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Née de la folle équipée de deux
jeunes gens téméraires, Ibrahim et Emile Maklouf, le 15
août 1928, au 9 rue Gay-Lussac à Paris, poursuivie en 1941
à Beyrouth, depuis la rue des Capucins et la rue Allenby, reprise
en pleine guerre, avec pugnacité, le 23 février 1976, par
Melhem Karam, La Revue du Liban a mis le cap sur le troisième
millénaire, après avoir traversé le XXème
siècle, sans garder une seule ride. Voici quelques extraits tirés
à tout hasard de nos archives.
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Un message du général Catroux à
La Revue du Liban
Le 29 août 1942, à loccasion du deuxième
anniversaire de sa parution à Beyrouth et du 14ème
anniversaire de sa fondation à Paris (1928), La Revue
du Liban a reçu du général Catroux, alors
délégué de la France Libre au Levant, le message
suivant:
Que La Revue du Liban reçoive, à
loccasion du double anniversaire quelle célèbre,
mes encouragements et mes vux.

Grand chancelier de la Légion dHonneur,
le général Catroux remettant la Grand-Croix
de cette distinction au général de Gaulle,
élu président de la 5ème République.
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Fidèle au passé en même temps que tournée
vers lavenir, La Revue du Liban ouvre largement
ses colonnes aux jeunes. En même temps quelle évoque
les fastes de lhistoire nationale source de force et de fierté,
elle soffre comme une tribune à la génération
qui viendra demain aux affaires. Elle évoque librement les
problèmes économiques et sociaux que pose au pays
lorganisation de sa jeune indépendance. Des échanges
didées sy instituent. Des contributions y sont
apportées à ce qui doit être lédifice
de la vie durable et harmonieuse de la nation.
Ainsi, La Revue du Liban aide-t-elle à
lélaboration dun Liban moderne. Elle accomplit
une tâche noble et profitable dans la liberté et dans
la mesure. Je félicite La Revue du Liban de lesprit
qui lanime et de lorientation quelle sest
donnée. Eprise de lidéal démocratique,
pénétrée du sentiment national, acquise à
la cause des Alliés, elle interprète justement tout
ce que la raison, lintérêt, le sentiment et la
tradition inspirent à chaque citoyen libanais. Cest
le secret de la sympathie quelle suscite.
Beyrouth, le 29 août 1942
signé: Georges Catroux
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M. du Chayla, premier ministre de France au Liban
présente ses lettres de créance
S. E. M. le comte Armand du Chayla, envoyé extraordinaire
et ministre plénipotentiaire de France au Liban, a présenté
le 10 juillet à 11 heures ses lettres de créance à
S.E. M. le président de la République M. Béchara
El-Khoury en sa résidence.

M. du Chayla prononçant son discours.
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LE DISCOURS DU MINISTRE DE FRANCE
Monsieur le Président,
Je suis sensible à lhonneur qui mest fait
dêtre le premier ministre de France accrédité
auprès de Votre Excellence.
Mon pays, qui a tant daffinités avec le Liban,
nourrit une affection profonde pour cette nation dont, depuis des
siècles, il apprécie et respecte la forte personnalité.
Cette personnalité, il a été le premier à
la reconnaître. Aussi, la France se félicite-t-elle
dautant plus aujourdhui de voir le Liban indépendant
tenir au sein des Nations unies la place éminente que lui
valent son antique civilisation et sa grande culture. Elle accompagne
de ses vux ardents les progrès incessants qui marquent
lévolution de son Histoire. Le jeu libre et normal
des institutions démocratiques a toujours été
considéré par la France comme un gage de paix et une
garantie de bonheur des citoyens. Cest pourquoi, avec le respect
de toutes les institutions et de tous les régimes, elle ne
peut se défendre dune sympathie particulièrement
pour les nations comme la vôtre, animées dun
idéal semblable au sien.
LA Réponse du président
de la République
Monsieur le ministre,
Cest avec grand plaisir que je reçois en votre
personne le premier envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire
de la République française au Liban.
Entre mon pays et le vôtre, une longue Histoire a noué
des liens étroits. Maintenant que le Liban a assuré
son indépendance, je me félicite de constater quil
se retrouve avec la France, côte à côte au sein
des Nations unies, toutes déterminées à unir
leurs efforts au service dun idéal commun de liberté
et de justice.
Aussi bien, les relations entre peuples ne sont-elles jamais
mieux établies que lorsquelles reposent sur une volonté
commune de paix et sur un égal attachement aux mêmes
valeurs de civilisation, servies par des institutions démocratiques
auxquelles nous sommes les uns et les autres fidèlement attachés.
(C.f. La Revue du Liban, le 15 juillet 1945)
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Extraits des Mémoires dIbrahim Maklouf,
fondateur avec son frère Émile de La Revue
du Liban
Pour commencer, disons que pour faire paraître le premier
numéro de La Revue du Liban, nous navions
presque rien: pas dargent, pas de bureau, pas dimprimerie,
presque pas de collaborateurs. Nous avions la foi, la volonté.
Nos préparatifs ont eu lieu simultanément au 9 rue
Gay-Lussac et au café-restaurant La Coupole,
inauguré en 1927 et qui devait nous servir durant plusieurs
années comme principal lieu de rencontre. Cest, dailleurs,
dans ce sympathique endroit du vieux Montparnasse que se retrouvaient,
presque chaque soir, les étudiants libanais et syriens, ainsi
que nos compatriotes de passage à Paris. Cest donc
sur les banquettes de La Coupole qua été
élaboré en grande partie notre numéro 1 (...).
Grâce à quelques dons damis personnels, nous
pûmes réunir largent nécessaire pour le
papier et limprimerie. En quinze jours tout était prêt.
Et le premier numéro sortit le 15 août 1928. Je ne
saurais décrire notre joie, notre fierté. Nous étions
en pleine exaltation. Le soir-même, nous distribuâmes
à lintérieur de La Coupole une centaine
de numéros. Imaginez le spectacle! Pendant plus dune
heure, mon frère et moi nous contemplions, la gorge serrée
démotion, les clients du café en train de feuilleter
et de lire La Revue du Liban. Quant à la colonie
libanaise de Paris, elle fit un accueil chaleureux à notre
numéro. (C.f. La Revue du Liban, septembre 1978)
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Un Prix de lAcadémie française
à La Revue du Liban
LAcadémie française, au cours
de sa séance publique du 22 décembre 1932, a décerné
à La Revue du Liban, une médaille de vermeil
comme Prix de Langue française.
Cest une haute distinction, destinée à reconnaître
les services rendus au dehors à la langue et à la
culture françaises. Elle a été accordée
à La Revue du Liban, pour son uvre de rapprochement
intellectuel franco-libano-syrien, uvre quelle poursuit
inlassablement, malgré de très grandes difficultés,
depuis bientôt cinq années.
Nous sommes très fiers dune telle marque dattention
et dencouragement de la part de lillustre Académie.
Nous pensons que cet hommage sadresse aussi non seulement
à tous nos collaborateurs, mais encore à tous nos
amis, qui luttèrent à nos côtés, moralement
et matériellement, pour lexistence et lessor
de la Revue.
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Lavion supersonique Concorde
à Beyrouth
Dans le cadre dun périple qui la mené
de Londres à Tokyo en passant par Athènes, Téhéran,
Bahrein, Bombay, Bangkok et Singapour à laller, Manille,
Darwin, Sydney, Melbourne, Delhi, Dahran, Athènes, Toulouse,
au retour, lavion de ligne supersonique franco-britannique
Concorde a effectué une escale de quelques heures
à Beyrouth, vendredi dernier. Six responsables de la Société
British Aircraft Corporation, la compagnie chargée
de construire la partie britannique de lappareil, accompagnaient
lavion dans ce périple: MM. George Edwards, Geoffrey
Knight, Brian Trubohaw, Geoffrey Tuttle, Derek John et B. Walker.
Lappareil Concorde 002, est le second prototype
de lavion supersonique. Il avait effectué son premier
vol le 9 avril 1969, quelques semaines après le premier vol
du premier prototype 001 construit dans les usines de
lAéro-Spatiale à Toulouse.

Des gendarmes en armes ont gardé Concorde
tout au long de son escale.
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Concorde 002, sest posé à lAIB,
à 8h45 exactement, le vendredi 30 juin 1972. Il a été
aussitôt pris dassaut par une armée de techniciens
arrivés 48 heures auparavant de Londres qui, deux heures
durant, se sont affairés autour et dans lappareil,
relevant les indications fournies par les centaines dappareils
de contrôle emplissant la presque totalité de la carlingue
où dix-huit sièges seulement avaient été
aménagés pour permettre aux privilégiés
de participer à une démonstration dans le ciel libanais.
Des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été
prises par les autorités. Toutes les issues menant au salon
dhonneur étaient gardées par des militaires
en armes, cependant que sur le terre-plein, entre les pistes est
et ouest, un char montait la garde, sa mitrailleuse
pointée vers le ciel.
(C.f. La Revue du Liban, le 8 juillet 1972)
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