La Fête nationale du Québec

La fête nationale du Québec célébrée le 24 juin, a connu un immense succès et constitué le temps fort d’un grand mouvement de consensus national.

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Un public de 170.000 personnes
à la soirée du 23 juin à Québec.

Déjà célébré sous les Gaulois, qui organisaient à cette occasion, de grands feux de joie, le solstice d’été fut repris au Moyen Age par l’Eglise qui le plaça sous le patronage de Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin. C’est cette fête que les premiers colons français de la Nouvelle-France importèrent au Canada dès le XVIème siècle. Après la conquête anglaise, un éditeur de journaux, Duvernay, créa, le 24 juin 1834, la Société Saint-Jean-Baptiste, dans le but de préserver les droits de la nation canadienne française. Les Canadiens-français ont, progressivement, vu dans la Saint-Jean, l’expression privilégiée de leur identité nationale. En 1925, la Saint-Jean est déclarée jour férié par le gouvernement du Québec et est devenue en 1977, la fête nationale du Québec.
Depuis, celle-ci a pris de plus en plus d’ampleur. Dans tout le Québec, des centaines de milliers de Québécois fêtent leur fierté et leur appartenance au Québec dans un grand moment de consensus national, car la Fête nationale du Québec constitue la fête de tous ceux qui composent le Québec d’aujourd’hui. En effet, quelle que soit leur origine, Français dits “de souche”, près de 84%; anglophones, environ 7%, ou issus de l’immigration, près de 9%, les habitants de la Belle-Province se définissent, très majoritairement, comme Québécois avant toute autre appartenance. Par-dessus tous les clivages politiques, ils ont le sentiment de former une nation distincte et la Saint-Jean-Baptiste est l’occasion de manifester un grand élan de solidarité nationale.

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Paul Piché entouré de Lulu Hugues
et Luc de la Rochellière.

Un succès extraordinaire
Dans tout le pays, dans les villes et les villages, des centaines de célébrations ont été organisées, marquées par des défilés, des spectacles de musique et de chansons, des feux de joie et d’artifice. Les deux moments forts ont été le grand rassemblement populaire à Québec, la capitale et les festivités de Montréal.
Dans la soirée du 23 juin, à Québec, 170.000 personnes, agitant des drapeaux québécois fleurdelisés, se sont réunies aux plaines d’Abraham pour assister à un magnifique spectacle rassemblant de très nombreux artistes, qui a duré jusqu’au petit matin.
Le 24 juin, à Montréal, un grand défilé réunissant plus de deux mille figurants et des chars allégoriques, a attiré une foule immense dans les rues de Montréal. Les spectateurs ont pu apprécier la créativité des communautés d’origine africaine, haïtienne, latino-américaine, maghrébine ou libanaise.
Dans la soirée, plus de 250.000 Québécois se sont réunis dans le parc Maisonneuve, à deux pas du stade olympique, pour participer à des festivités autour de chansons d’inspiration traditionnelle.
A l’occasion de la réception de la fête nationale au musée du Québec dans la capitale, le Premier ministre, Bernard Landry, a prononcé une allocution dans laquelle il a souligné les progrès considérables accomplis par le Québec en matière d’économie, de plein-emploi, de recherche, de technologie et de créativité culturelle. Il a rappelé que la mondialisation rend encore plus nécessaire la constitution d’un Etat souverain, susceptible de préserver l’identité distincte du Québec à laquelle tous les Québécois sont attachés.

Louise Harel, présidente de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie

Lors de la 28ème session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) qui s’est tenue à Berne du 5 au 10 juillet 2002, Louise Harel, présidente de l’Assemblée nationale du Québec, est devenue présidente de l’APF. Elle est la première femme à présider cette Assemblée fondée en 1967 et se compose de 64 sections nationales issues de parlements d’Afrique, d’Amérique, d’Asie, d’Europe et du Proche-Orient, dont le Liban. L’APF est reconnue comme l’assemblée consultative de la Francophonie, tel que le prévoit la Charte de la Francophonie.

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Mme Louise Harel.

L’APF intervient devant les chefs d’Etat lors des sommets de la Francophonie. En étroite collaboration avec l’Agence de la Francophonie, elle engage et met en œuvre des diverses actions dans les domaines de la coopération interparlementaire et du développement de la démocratie. Ses actions visent à renforcer la solidarité entre les institutions parlementaires, à promouvoir la démocratie et l’Etat de droit, plus particulièrement au sein de la communauté francophone.
L’Assemblée parlementaire de la Francophonie entreprend un important travail de réflexion portant sur des sujets tels que les libertés et droits politiques, les parlements et la communication, l’espace économique francophone et la coopération décentralisée ou encore l’éducation, la place du français dans les organisations internationales et le respect de la diversité culturelle.
Mme Harel assumera la présidence des différentes instances de l’APF, en plus de la représentation de cette Assemblée auprès des instances nationales et internationales. Lors du sommet de la Francophonie à Beyrouth, le 18 octobre prochain, elle interviendra devant les chefs d’Etat et de gouvernement de 55 pays francophones. A cette occasion, elle déposera un avis de l’APF sur le dialogue des cultures, thème du Sommet.

Québec - Zeina EL-TIBI
Article paru dans "La Revue du Liban" N° 3853 - Du 13 Au 20 Juillet 2002
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