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| NOMINATIONS: EN MARGE DE LA BROUILLE BERRI-HARIRI |
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| TERRORISME: L'U.E. SE DÉMARQUE DES ETATS-UNIS |
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OBJECTIF PRIORITAIRE:
REPLACER LE P.-O. DANS LE PROCESSUS DE PAIX |
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| PAS DE PAIX SANS JUSTICE |
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| NOMINATIONS:
EN MARGE DE LA BROUILLE BERRI-HARIRI |
En dépit des démarches entreprises
par les conciliateurs, en vue de dissiper la tension qui caractérise
les rapports entre les chefs du Législatif et du gouvernement,
le président Berri aurait formulé de nouveaux griefs
concernant la première tranche des nominations administratives.
Il estime que ces dernières avaient été effectuées
sur la base dune entente à ses dépens entre
le chef de lEtat et le Premier ministre.
Le litige ayant opposé, la semaine dernière, les présidents
Berri et Hariri à propos des nominations administratives,
a été présenté comme une tempête
dans un verre deau par le ministre des Finances et qualifié
de nuage dété par un député.
Nempêche que cette tempête et ce nuage
ont perturbé le climat politique, dautant que les chefs
du Législatif et du gouvernement se sont éloignés
de la scène durant plusieurs jours, rendant impossible toute
démarche auprès deux de la part des médiateurs
éventuels.
En effet, le premier a passé le chômage de fin dannée
sur les bords du Nil et, le second, sest accordé un
repos bien mérité dans sa résidence de Fakra.
A ce même endroit, MM. Berri et Hariri étaient tombés
daccord, il y a quelques mois, sur une série de mesures
destinées à normaliser la situation intérieure.
Mais ils ont dû y renoncer, par la suite, en raison de la
constestation suscitée par ces mesures prises, unilatéralement,
à linsu dautres responsables, le chef de lEtat
en tête.
Depuis, beaucoup deau a coulé sous les ponts et des
divergences autour de bien des questions de politique locale ont
opposé les deux hommes, la plus marquante ayant pour cause
directe le mouvement administratif, lequel a été tranché,
partiellement; puis, bloqué jusquaprès les fêtes.
A lorigine de la nouvelle brouille Berri-Hariri, les nominations
administratives. Le président de la Chambre sest formalisé
de la désignation de fonctionnaires des première et
seconde catégories, bon nombre dentre eux se réclamant
du Premier ministre.
Le chef de parlement estimant que les nominations ont été
effectuées contrairement au mécanisme et aux critères
définis par le Conseil des ministres, sest déchaîné
contre le président du Conseil, laccusant de se prendre
pour Louis XIV qui disait: LEtat, cest moi,
pour avoir émis cette réflexion: Ceux que nous
avons nommés sont proches de lEtat... Et
ceux dont nous avons soutenu la candidature ne le sont-ils pas?,
demande M. Berri.
De plus, il soutient que le partage dinfluence
a prévalu entre deux des pôles de Pouvoir - les chefs
de lEtat et du gouvernement - au détriment de lun
des piliers de la troïka.
M. Berri accuse, également, M. Hariri davoir limogé
des fonctionnaires qui lui sont dévoués. Cependant,
le cas du nouveau directeur général de la Caisse nationale
de Sécurité sociale (CNSS) a constitué la goutte
qui a fait déborder le vase.
On sait que le Premier ministre appuie la candidature à ce
poste de M. Ghazi Youssef, son conseiller économique, contre
M. Ramadan, magistrat. Aux dernières nouvelles, M. Hariri
serait disposé à renoncer à son candidat, à
condition quun technocrate compétent prenne en main
la CNSS et y remette de lordre.
Fait à signaler: la brouille Berri-Hariri sest compliquée,
en raison du refus de Damas dintervenir dans ce genre de litiges...
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| TERRORISME:
L'U.E. SE DÉMARQUE DES ETATS-UNIS |
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Si le Hezbollah na pas figuré
sur la liste européenne parmi les organisations terroristes
cest, semble-t-il, grâce à lintervention
de Paris qui a joué un rôle déterminant dans
cette affaire. Cela prouve, a observé le chef du palais
Bustros, (notre photo) que la position officielle du Liban qui fait
une distinction entre la résistance et le terrorisme, commence
à être comprise par le Conseil de lU.E. Mais
en est-il de même pour Washington?
Après les Etats-Unis, lUnion européenne a établi
une liste comportant les noms dorganisations et de personnes
considérés comme terroristes.
A la différence de la liste américaine, celle de lU.E.
ne mentionne pas le Hezbollah. Mais trois parmi les
terroristes les plus recherchés y sont inscrits; ce sont:
Imad Moghnié, Ali Atwé et Hassan Ezzeddine. Désigné
par le FBI, le premier des trois est présenté comme
un des responsables des services de renseignements du Hezbollah,
les deux autres étant considérés comme des
membres de ce parti.
En revanche, Hamas et le Jihad islamique
figurent sur la liste européenne, en même temps que
des groupes terroristes opérant sur le sol européen,
entre autres lETA basque et lIRA (Armée républicaine
irlandaise).
Il y a lieu de signaler que lors de sa récente visite à
Beyrouth, M. Mohamed Sadr, vice-ministre iranien des Affaires étrangères,
qui a été reçu par les hauts responsables,
a fait part de la concordance de vues entre Téhéran
et Beyrouth sur les sujets évoqués au cours de ses
entretiens. Aussi, a-t-il réaffirmé le soutien de
son pays au Hezbollah et rappelé que la République
islamique restait en désaccord avec la conception américaine
du terrorisme.
Pour en revenir à lU.E., il sied de signaler que les
Quinze uvrent en vue datteindre un double
objectif: redéfinir le terrorisme et instaurer un mandat
darrêt européen contre les crimes liés
à ce fléau.
Ces objectifs ont été atteints au sommet des chefs
dEtat et de gouvernement ayant tenu ses assises les 14 et
15 décembre à Laeken, dans le banlieue de Bruxelles
Disposant dune définition commune du terrorisme, les
Etats membres de lU.E. nont plus quà lappliquer
aux organisations opérant en Europe.
Les responsables libanais dabord surpris par la liste européenne
qui leur a été communiquée la semaine dernière,
se réjouissent de ce que le Hezbollah ny
figure que sur le nom de Imad Moghnié, les deux autres étant
considérés comme de dangereux terroristes sans quil
soit fait mention de leur affiliation à un groupe déterminé.
La liste européenne a été adoptée en
vertu dune procédure écrite, sans que le Conseil
de lU.E. ait eu besoin de se réunir. Le président
belge dudit Conseil, dont le mandat a expiré fin décembre,
a eu recours à cette procédure pour gagner du temps
Mais la liste mentionnée devra être régulièrement
complétée et amendée.
Le fait quelle diffère tant soit peu de celle des Etats-Unis,
porte à déduire que lU.E. sest démarquée
de lAmérique en ne salignant pas sur elle au
sujet du Hezbollah.
Mais Israël revient à la charge et tente dimpliquer
le parti de Dieu, en prétendant que des Hezbollahis
se seraient infiltrés de Syrie en Jordanie, pour perpétrer
la semaine dernière lattaque contre une patrouille
de Tsahal dans la vallée du Jourdain. Ce qui reste
à prouver...
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OBJECTIF
PRIORITAIRE:
REPLACER LE P.-O. DANS LE PROCESSUS DE PAIX |
Alors quon annonce le retour, avant la
fin de la semaine, du général Anthony Zinni, médiateur
américain, les Etats-Unis exigeaient comme condition à
ce retour des mesures concrètes de la part des Palestiniens
pour prévenir les attentats et lallègement par
Israël du blocus et dautres restrictions imposés
dans les territoires autonomes.
Cest M. Silvio Berlusconi qui a dégagé lune
des leçons des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis:
Notre objectif prioritaire est de contribuer à replacer
le Proche-Orient dans le processus de paix.
Le président du Conseil italien qui avait été
critiqué à cause dune malencontreuse déclaration
dans laquelle il soutenait que la civilisation occidentale
était supérieure à la civilisation islamique,
se rachète par cette réflexion: Si la blessure
du Proche-Orient ne se cicatrise pas, tout le monde musulman en
sera affecté. Le peuple palestinien vit dans des conditions
de pauvreté absolue, le revenu annuel dun Palestinien
étant de loin inférieur à celui dun Israélien
(800 dollars contre 18.000).
Jinsiste, ajoute M. Berlusconi: le problème palestinien
est un ulcère béant depuis plus dun demi-siècle;
il a infecté et continuera à infecter le monde islamique.
Ce serait terrible si un conflit opposait lOccident à
lIslam. Ce serait vraiment une catastrophe à léchelle
planétaire.
Le président Chirac a abondé dans le même sens,
en soulignant lurgente nécessité déteindre
tous les foyers de tension dans le monde: au Proche-Orient, en Inde,
au Pakistan et dans les pays du Maghreb. Nous vivons des moments
de lHistoire, constate-t-il, où les lignes bougent,
où des alliances balbutiantes se renforcent, où certaines
priorités changent et où il faut, tout à la
fois, conjuguer lefficacité du combat contre le terrorisme,
la solidarité avec les peuples éprouvés, la
recherche opiniâtre des solutions politiques à tant
de problèmes auxquels les peuples sont confrontés
pour pouvoir instaurer la paix.
A lorée de la nouvelle année, tous les efforts
doivent tendre vers un objectif à atteindre durgence:
dissiper les causes des conflits régionaux, celui du P.-O.
en tête, pour que les peuples puissent, enfin, jouir de la
sécurité et de la paix. Il faut démentir ceux
qui soutiennent: Nous sommes une civilisation qui sait faire
la guerre, mais ne sait pas faire la paix.
Cette paix, écrivait Anatole France, se réalisera
un jour, non parce que les hommes deviendront meilleurs, mais parce
quun nouvel ordre, une science nouvelle et de nouvelles nécessités
économiques leur imposeront létat pacifique.
Le chef de lEtat français a-t-il défini le contour
de cet ordre nouveau, en plaidant en faveur de nouveaux outils de
solidarité internationale contre la misère, lignorance,
le sentiment dhumiliation et de frustration?
Cest fort possible car, en définitive, un tel sentiment
entretient et ravive la vindicte publique, tous les êtres
humains naissant égaux et devant être traités
sur le même pied dégalité.
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| PAS
DE PAIX SANS JUSTICE |
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"Pas de paix sans justice et pas de justice sans pardon",
a dit S.S. Jean-Paul II dans le message qu'il a adressé au
monde, à l'occasion de la "Journée mondiale de
la paix".
Or, le terrorisme annihile la justice et le pardon; c'est un crime
contre l'humanité. La responsabilité pénale
est toujours individuelle et on ne peut la faire assumer à
des peuples dont se réclament les terroristes.
Ces derniers opèrent au nom des déshérités
pour soi-disant combattre l'injustice et ceux qui la font subir
aux êtres humains. Leur action est d'autant plus injustifiée,
qu'ils agissent au nom de la religion, dont ils bafouent les préceptes,
alors qu'ils visent des objectifs inavoués.
Aussi, le Saint-Père a-t-il invité les responsables
et les peuples partout dans le monde, à une "journée
de prière" fixée au 24 janvier, en demandant
à ceux qui ne pourront pas y prendre part, de s'y associer
par la pensée.
Il importe, naturellement, de réduire la disparité
sociale pour éliminer le sentiment de frustration et d'humiliation.
Ce à quoi a fait allusion le chancelier allemand, Gerhard
Schroeder, en tirant les leçons des attentats du 11 septembre
aux Etats-Unis: "Dans notre monde globalisé, a-t-il
observé, nous ne pouvons jouir de la sécurité
et de la quiétude, alors que l'instabilité peut être
provoquée dans toutes les régions du globe, en raison
du sous-développement et de la pauvreté, par des gouvernements
injustes et une mauvaise répartition des richesses".
En d'autres termes, il faut qu'un monde plus juste émerge
de cette terrible catastrophe dont l'Amérique a subi les
conséquences et s'emploie à effacer les séquelles.
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