et Yasser Arafat lors de l’imposant meeting tenu
à Tunis pour manifester la solidarité sans faille de la Tunisie avec le peuple palestinien frère.

Le soir même, le bureau politique du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD/au pouvoir), tenait une réunion consacrée à la détérioration de la situation dans les territoires palestiniens, du fait des provocations et des attaques israéliennes contre les civils palestiniens non armés, condamnant vigoureusement “ces agissements (qui) constituent une agression caractérisée contre les droits des Palestiniens, leur dignité, leurs lieux de culte et un défi manifeste à l’ensemble de l’opinion publique mondiale, aux règles et chartes internationales”.
Les ONG et autres associations composant la société civile tunisienne - tout autant affectées par la dure épreuve qu’endurait le peuple palestinien, dont le point culminant était illustré par le martyre du jeune Mohamed Jamal Al Dourra, dont les images ont bouleversé le monde entier - ont également instantanément réagi face aux exactions israéliennes.
Le moment fort de ces manifestations de solidarité avec le peuple palestinien a été le grand meeting populaire présidé, à Tunis, par le président Zein El-Abidine Ben Ali et le président Yasser Arafat, en présence de toute la classe politique tunisienne, toutes sensibilités confondues et de quelque 10.000 personnes venues dire de vive voix au leader palestinien que toute la Tunisie se rangeait aux côtés du peuple palestinien dans sa juste lutte pour le recouvrement de ses droits légitimes. “Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi, Palestine”, “Al-Qods arabia”, “la cause palestinienne est notre cause”, scandaient sans arrêt l’assistance devant les présidents Ben Ali et Arafat qui se tenaient par la main, signe combien éloquent de la solidarité sans faille des peuples tunisien et palestinien, dont le sang s’est mêlé, voici une quinzaine d’années lors de la lâche agression israélienne sur la localité de Hammam-Chott, dans la banlieue de Tunis.
Très ému par ces manifestations de solidarité qui n’ont jamais fait défaut au peuple palestinien, Abou Ammar a rendu un hommage appuyé à la Tunisie et à son président pour leur indéfectible soutien à la cause palestinienne. “Sans vous, sans votre appui, il nous aurait été très difficile de poursuivre notre lutte”, a lancé le président Arafat à “Zein El-Arab”, comme il aime l’appeler, en signe de reconnaissance.
“Non à Sharon ! Non, non et non à la profanation d’Al-Qods et aux tentatives de judaïsation des lieux saints chrétiens et musulmans”, a martelé le leader palestinien.
Le président Ben Ali, qui ne cachait pas son émotion lui aussi, a encore une fois exprimé avec vigueur l’appui de la Tunisie au peuple frère de Palestine et au processus de paix.
“Il ne saurait y avoir de paix, sans le rétablissement de l’intégralité des droits légitimes palestiniens, conformément à la légalité internationale”, a souligné le chef de l’Etat tunisien qui a réitéré encore une fois l’engagement qu’il avait pris faisant de la cause palestinienne, sa cause personnelle.
Dans une allocution prononcée au cours de cet imposant meeting et entrecoupée à maintes reprises par les acclamations de l’assistance, le président Ben Ali a affirmé que “le peuple tunisien tout entier, avec l’ensemble de ses composantes et toutes formations politiques confondues, se dresse aujourd’hui, aux côtés du peuple palestinien frère pour lui apporter son soutien, en ces jours difficiles où l’agresseur israélien s’en prend aux enfants innocents et aux civils désarmés”.
Et d’ajouter que la Tunisie “se dresse aux côtés du droit imprescriptible des Palestiniens, un droit que leur confèrent l’Histoire tout autant que la Légalité internationale; aux côtés de leur droit à recouvrer leur terre et à établir un Etat palestinien indépendant, ayant pour capitale Al-Qods Al-Sharif”.
Le président Ben Ali a réaffirmé que “la cause palestinienne est la nôtre”, rappelant que la Tunisie l’a appuyée dans toutes les batailles qui ont été livrées, tant pour la récupération des territoires que pour la réalisation d’une paix juste, durable et globale.
“Autant nous avons appuyé les efforts de paix dans la région, depuis leur démarrage et les avons soutenus durant l’ensemble de leurs processus, autant nous affirmons qu’il ne peut y avoir de paix sans le rétablissement de l’intégralité des droits palestiniens en conformité avec la légalité internationale, à savoir: la terre, l’Etat, la capitale Al-Qods et le droit des réfugiés au retour, sans qu’il puisse être question de renoncer à l’un quelconque de ces droits”, a encore souligné le président Ben Ali.
Le chef de l’Etat tunisien a attiré l’attention sur le fait que “cette période critique dans l’histoire du peuple palestinien, de celle de la région, de la nation arabe et musulmane, impose de transcender les différends qui ont si longtemps défait l’unité des rangs arabes et porté atteinte aux intérêts des peuples”, exhortant les dirigeants arabes à dépasser cette situation et à coordonner leur position afin que les conférences arabes au sommet reprennent leurs sessions périodiques.
“La seule solution est une paix juste, durable et globale”, a affirmé avec force le président Ben Ali, pour qui “la profanation des lieux saints par Israël et ses atteintes aux droits légitimes arabes sont inadmissibles”. “Ce sont des actes que nous rejetons de manière catégorique… Notre position est ferme et notre solidarité est sans faille et inébranlable”, a-t-il dit.
Le fait que le président Arafat ait tenu à venir en Tunisie, seul pays arabe où il s’est rendu, en ces circonstances et après le marathon des sommets de Paris et de Charm El-Cheikh, est en soi plus éloquent que le vibrant hommage qu’il a rendu à la Tunisie qu’il considère comme “le partenaire du peuple palestinien dans la lutte, le sacrifice et le martyre pour la défense de ses droits légitimes”.


INTERCONNEXION DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES DES PAYS MAGHRÉBINS

Les pays du Maghreb arabe s’emploient à renforcer l’interconnexion de leurs réseaux électriques, de manière à conforter le processus de complémentarité entre eux.
Tandis que les réseaux haute tension tunisien et algérien sont interconnectés depuis de longues années déjà par quatre liaisons, une en 225 Kv, une en 150 Kv et deux en 90 Kv, la Tunisie et la Libye ont engagé, parallèlement, l’interconnexion de leurs réseaux qui sera mise en service, selon les prévisions, en 2001.
Pour leur part, le Maroc et l’Algérie sont reliés par deux lignes haute tension d’une capacité de transit de 200 Mw chacune. La première reliant Oujda à Ghazaouat sur 46 Km, a été mise en exploitation en 1988; la deuxième ligne entre Oujda et Tlemcen (63 Km) a été mise en service en 1992.
Les échanges d’énergie électrique algéro-marocains ont totalisé plus de 346.000 Mwh au titre des importations par le Maroc, entre janvier 1999 et août 2000. Quant aux exportations marocaines vers l’Algérie, elles sont passées de près de 51.000 Mwh en 1988 à plus de 192.000 Mwh en 1999. Elles ont atteint environ 40.000 Mwh entre janvier et août 2000.
Par ailleurs, le Maroc a une liaison avec l’Espagne qui permet le transit d’énergie électrique vers le royaume chérifien de plus de 2,5 milliards de Kwh.
Ces échanges perpendiculaires qui s’inscrivent dans la politique globale de coopération euro-méditerranéenne, sont appelés à s’intensifier dans un avenir proche et auront des retombées bénéfiques sur les économies de tous les pays de la rive sud de la Méditerranée.
Dernièrement, le roi Mohamed VI du Maroc a inauguré une centrale thermique à Jorf Lasfar, d’une puissance de 1.320 mégawatts (Mw), entrant dans le cadre de la politique du royaume qui ambitionne, à l’instar de ce qui a été accompli par la Tunisie, d’électrifier toutes ses campagnes et de fournir aux secteurs agricole et industriel de l’énergie à des prix compétitifs.


MAROC

MESURES POUR STIMULER LA CROISSANCE

Le roi Mohamed VI a annoncé, dernièrement, un train de mesures destinées à stimuler la croissance économique. “Les premières mesures consistent en une baisse de 17% du prix de l’électricité à usage industriel et une baisse du même ordre pour l’électricité à usage agricole, ce qui permettra d’injecter plus d’un milliard de dirhams (91,44 millions de dollars) dans les secteurs productifs”, a déclaré le souverain à des ministres et hommes d’affaires, lors d’une visite au centre industriel de Jorf Lasfar, à 210 km au sud de Rabat.
Ces mesures sont entrées en vigueur le 1er octobre. “Nous réaliserons dans les trois ans à venir notre objectif visant à ce que le coût de l’énergie pour l’entreprise marocaine soit équivalent aux standards internationaux du fait de la baisse des taxes sur l’énergie, l’ouverture du marché marocain pour renforcer l’interconnexion avec des réseaux internationaux et l’amélioration de la productivité des entreprises du secteur”, a-t-il ajouté. Le roi a déclaré avoir demandé à son gouvernement de préparer une réforme fiscale sur la base de la transparence, de la simplification et de la rationalité. Il a, également, exhorté le gouvernement et le parlement à accélérer la réforme des PME, lesquelles représentent 95% du tissu économique du pays.
“Nous incitons le gouvernement et le parlement à diligenter l’adoption d’un code du travail moderne, qui encourage l’investissement et l’emploi”, a poursuivi le souverain marocain.
“Nous appelons l’ensemble des partenaires sociaux à instaurer la paix sociale qui constitue l’un des facteurs de la confiance de l’investisseur et de son encouragement”, a-t-il encore recommandé.
Le chômage représente au Maroc 22% de la population urbaine active qui compte 5,3 millions de personnes.



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