Annan: Toute atteinte à la Ligne bleue est une violation de la 425. |
![]() La médiation parallèle de l’Europe. |
Le président Bill Clinton n’a pas renoncé à tenir
un sommet quadripartite à Charm el-Cheikh, ou même dans une
capitale européenne qui grouperait, en sa présence, le président
Hosni Moubarak, Ehud Barak Premier ministre israélien, et Yasser
Arafat, chef de l’Autorité palestinienne.
Jusque-là les conditions favorables à une telle rencontre
n’étaient pas encore réunies, malgré les efforts diplomatiques
et les navettes de M. Kofi Annan, secrétaire général
de l’ONU, entre Gaza et Tel-Aviv. L’Etat hébreu se dit favorable
à un tel sommet, mais l’Egypte et les Palestiniens posent entre
autres exigences préalables la formation d’une commission internationale
d’enquête sur les incidents d’Al-Aqsa groupant des Français
et des Egyptiens, alors qu’Israël veut la limiter aux Américains.
Si donc ce sommet quadripartite est encore aléatoire les
préparatifs du sommet arabe vont, par contre, bon train, l’Intifada
d’Al-Qods ayant unifié le monde arabe pour qui la question de Jérusalem
est sacrée.
En sa qualité de président en exercice de la Ligue arabe,
le président Hosni Moubarak a convié ses pairs à un
sommet.
La plupart des pays arabes ont répondu par la positive et le
président Emile Lahoud s’y rendra en personne. Seul le dirigeant
libyen Moammar Kadhafi en visite dans certains pays arabes, a jugé
inutile la convocation d’un sommet “qui ne déclarerait pas la guerre”
à Israël ou, au minimum, “un boycott économique de l’ennemi”.
Javier Solana et Robin Cook: La médiation parallèle de l’Europe. |
![]() |
D’intenses concertations sont menées pour mettre au point cette
rencontre importante dont l’ordre du jour comporte deux points: l’”Intifada”
et les menaces israéliennes contre le Liban et la Syrie.
Le ministre égyptien des A.E. s’est rendu deux fois en Syrie
avant d’entamer une tournée dans le Golfe.
La “guerre des pierres” a eu pour conséquence de renforcer la
solidarité arabe, dont le “dégel” entre Damas et Arafat.
Depuis la guerre du Liban et, surtout, après la signature des accords
d’Oslo sur l’autonomie palestinienne en 1993, les relations entre eux étaient
tendues.
Autre élan spontané de solidarité: la déclaration
du prince héritier Abdallah Ben Abdel-Aziz qui a affirmé
que l’Arabie saoudite était prête à riposter si le
Premier ministre israélien mettait à exécution ses
menaces contre le Liban et la Syrie.
Dans un entretien téléphonique, le président Lahoud
a remercié l’émir Abdallah de son appui.
Au niveau des masses arabes, cette solidarité avec les Palestiniens
s’est concrétisée par des manifestations monstres dans toutes
les capitales. En cas de prolongation de l’“Intifada”, ces “ondes de choc”
parties de Jérusalem, de Gaza et de Cisjordanie, risquent à
la longue de bouleverser le statu quo du monde arabe. D’où la nécessité
du dialogue.
Kharazi à Damas pour confirmer l’appui iranien. |
![]() Le sommet arabe est inutile. |
LE HEZBOLLAH PRÊT À NÉGOCIER
Concernant l’affaire des trois soldats israéliens capturés
par un commando du “Hezbollah”, cette formation chiite s’est dit prête
à négocier. Au cours d’une conférence de presse tenue
la veille de la venue à Beyrouth (hier jeudi) de M. Kofi Annan,
cheikh Naïm Kassem, nÞ2 du “Hezb”, affirmait que son parti était
prêt à accepter une médiation du secrétaire
général de l’ONU “s’il amenait d’Israël des idées
et des éléments acceptables”. Il a, toutefois, critiqué
la déclaration faite par M. Annan à partir de Jérusalem,
dans laquelle il a estimé que le “Hezbollah a violé la résolution
“425” du Conseil de Sécurité en prenant en otage les trois
soldats israéliens”.
En tout état de cause, cette question a été évoquée
hier jeudi par M. Annan avec les responsables libanais et à leur
tête le président Lahoud. A l’issue de ses entretiens à
Beyrouth, le secrétaire général de l’ONU a indiqué
que ses efforts visent à mettre un terme à la violence dans
les territoires palestiniens et à trouver une solution à
la crise des détenus israéliens chez le Hezbollah et des
détenus libanais en Israël.
Quant à M. Barak, il a affirmé “qu’Israël se réserve
le droit de réagir à cet enlèvement au moment, à
l’endroit et de la manière appropriée”.
Téhéran, de son côté, est entré dans
le cercle des médiations en dépêchant à Damas
et Beyrouth M. Kamal Kharazi, ministre des A.E. Celui-ci a assuré
le plein appui de l’Iran et du président Khatami au Liban, à
la Syrie et au “Hezbollah”.
Le ministre russe des A.E., Igor Ivanov, à Baabda: Pour une reprise rapide des négociations. |
![]() Le prix de toute information sera élevé. |
LE LIBAN À NOUVEAU SUR LA SELLETTE
Depuis la date mémorable du 24 mai 2000, où le dernier
soldat de “Tsahal” a quitté le sol libanais, la frontière
libano-israélienne était plutôt calme. Certes, il a
fallu de longues et minutieuses tractations pour délimiter la “ligne
bleue”. L’armée libanaise n’est toujours pas déployée
dans les zones libérées et le “Hezbollah” demeure sur pied
de guerre, contrôlant l’ex-bande frontalière, réclamant
la libération des Libanais détenus en Israël et le retrait
israélien des fermes de Chébaa.
A la “porte de Fatma”, devenue lieu de “pèlerinage”, il y a
eu quelques incidents: les soldats israéliens ont, des fois, riposté
aux jets de pierres, faisant quelques blessés, côté
libanais, dont des journalistes, mais rien de très grave jusque-là
et la situation semble être sous contrôle.
Le samedi 7 octobre, tout va basculer. Deux développements survenus
à la frontière méridionale du pays, vont de nouveau
projeter le Liban au-devant de la scène régionale et internationale
et mobiliser les diplomaties occidentales pour empêcher toute escalade
de la violence.
Dans une action absolument spectaculaire et qui, au dire de certaines
sources d’information, a été minutieusement préparée,
le “Hezbollah” a capturé, le samedi 7 octobre, trois soldats israéliens
près des fermes de Chébaa. Au moment de la libération
du Liban-Sud, ces fermes situées dans le Hermon, sont restées
sous contrôle israélien, car elles avaient été
conquises lors de la guerre de juin 1967 et ne rentrent pas dans le cadre
de la 425.
Véritable ballet diplomatique entre Gaza et Tel-Aviv. |
![]() entre Gaza et Tel-Aviv. |
“Cette opération répond à nos promesses de libérer
tous nos prisonniers dans les geôles israéliennes et chaque
pouce de notre territoire et de soutenir l’intafada palestinienne”, affirme
la résistance islamique, dans un communiqué où elle
évoque les circonstances et les motivations de l’opération.
Elle précise que les “trois soldats israéliens ont été
capturés par un commando de la résistance qui a tendu une
embuscade à une patrouille, près d’un lac dans les hameaux
de Chébaa et échangé avec elle des coups de feu.”
Pour couvrir leur retraite, les artilleurs du “parti de Dieu” ont bombardé
sept positions israéliennes dans le secteur de Chébaa et
lancé des salves de Katioucha au sud de l’Hermon.
L’enlèvement des Israéliens à Chébaa: Une opération spectaculaire servant à un éventuel échange de prisonniers. |
![]() parade armée d’éléments du Fateh. |
TENSION ET APPRÉHENSION
La réaction de Tel-Aviv ne se fait pas attendre. Le Premier
ministre israélien menace de riposter en bombardant Damas et Beyrouth.
Barak fait assumer à la Syrie, en premier lieu, la responsabilité
de “toutes les actions hostiles” à la frontière-nord de l’Etat
hébreu, considérant qu’elle est “la force déterminante
au Liban”.
Ephraïm Sneh, vice-ministre israélien de la Défense,
affirme, de son côté: “La responsabilité du sort et
des conditions de détention de nos hommes qui doivent être
conformes aux conventions internationales revient, principalement, à
la Syrie et, de façon secondaire, au gouvernement libanais”.
Samedi 7 au soir, la tension est vive dans la zone frontalière:
des hélicoptères d’assaut israéliens ouvrent le feu
sur des positions avancées du “Hezbollah” et sur des voitures circulant
sur la route Chébaa - Chouaya Kfarchouba faisant plus de 25
blessés parmi les civils libanais. “Tsahal” renforce ses positions
militaires à sa frontière avec le Liban, des avions et des
hélicoptères survolent le Sud-est du pays à basse
altitude, à la recherche des trois soldats enlevés.
Les jours qui suivent, l’espace aérien libanais sera violé
à plusieurs reprises.
Un climat de grande appréhension enveloppe l’ensemble du pays
dans la crainte d’une attaque israélienne de représailles
contre son infrastructure. Certes, la logique des choses indique que l’Etat
hébreu ne va pas se lancer aussi hâtivement dans une telle
aventure, mais le Libanais reste sur le qui-vive. D’un autre côté,
on entend de toute part cette réflexion: “Le Liban qui est confronté
à une si grave crise économique, peut-il encore supporter
la moindre attaque contre son infrastructure?”
A Gaza, ce jeune Palestinien écrit: Jérusalem est à nous. |
![]() des éléments palestiniens incontrôlés ont détruit la tombe de Joseph. |
VASTE BALLET DIPLOMATIQUE
L’action diplomatique sera rapide et intense, afin d’éviter
le pire. Il y a, tout d’abord, les entretiens téléphoniques
au plus haut niveau. Le président américain Bill Clinton
prend l’initiative d’appeler son homologue syrien Bachar Assad, qui, selon
l’agence Sana “lui aurait exprimé l’espoir de voir l’administration
américaine user de son influence auprès d’Israël pour
l’amener à prendre les mesures nécessaires à un arrêt
de l’escalade”.
Le président français, Jacques Chirac a eu, de son côté,
un entretien téléphonique avec le président Assad.
Mme Madeleine Albright, secrétaire d’Etat US, entre en contact
avec le président Emile Lahoud qui fait assumer à Israël
“l’entière responsabilité de la récente escalade à
la frontière libano-israélienne et des conséquences
qui pourraient en découler”.
Après les appels téléphoniques, le Liban et la
Syrie sont le théâtre d’un véritable ballet diplomatique.
Co-partenaire du processus de paix engagé à Madrid, en 1991,
la Russie dépêche dans la région son ministre des A.E.
A Damas, première étape de sa tournée régionale,
Igor Ivanov, chef de la diplomatie russe, rencontre le président
Bachar Assad et lui fait part de la disposition de Moscou “à œuvrer
avec les Etats-Unis et l’Union européenne, afin d’éviter
une déflagration, d’essayer de normaliser la situation et de préparer,
ensuite, le terrain à la reprise des négociations”.
Ensuite, M. Ivanov effectue une visite-éclair au Liban où
il s’entretient avec le chef de l’Etat et le Premier ministre, soulignant
“la nécessité d’une reprise du dialogue”.
L’ONU intensifie ses contacts sur la scène libanaise. M. Rolf
Knutsson, représentant personnel du secrétaire général
de l’ONU au Liban-Sud, rencontre le président Lahoud et demande,
une fois de plus, “que des effectifs supplémentaires de l’armée
libanaise soient déployés dans le sud du pays, de manière
à permettre au gouvernement libanais de prendre le contrôle
complet de la région, en conformité avec les résolutions
425 et 426 du Conseil de Sécurité”.
Un message de Mme Albright au général Lahoud qui lui
est transmis par l’ambassadeur américain à Beyrouth, va aussi
dans ce sens. “C’est un message qui encourage le gouvernement libanais
à faire tout ce qui est en son pouvoir pour assurer le calme et
la stabilité le long de la frontière. De notre côté,
nous nous efforcerons d’aider à atteindre cet objectif”, déclare
M. Satterfield.
Mais le chef de l’Etat campe sur ses positions, indiquant que “le déploiement
des forces régulières concerne le Liban seul”, Beyrouth refusant
de jouer le rôle de garde-frontières au profit d’Israël.
Pourtant, plusieurs fractions libanaises réclament le déploiement
de la “grande muette” dans les zones libérées.
A Gaza, ce jeune Palestinien
QUID DE L’ÉCHANGE DE PRISONNIERS?
Evidemment, l’objectif prioritaire de tout ce ballet diplomatique est
le kidnapping, par le mouvement chiite intégriste, de trois soldats
israéliens. Focus donc sur le “Hezbollah” et sur son secrétaire
général, Sayed Hassan Nasrallah.
Les tractations en vue de connaître l’état physique des
trois prisonniers et les conditions posées par la résistance
islamique pour les libérer, sont menées par le CICR, l’ONU,
la Russie, l’Allemagne, l’Espagne et la Communauté européenne,
Beyrouth, Damas et Téhéran étant mis à contribution.
Les premiers contacts sont établis par M. Henri Fournier, représentant
au Liban du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui rencontre
le président Salim Hoss et Wafic Safa, responsable du “Hezbollah”
chargé des échanges de prisonniers.
Dans un deuxième temps, le représentant personnel du
secrétaire général de l’ONU au Liban-Sud, confère
avec Sayed Hassan Nasrallah et se dit optimiste en ce qui concerne un processus
d’échange, sans donner d’autres indications.
Sayed Nasrallah reçoit, également, M. Alexandre Soltanov,
directeur du département Moyen-Orient - Afrique du Nord au ministère
russe des A.E. et l’entretien porte sur la question d’un troc de prisonniers.
En fait, peu de choses filtrent jusque-là sur le sort des prisonniers
et encore moins sur le cours des négociations. Tout ce qu’on sait
part d’une affirmation de Sayed Nasrallah disant que le “Hezbollah” compte
échanger les Israéliens capturés contre les détenus
dans les prisons israéliennes.
Les prisonniers libanais en Israël sont au nombre de 19 et les
deux plus importants détenus sont cheikh Abdel-Karim Obeid et Moustapha
Dirani enlevés au Liban, respectivement, en 1989 et 1994 par des
commandos israéliens, pour servir de monnaie d’échange, en
vue d’obtenir des informations sur le sort de soldats israéliens,
portés disparus au Liban, en 1986, notamment l’aviateur Ron Arad.
Israël acceptera-t-il un quelconque échange de prisonniers
avant d’obtenir des informations sur Ron Arad? Que dire, aussi, de la requête
d’une organisation palestinienne de défense des droits de l’homme
qui a demandé au “Hezbollah” d’inclure des prisonniers palestiniens
et arabes dans un éventuel échange?
EMPÊCHER TOUT DÉBORDEMENT PALESTINIEN
Le second développement grave qui s’est produit le samedi 7
octobre à la frontière libano-israélienne, est lié
à la présence palestinienne au Liban et à toutes ses
implications internes et régionales.
Ce même samedi, peu avant l’opération du “Hezbollah”,
une manifestation palestinienne de grande ampleur se tient dans le secteur
central, à Tabrikha. Les soldats israéliens excédés
par les jets de pierre et les slogans hostiles, ont fini par tirer faisant
deux tués et dix-sept blessés parmi les manifestants.
Depuis le début de l’“Intifada d’Al-Qods”, des voix palestiniennes
au Liban parlent de reprise des opérations contre Israël à
partir du Liban-Sud et les réfugiés manifestent brandissant
leurs armes.
Ces faits sont graves et le gouvernement libanais devrait adopter une
attitude ferme pour empêcher tout débordement. L’accord du
Caire est bel et bien aboli et les réfugiés palestiniens
doivent se conformer aux règlements du pays d’accueil. D’ailleurs,
aucun des pays frontaliers d’Israël ne tolère la moindre activité
palestinienne à partir de sa frontière. Pourquoi le Liban
doit-il faire exception? D’où la nécessité de déployer
l’armée au Sud et d’arrêter ces manifestations à la
frontière, afin de contrôler la situation. Après l’incident
de samedi, des Palestiniens reviennent à deux reprises à
la charge en lançant des grenades contre des positions israéliennes.
On réalise, alors, le risque de tels agissements, d’autant plus
que le Liban accueille un demi-million de réfugiés palestiniens
dont les camps, surtout ceux du Sud, regorgent d’armes et de munitions.
Depuis le 28 septembre, date de la visite d’Ariel Sharon, chef du Likoud,
à l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, les
émeutes anti-israéliennes qualifiées d’“Intifada d’al-Qods”,
ont fait en quinze jours une centaine de tués parmi les Palestiniens
et près de trois mille blessés. Mais, en dépit de
la violence, de la guerre des pierres et de la mobilisation militaire israélienne,
la diplomatie a refusé de baisser les bras essayant, jour après
jour, de réaliser des percées, afin de donner au dialogue
ses chances d’aboutir. Car, tel que l’affirme Mme Albright: “Il n’y a pas
de solution militaire à la crise; toute solution doit être
politique”.
Même appel lancé par les ministres des A.E. de l’Union
européenne, réunis au Luxembourg. Ceux-ci ont dépêché
au P.-O., M. Javier Solana, émissaire européen pour la politique
étrangère et de sécurité qui a rencontré
Barak et Arafat. Les ministres des A.E. des “15” appellent les deux parties
à déployer tous leurs efforts, pour que “la peur, la honte,
la violence ne l’emportent pas et que le dialogue pour la paix reprenne
au plus tôt”.
Face à la gravité de la situation, M. Kofi Annan, secrétaire
général de l’ONU, est venu dans la région pour “tenter
de désamorcer la crise”. A l’issue de ses rencontres avec le chef
de l’Autorité palestinienne et le Premier ministre israélien,
il a donné certain élément d’espoir en affirmant:
“Nous devons prendre des mesures pour mettre fin à la violence et
je suis sûr que, dans un avenir pas trop lointain, cela peut être
réalisé”.
La Russie a dépêché M. Igor Ivanov, ministre des
A.E., qui a affirmé: “Mon pays a des propositions concrètes
pour résoudre la crise”. M. Robin Cook, secrétaire au Foreign
Office, est venu offrir les bons offices de la Grande-Bretagne.
Les efforts diplomatiques se sont surtout intensifiés en vue
de voir la possibilité d’organiser un sommet quadripartite à
Charm el-Cheikh sous l’égide du président Clinton.
LES PASSIONS, EXACERBÉES
Ce vaste mouvement diplomatique n’était pas vraiment aisé,
car les concertations étaient menées au rythme des émeutes,
quoique la violence avait baissé d’un cran. La décision de
Barak de repousser de quatre jours l’ultimatum de 48 heures qu’il avait
adressé à Arafat le samedi 7 octobre pour arrêter l’Intifada,
a contribué à réduire quelque peu la tension. Mais
sur le terrain, la situation demeurait précaire et les affrontements
se poursuivaient.
Ces quinze jours de violence ont révélé certains
faits qui méritent d’être relevés: tout d’abord, les
affrontements se sont étendus à l’intérieur même
de l’Etat hébreu entre juifs israéliens et Arabes de 1948
qui sont restés à l’intérieur d’Israël et ont
acquis la nationalité. Les passions sont exacerbées au point
que la violence est arrivée au cœur même de Tel-Aviv. Qu’en
sera-t-il à l’avenir des relations entre juifs et Arabes au sein
de l’entité israélienne?
Autre fait important: l’implication des colons juifs qui, d’ailleurs,
ont toujours manifesté leur refus des accords de paix proposés
par Barak. En face d’eux, on voit des Palestiniens, le visage couvert par
le keffié, défilant à Gaza en brandissant les mitraillettes,
pour signifier leur détermination à lutter jusqu’au bout
et à défendre leur cause.
La destruction du tombeau de Joseph à Naplouse, site sacré
du judaïsme, par des Palestiniens en colère, est un autre indice
inquiétant pour l’avenir. Mais dans un geste d’apaisement, M. Arafat
a ordonné la reconstruction immédiate de ce tombeau.