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NOMINATIONS: EN MARGE DE LA BROUILLE BERRI-HARIRI
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TERRORISME: L'U.E. SE DÉMARQUE DES ETATS-UNIS
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OBJECTIF PRIORITAIRE:
REPLACER LE P.-O. DANS LE PROCESSUS DE PAIX
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PAS DE PAIX SANS JUSTICE
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Par Edouard BASSIL
NOMINATIONS: EN MARGE DE LA BROUILLE BERRI-HARIRI
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En dépit des démarches entreprises par les conciliateurs, en vue de dissiper la tension qui caractérise les rapports entre les chefs du Législatif et du gouvernement, le président Berri aurait formulé de nouveaux griefs concernant la première tranche des nominations administratives. Il estime que ces dernières avaient été effectuées sur la base d’une entente à ses dépens entre le chef de l’Etat et le Premier ministre.

Le litige ayant opposé, la semaine dernière, les présidents Berri et Hariri à propos des nominations administratives, a été présenté comme “une tempête dans un verre d’eau” par le ministre des Finances et qualifié de “nuage d’été” par un député.
N’empêche que cette “tempête” et ce “nuage” ont perturbé le climat politique, d’autant que les chefs du Législatif et du gouvernement se sont éloignés de la scène durant plusieurs jours, rendant impossible toute démarche auprès d’eux de la part des médiateurs éventuels.
En effet, le premier a passé le chômage de fin d’année sur les bords du Nil et, le second, s’est accordé un repos bien mérité dans sa résidence de Fakra. A ce même endroit, MM. Berri et Hariri étaient tombés d’accord, il y a quelques mois, sur une série de mesures destinées à normaliser la situation intérieure. Mais ils ont dû y renoncer, par la suite, en raison de la constestation suscitée par ces mesures prises, unilatéralement, à l’insu d’autres responsables, le chef de l’Etat en tête.
Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et des divergences autour de bien des questions de politique locale ont opposé les deux hommes, la plus marquante ayant pour cause directe le mouvement administratif, lequel a été tranché, partiellement; puis, bloqué jusqu’après les fêtes.
A l’origine de la nouvelle brouille Berri-Hariri, les nominations administratives. Le président de la Chambre s’est formalisé de la désignation de fonctionnaires des première et seconde catégories, bon nombre d’entre eux se réclamant du Premier ministre.
Le chef de parlement estimant que les nominations ont été effectuées contrairement au mécanisme et aux critères définis par le Conseil des ministres, s’est déchaîné contre le président du Conseil, l’accusant de se prendre pour Louis XIV qui disait: “L’Etat, c’est moi”, pour avoir émis cette réflexion: “Ceux que nous avons nommés sont proches de l’Etat”... “Et ceux dont nous avons soutenu la candidature ne le sont-ils pas?”, demande M. Berri.
De plus, il soutient que le “partage d’influence” a prévalu entre deux des pôles de Pouvoir - les chefs de l’Etat et du gouvernement - au détriment de l’un des piliers de la troïka.
M. Berri accuse, également, M. Hariri d’avoir limogé des fonctionnaires qui lui sont dévoués. Cependant, le cas du nouveau directeur général de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) a constitué la goutte qui a fait déborder le vase.
On sait que le Premier ministre appuie la candidature à ce poste de M. Ghazi Youssef, son conseiller économique, contre M. Ramadan, magistrat. Aux dernières nouvelles, M. Hariri serait disposé à renoncer à son candidat, à condition qu’un technocrate compétent prenne en main la CNSS et y remette de l’ordre.
Fait à signaler: la brouille Berri-Hariri s’est compliquée, en raison du refus de Damas d’intervenir dans ce genre de litiges...

TERRORISME: L'U.E. SE DÉMARQUE DES ETATS-UNIS

PhotoSi le “Hezbollah” n’a pas figuré sur la liste européenne parmi les organisations terroristes c’est, semble-t-il, grâce à l’intervention de Paris qui a joué un rôle déterminant dans cette affaire. “Cela prouve, a observé le chef du palais Bustros, (notre photo) que la position officielle du Liban qui fait une distinction entre la résistance et le terrorisme, commence à être comprise par le Conseil de l’U.E. Mais en est-il de même pour Washington?

Après les Etats-Unis, l’Union européenne a établi une liste comportant les noms d’organisations et de personnes considérés comme terroristes.
A la différence de la liste américaine, celle de l’U.E. ne mentionne pas le “Hezbollah”. Mais trois parmi les terroristes les plus recherchés y sont inscrits; ce sont: Imad Moghnié, Ali Atwé et Hassan Ezzeddine. Désigné par le FBI, le premier des trois est présenté comme un des responsables des services de renseignements du “Hezbollah”, les deux autres étant considérés comme des membres de ce parti.
En revanche, “Hamas” et le “Jihad islamique” figurent sur la liste européenne, en même temps que des groupes terroristes opérant sur le sol européen, entre autres l’ETA basque et l’IRA (Armée républicaine irlandaise).
Il y a lieu de signaler que lors de sa récente visite à Beyrouth, M. Mohamed Sadr, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, qui a été reçu par les hauts responsables, a fait part de la concordance de vues entre Téhéran et Beyrouth sur les sujets évoqués au cours de ses entretiens. Aussi, a-t-il réaffirmé le soutien de son pays au “Hezbollah” et rappelé que la République islamique restait en désaccord avec la conception américaine du terrorisme.
Pour en revenir à l’U.E., il sied de signaler que les “Quinze” œuvrent en vue d’atteindre un double objectif: redéfinir le terrorisme et instaurer un mandat d’arrêt européen contre les crimes liés à ce fléau.
Ces objectifs ont été atteints au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement ayant tenu ses assises les 14 et 15 décembre à Laeken, dans le banlieue de Bruxelles Disposant d’une définition commune du terrorisme, les Etats membres de l’U.E. n’ont plus qu’à l’appliquer aux organisations opérant en Europe.
Les responsables libanais d’abord surpris par la liste européenne qui leur a été communiquée la semaine dernière, se réjouissent de ce que le “Hezbollah” n’y figure que sur le nom de Imad Moghnié, les deux autres étant considérés comme de dangereux terroristes sans qu’il soit fait mention de leur affiliation à un groupe déterminé. La liste européenne a été adoptée en vertu d’une procédure écrite, sans que le Conseil de l‘U.E. ait eu besoin de se réunir. Le président belge dudit Conseil, dont le mandat a expiré fin décembre, a eu recours à cette procédure pour gagner du temps Mais la liste mentionnée devra être régulièrement complétée et amendée.
Le fait qu’elle diffère tant soit peu de celle des Etats-Unis, porte à déduire que l’U.E. s’est démarquée de l’Amérique en ne s’alignant pas sur elle au sujet du “Hezbollah”.
Mais Israël revient à la charge et tente d’impliquer le “parti de Dieu”, en prétendant que des “Hezbollahis” se seraient infiltrés de Syrie en Jordanie, pour perpétrer la semaine dernière l’attaque contre une patrouille de “Tsahal dans la vallée du Jourdain. Ce qui reste à prouver...

OBJECTIF PRIORITAIRE:
REPLACER LE P.-O. DANS LE PROCESSUS DE PAIX
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Alors qu’on annonce le retour, avant la fin de la semaine, du général Anthony Zinni, médiateur américain, les Etats-Unis exigeaient comme condition à ce retour des mesures concrètes de la part des Palestiniens pour prévenir les attentats et l’allègement par Israël du blocus et d’autres restrictions imposés dans les territoires autonomes.

C’est M. Silvio Berlusconi qui a dégagé l’une des leçons des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis: “Notre objectif prioritaire est de contribuer à replacer le Proche-Orient dans le processus de paix”.
Le président du Conseil italien qui avait été critiqué à cause d’une malencontreuse déclaration dans laquelle il soutenait que “la civilisation occidentale était supérieure à la civilisation islamique”, se rachète par cette réflexion: “Si la blessure du Proche-Orient ne se cicatrise pas, tout le monde musulman en sera affecté. Le peuple palestinien vit dans des conditions de pauvreté absolue, le revenu annuel d’un Palestinien étant de loin inférieur à celui d’un Israélien (800 dollars contre 18.000).
“J’insiste, ajoute M. Berlusconi: le problème palestinien est un ulcère béant depuis plus d’un demi-siècle; il a infecté et continuera à infecter le monde islamique. Ce serait terrible si un conflit opposait l’Occident à l’Islam. Ce serait vraiment une catastrophe à l’échelle planétaire”.
Le président Chirac a abondé dans le même sens, en soulignant l’urgente nécessité d’éteindre tous les foyers de tension dans le monde: au Proche-Orient, en Inde, au Pakistan et dans les pays du Maghreb. “Nous vivons des moments de l’Histoire, constate-t-il, où les lignes bougent, où des alliances balbutiantes se renforcent, où certaines priorités changent et où il faut, tout à la fois, conjuguer l’efficacité du combat contre le terrorisme, la solidarité avec les peuples éprouvés, la recherche opiniâtre des solutions politiques à tant de problèmes auxquels les peuples sont confrontés pour pouvoir instaurer la paix”.
A l’orée de la nouvelle année, tous les efforts doivent tendre vers un objectif à atteindre d’urgence: dissiper les causes des conflits régionaux, celui du P.-O. en tête, pour que les peuples puissent, enfin, jouir de la sécurité et de la paix. Il faut démentir ceux qui soutiennent: “Nous sommes une civilisation qui sait faire la guerre, mais ne sait pas faire la paix”.
Cette paix, écrivait Anatole France, se réalisera un jour, non parce que les hommes deviendront meilleurs, mais parce qu’un nouvel ordre, une science nouvelle et de nouvelles nécessités économiques leur imposeront l’état pacifique.
Le chef de l’Etat français a-t-il défini le contour de cet ordre nouveau, en plaidant en faveur de nouveaux outils de solidarité internationale contre la misère, l’ignorance, le sentiment d’humiliation et de frustration?
C’est fort possible car, en définitive, un tel sentiment entretient et ravive la vindicte publique, tous les êtres humains naissant égaux et devant être traités sur le même pied d’égalité.

PAS DE PAIX SANS JUSTICE

"Pas de paix sans justice et pas de justice sans pardon", a dit S.S. Jean-Paul II dans le message qu'il a adressé au monde, à l'occasion de la "Journée mondiale de la paix".
Or, le terrorisme annihile la justice et le pardon; c'est un crime contre l'humanité. La responsabilité pénale est toujours individuelle et on ne peut la faire assumer à des peuples dont se réclament les terroristes.
Ces derniers opèrent au nom des déshérités pour soi-disant combattre l'injustice et ceux qui la font subir aux êtres humains. Leur action est d'autant plus injustifiée, qu'ils agissent au nom de la religion, dont ils bafouent les préceptes, alors qu'ils visent des objectifs inavoués.
Aussi, le Saint-Père a-t-il invité les responsables et les peuples partout dans le monde, à une "journée de prière" fixée au 24 janvier, en demandant à ceux qui ne pourront pas y prendre part, de s'y associer par la pensée.
Il importe, naturellement, de réduire la disparité sociale pour éliminer le sentiment de frustration et d'humiliation. Ce à quoi a fait allusion le chancelier allemand, Gerhard Schroeder, en tirant les leçons des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis: "Dans notre monde globalisé, a-t-il observé, nous ne pouvons jouir de la sécurité et de la quiétude, alors que l'instabilité peut être provoquée dans toutes les régions du globe, en raison du sous-développement et de la pauvreté, par des gouvernements injustes et une mauvaise répartition des richesses".
En d'autres termes, il faut qu'un monde plus juste émerge de cette terrible catastrophe dont l'Amérique a subi les conséquences et s'emploie à effacer les séquelles.

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