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Les préoccupations officielles libanaises se concentrent sur
les moyens à mettre en uvre pour faire face à létape
daprès le 11 septembre et prémunir le pays des éventuelles
retombées négatives de loffensive américaine
et de la coalition internationale contre le terrorisme, en riposte aux
attentats de New York et de Washington.
Le Liban semploie à se protéger contre de telles retombées
au triple plan politique, sécuritaire et, surtout, économico-financier.
Et, aussi, à attirer les capitaux arabes et étrangers qui
pourraient refluer à Beyrouth devenu, maintenant, un pays-refuge
par excellence, du moins dans le monde arabe.
Le chef du gouvernement, M. Rafic Hariri a dit au cours de la réunion
hebdomadaire du Conseil des ministres, tenue lundi à la place de
celle de jeudi dernier, que les Américains et les Européens
connaissent le Liban et savent que notre pays nest nullement concerné
par les attentats des Etats-Unis quil a été lun
des premiers à réprouver.
Il a soutenu que le retard mis à régler le conflit du Proche-Orient
sur la base des résolutions de la légalité internationale,
peut provoquer des actes répréhensibles de nature à
ternir le renom des Arabes et des musulmans. A cet effet, il a rappelé
le communiqué diffusé, dernièrement, par lUnion
européenne appelant à un règlement juste et global
de la crise régionale.
Notre position à ce sujet est claire, a ajouté
le Premier ministre qui a réaffirmé le souci du Liban de
maintenir sa coopération et sa coordination avec la Syrie.
Dautre part, il a fait état de renseignements dont il ressort
que de nombreux étudiants poursuivant leurs études en Europe
et aux USA, ont exprimé le désir de sinscrire auprès
des universités du Liban.
Dans le même temps, le président du Conseil sattend,
aussi, au reflux de capitaux arabes au Liban, suite aux mesures adoptées
par le président Bush de geler les comptes des organisations terroristes
à létranger.
COORDINATION LIBANO-SYRIENNE
Dans ce contexte, sinscrivent les audiences accordées par
le président Bachar Assad à plusieurs personnalités
libanaises, en tête desquelles M. Issam Farès, vice-président
du Conseil, vendredi dernier. Celui-ci devait entreprendre, ensuite, une
tournée à létranger qui le mènera aux
Etats-Unis.
Pendant ce temps, le président Hariri effectuait à Paris
des contacts avec des instances internationales, à leffet
de se faire une idée de lévolution de la conjoncture
et, partant, du sort qui sera réservé au conflit israélo-arabe,
dont le règlement durgence peut contribuer à dissiper
la tension dans la région et faciliter laction antiterroriste.
M. Hariri a reçu un appel téléphonique du président
pakistanais, le général Moucharref. Il devait avoir avec
le président Chirac, dès le retour du chef de lElysée
de la capitale fédérale, une longue entrevue entrecoupée
dun déjeuner de travail. Le chef de lEtat français
a informé le président Hariri de la teneur de ses entretiens
avec le président Bush et dautres responsables américains,
sans manquer de le mettre dans le climat de la réunion tenue à
Bruxelles par les dirigeants européens. Le président Chirac
la rassuré quant à la décision de lU.E.
duvrer à leffet de favoriser une solution juste
et globale au Proche-Orient, tout en affirmant que le Liban et la
Syrie ne sont nullement concernés par la lutte antiterroriste.
Le président Hariri a fait une escale à Damas à son
retour de la capitale française pour un entretien avec le président
Assad. Il devait conférer, aussi, avec MM. Abdel-Halim Khaddam,
vice-président de la République et Mohamed Miro, président
du Conseil.
A ce propos, il y a lieu de faire état de la liste des éléments
affiliés à des groupes terroristes que M. Vincent Battle,
ambassadeur des Etats Unis à Beyrouth, a présentée
aux responsables libanais. Une liste similaire a été remise
aux dirigeants syriens par lambassadeur US accrédité
à Damas.
Dautre part, des sources sécuritaires proches du camp palestinien
de Aïn Héloué, près de Saïda, indiquent
que les cadres de la Ligue des Ansar, dont le chef de file
est Abdel-Karim el-Saadi, plus connu sous le nom dAbou-Mohjen, condamné
à mort par la Justice libanaise, ont renforcé la garde autour
de leurs habitations et bureaux, suite à des informations selon
lesquelles ce groupement entretenait des relations avec le dissident saoudien,
Oussama Ben Laden.
CONCERTATIONS PRÉSIDENTIELLES
Dès lannonce par le président Bush de sa décision
relative à la constitution dune coalition antiterroriste,
les présidents Lahoud, Berri et Hariri se sont concertés,
pour décider de lattitude à adopter face à
déventuelles demandes américaines.
A lissue de la réunion des trois responsables, M. Hariri
a gagné les bords du Barada où il a conféré
une première fois avec le président Assad avant de se rendre
à Paris à la fin de la semaine écoulée, ce
qui a nécessité le report de la séance hebdomadaire
du Conseil des ministres.
Le Liban et la Syrie craignent que la mise sur pied de la coalition internationale
contre le terrorisme relègue au second plan lopération
de paix au Proche-Orient.
Aussi, le président Hariri a-t-il insisté auprès
de M. Colin Powell, chef du département dEtat qui la
contacté, par téléphone, sur la nécessité
de réactiver sans plus de retard le processus de paix, en raison
des avantages que cela peut avoir sur la lutte antiterroriste.
Par la suite, le président Hariri sest rendu en Arabie saoudite
où il a été reçu par le roi Fahd, le prince
héritier Abdallah, chef de la garde nationale, le prince Sultan
Ben Abdel-Aziz, ministre de la Défense, de lAviation et Inspecteur
général.
Les concertations arabes en cours visent à dégager une prise
de position commune qui sera notifiée aux Etats Unis, à
travers des canaux diplomatiques. Dores et déjà, le
prince Saoud Al-Fayçal, ministre saoudien des Affaires étrangères,
a exposé au chef de la Maison-Blanche et à son homologue
américain, la position arabe dans son ensemble, lors de sa rencontre
avec les deux responsables US. Le prince Saoud devait rencontrer le président
Hariri à Paris à son retour de Washington.
RELATIONS LIBANO-US
Il y a lieu de relever que les relations libano-américaines se
caractérisent, en ce moment, par la cordialité, ainsi quil
ressort des messages échangés entre les présidents
Lahoud et Bush, suite aux attentats de New York et de Washington.
Dans sa réponse, le chef de la Maison-Blanche a remercié
le chef de lEtat et lui a demandé de transmettre sa gratitude
au peuple libanais pour les sentiments quil a manifestés
à loccasion de la tragédie qui sest abattue
le 11 septembre sur lAmérique. Nous affronterons ensemble
ce drame avec détermination, afin déliminer cette
menace contre lhumanité, a ajouté M. Bush.
Ainsi, le Liban officiel est parvenu à dissiper les soupçons
quIsraël et le lobby sioniste ont tenté de susciter
autour de la complicité libanaise au réseau
terroriste.
Le président Lahoud sest dit satisfait des assurances quil
a obtenues à ce propos, dautant que lAdministration
américaine a conscience, à présent, du fait que le
Liban a lui-même pâti du terrorisme dont la dernière
opération a causé de nombreuses victimes civiles, en plus
dune quinzaine de militaires dans la région de Dennieh les
auteurs de cette opération devant comparaître, incessamment,
devant la juridiction qualifiée.
Par ailleurs, le président Nabih Berri a demandé au Parquet
général près la Cour de cassation dengager
des poursuites contre ceux quil accuse dagir à
leffet de ternir limage du Liban à létranger,
en le mêlant au terrorisme international.
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