
DE KIPLING AU CARDINAL SFEIR:
“Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
travesties par des gueux pour exciter des sots”
Jamais ces vers de Kipling ne pourront mieux s’appliquer qu’au Cardinal
Sfeir, dont l’Appel a été souvent incompris ou mal interprété.
Dans la confusion des sentiments des Libanais, il est primordial de
sentir la présence intrépide d’un patriarche, d’un guide,
qui est père, défenseur, juge et témoin de tous ses
frères libanais et, en premier, des maronites.
Nous savons que nous sommes un petit pays, nous savons aussi que la
grandeur d’une nation ne se mesure pas à sa superficie, mais à
la grandeur, au courage et à l’héroïsme de ses citoyens.
Nous autres maronites sommes ceux qui ont fait le Liban. Non pas tout
seuls, il est vrai!
Nous sommes ceux qui ont fait le Liban différent des autres
pays qui l’entourent.
C’est ce droit à la différence que nous osons et oserons
toujours proclamer!
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PLUS DE DÉMAGOGIE
PLUS DE SILENCE
Nous ne voulons plus de démagogie, sous prétexte de diplomatie.
Nous ne voulons plus de compromission ni de compromis.
Nous n’avons pas été compris, car nous n’avons pas été
clairs.
Ce qui n’est pas intelligible, n’est guère intelligent.
Nos concessions ont été considérées comme
autant de démissions.
Notre tolérance prise pour de la lâcheté.
Nos pardons pour de l’impuissance.
Notre compréhension pour de l’approbation.
Notre dialogue pour de l’hésitation.
Notre bonté pour de la bêtise.
Notre silence pour de la complicité.
Notre compassion pour de la dérobade.
Aujourd’hui, nous refusons tout cela.
Nous devons être courageux et unis.
Le courage fait les vainqueurs.
La concorde fait les invincibles.
Nous n’avons plus le temps d’attendre. Les jeunes Libanais de toutes
les confessions quittent le Liban. Ils sont par dizaines de milliers, à
prendre le chemin de l’exil.
Notre diplomatie sclérosée et passive fait du Liban un
bouc émissaire facile, alors qu’il est la première victime
innocente de la cause palestinienne.
Le Liban doit avoir le cran de protester et le courage de vivre.
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MICHEL EDDÉ ET GEBRANE TUÉNI:
DEUX LIBANAIS COURAGEUX ET INTELLIGENTS
Les Libanais ont eu droit, cette semaine, à deux débats
télévisés séparés, au cours desquels
l’ancien ministre, Michel Eddé et le journaliste, Gebrane Tuéni
ont avec courage défendu des thèses sur des sujets qui, dans
le passé, étaient tabous.
Le courage sans l’intelligence n’est qu’aventure!
L’intelligence sans le courage n’est que force perdue!
Les deux hommes, dans un contexte différent, ont défendu
la thèse d’un Liban libre, souverain, maître de ses décisions.
Il est à déplorer que les interlocuteurs qui leur faisaient
face n’étaient pas à la hauteur et d’un tout autre calibre.
Face à Michel Eddé, des personnes recherchées par
la Justice libanaise, arrogantes dans leurs exigences et qui s’imaginaient
être dans un pays reconquis. Ces interlocuteurs exigeaient pour les
non-Libanais des droits et des privilèges que le Liban n’est pas
en mesure d’offrir à ses ressortissants.
La colère de Michel Eddé a rappelé la colère
de Jésus devant les marchands du Temple... Mais l’ancien ministre
s’est contenté de les battre, intellectuellement.
Débat ubuesque entre Gebrane Tuéni et le député
élu Nasser Kandil. Face à l’analyse claire, brillante du
journaliste, le député élu ne faisait pas le poids,
revenant toujours à une idée fixe. Dommage pour les téléspectateurs
qui, au lieu d’assister à un débat de qualité passionnant,
ont dû subir les interventions intempestives d’hommes d’un niveau
culturel très différent.
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“DIES IRAE” ET LE FOEHN
“Jour de colère, jour où l’univers sera réduit
en poussière, d’après les prédictions de David et
de la Sibylle...
Ce Jour de Colère a coïncidé avec le passage au
Liban du foehn (mot suisse allemand) qui désigne un vent du sud
chaud fréquent en automne et déclenche nombre de réactions.
Le foehn provoque souvent de l’insomnie, de l’irritabilité,
des migraines, des nausées, des difficultés de respiration,
une grande fatigue et de la dépression.
En Suisse, l’effet du foehn est même admis comme circonstance
atténuante dans les tribunaux en cas d’homicides ou de délits
graves.
Le Jour de Colère ou “Dies Irae” associé avec le foehn,
a donné comme résultat ce qui s’est passé cette semaine
au Liban, où presque tout le monde était déboussolé.
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VENDREDI 13 OCTOBRE 1492
DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE
On considère le vendredi 13 aux Etats-Unis, comme un jour très
heureux, car Christophe Colomb a mis pied sur le nouveau Continent le vendredi
13 octobre 1492.
Or, cette année, le 13 octobre est un vendredi, ce qui donne
un parfait anniversaire.
| JACQUES ET ELISABETH ACAR À L’HONNEUR...
À L’ÉTRANGER! Le professeur français, Jacques Acar, Libanais de naissance par son père (originaire de Deir el- Qamar), l’un des chercheurs les plus réputés d’Europe, vient d’être élu membre de l’“Académie américaine de microbiologie” dont le siège se trouve à Washington. En reconnaissance de ses apports faits à la science, les Américains très “fair-play” ont voulu honorer un grand médecin non-américain qui leur est bien connu, puisqu’il est invité, régulièrement, à donner des conférences dans leurs universités. Quant à son épouse Mme Jacques Acar, née Elisabeth de Langre, elle a été élue vice-présidente du “Conseil international des femmes” (International Council of Women). Des personnalités qui font honneur au Liban, mais qui n’ont pu, tout à l’exemple du professeur Jean Acar, sommité en cardiologie, reprendre leur nationalité libanaise, pour des raisons que la raison ne connaît pas. Il aurait suffi, pourtant, d’un décret présidentiel pour les rebaptiser Libanais à part entière, puisque la France admet le principe de la double nationalité. Mais le Liban n’a que faire de la qualité. Il s’est contenté d’octroyer par milliers la nationalité libanaise à des analphabètes... On les a vus voter à la TV et déclarer ne pas savoir pour qui ils votent. Est-ce cela le nouveau visage du Liban? |