| De
certaine défection au sommet de la francophonie |
Une défection jugée inexplicable
par certains (celle du président Hosni Moubarak au Sommet
de la francophonie) est, pourtant, moins surprenante que labsence
du Raïss du sommet arabe de Beyrouth. De fait, le chef de lEtat
égyptien, de culture anglo-saxonne, est moins motivé
que ses pairs des pays ayant le français en partage. Ce qui
ne lempêche pas de réaffirmer son soutien au
Liban, dans le litige qui loppose à lEtat hébreu
sur les eaux du Wazzani...
La conférence des souverains et chefs dEtat arabes
qui sest tenue à Beyrouth en mars dernier, a été
appelée le sommet du suspense et des surprises,
en raison de certaines défections dont celle du chef de lEtat
égyptien a été la plus surprenante.
Une chaîne de télévision arabe, en loccurrence
celle Al-Jazirah, a créé la surprise en annonçant
que le président Hosni Moubarak avait décidé
de ne pas se rendre à Beyrouth, tout en conseillant à
Yasser Arafat de ne pas quitter Ramallah, Ariel Sharon pouvant
invoquer nimporte quel prétexte pour lempêcher
dy retourner.
Mais le Raïs a démenti la nouvelle et laissé
entendre quil débarquerait à lAIB le matin
de louverture du sommet, notre capitale se trouvant à
près dune heure davion du Caire. Mais il devait
maintenir le suspense jusquau bout pour annuler, finalement,
son voyage.
Si donc le chef de lEtat égyptien nest pas venu
à Beyrouth pour participer à une conférence
de ses pairs qualifiée dexceptionnelle,
on ne pouvait donc pas sattendre, logiquement, à ce
quil y vienne pour prendre part en personne au IXème
sommet de la francophonie étant lui-même de culture
anglo-saxonne.
Preuve en est quil a envoyé à sa place M. Ahmed
Maher, chef de la diplomatie égyptienne. Premier représentant
arabe à débarquer à lAIB, celui-ci justifie
en ces termes la nouvelle défection de M. Moubarak: Le
Raïs a été empêché de venir à
cause de la conjoncture régionale. Il a préféré
rester au Caire, afin de suivre de près les développements
particuliè-rement graves de la situation. Il ma envoyé
en me chargeant de féliciter le Liban, président,
gouvernement et peuple, pour la tenue de ces assises très
importantes pour ce pays frère, comme pour le monde arabe
et la cause palestinienne.
M. Maher na pas manqué dévoquer la crise
artificiellement provoquée par Israël, celle des
eaux du Wazzani et a proclamé lappui sans réserve
de son pays au droit imprescriptible de notre pays dexploiter
ses ressources hydrauliques.
Le chef de lEtat avait parlé de cette crise,
en réitérant limportance que fonde notre pays
sur laction menée par lONU, à leffet
de confirmer le droit du Liban dutiliser ses eaux pour désaltérer
les habitants des villages libérés du Sud qui en sont
privés et, aussi, pour y assurer lirrigation des terres
arables.
Il est fort heureux que lONU se soit saisi du dossier relatif
au partage du précieux liquide entre le pays des Cèdres
et lEtat hébreu. Et ce, en dépêchant sur
le terrain deux de ses fonctionnaires, pour accompagner un expert
américain, un hydrologue européen et un diplomate
russe.
Ceux-ci ayant visité le site, ont constaté que tout
était prêt pour le pompage fixé au 16 octobre,
soit deux jours avant linauguration du sommet de la francophonie.
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Plier
léchine ou sexpatrier,
unique choix pour les Libanais? |
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Plier léchine ou sexpatrier!,
doit-on déduire dune déclaration faite par le
ministre de la Santé (notre photo) à Bkerké,
à lissue dune entrevue avec S.Em. le cardinal
Sfeir. Le jeune leader nordiste soutient, en effet, que la
fraction chrétienne de notre peuple na dautre
choix que de saligner sur Damas et de ne plus soulever la
question du redéploiement des forces syriennes. Ne
serait-il pas préférable de rééquilibrer
les relations syro-libanaises et de les assainir?
La politique suivie par notre camp est la bonne et la
meilleure pour sauver la fraction chrétienne de notre peuple,
a déclaré le ministre de la Santé, connu pour
ses liens plus quamicaux avec Damas, dont il bénéficie
du soutien illimité dans tous les domaines et à tous
les niveaux...
M. Sleiman Frangié a tenu ces propos à lissue
dune entrevue avec S.Em. le cardinal Sfeir, à Bkerké
et a reconnu que, tout en vouant du respect au chef spirituel de
la communauté maronite dont il se réclame, il nétait
pas daccord avec léminent prélat sur plus
dun point, notamment celui relatif aux relations avec la Syrie.
On sait que M. Frangié est acquis à lidée
quil faut coopérer sans réserve avec le pays
voisin, afin dassurer notre sécurité et notre
avenir, surtout dans les circonstances présentes. Il faut
donc, à son avis, admettre la présence syrienne sur
notre territoire et ne plus parler de redéploiement,
étant donné la conjoncture régionale dont
le moins quon puisse dire est quelle est très
préoccupante.
Pourtant, la position de la hiérarchie maronite est simple
et claire: elle prône des relations équilibrées,
voire privilégiées avec Damas, mais sur la base du
respect mutuel, de la souveraineté et de lindépendance,
non de suzerain à vassal.
De plus, Bkerké se plaint de ce que laccord de Taëf,
devenu le document de lentente, soit appliqué dune
manière sélective. Les clauses dudit accord ne convenant
pas à la Syrie et à ses alliés locaux, pour
des considérations quil nest plus nécessaire
de rappeler, sont ignorées carrément et on juge leur
application inopportune.
Drôle de manière dinterpréter le texte
de Taëf qui prévoit, pourtant le redéploiement
des forces syriennes dans un délai de deux ans, à
compter de la date de son approbation, soit depuis près dune
dizaine dannées.
Peut-on perdre de vue que, sans lagrément de Bkerké,
cet accord naurait pu être approuvé? On se rappelle
que le siège patriarcal avait été envahi, alors,
par une foule en colère se réclamant, dit-on, du général
Aoun - mais ce fait na pas été prouvé
- ce qui a contraint le cardinal-patriarche à sinstaller
à Dimane, son siège estival pendant près dune
semaine, son retour ayant été demandé avec
insistance par lex-chef du gouvernement de militaires...
Pour en revenir à largument du ministre de la Santé,
on peut linterpréter de la sorte: Les chrétiens
doivent plier léchine ou sexpatrier...
Drôle de raisonnement et de logique!
Ne serait-il pas préférable de normaliser, en les
rééquilibrant, les relations libano-syriennes, ce
qui les renforcera davantage au profit des deux pays? Dautant
que dans son discours dinvestiture, le président Bachar
Assad a reconnu que tout nétait pas parfait dans
ces relations et quil était nécessaire
de les assainir.
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Le
Cabinet, un lourd fardeau pour la démocratie
(Ferzli dixit)
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Dans le cadre dune interview télévisée,
le vice-président de la Chambre, M. Elie Ferzli (notre photo)
a tenu des propos ne pouvant émaner que dun opposant
au Cabinet haririen. Je ne sens pas que le gouvernement existe,
a-t-il affirmé, son action ne répondant pas aux souhaits
et aux aspirations des citoyens, pour lesquels il constitue un lourd
fardeau.
M. Ferzli a, en conséquence, adjuré
le chef de lEtat dagir à leffet de défendre
notre système démocratique.
En tant que citoyen, je ne sens pas que le gouvernement existe
et, de plus, il constitue un lourd fardeau pour notre système
démocratique... Des fermes politiques sévissent
et le Conseil des ministres est dominé par des personnes
qui confectionnent les lois à leur guise... Quant à
la coopération entre les pôles du pouvoir, elle ne
doit pas se faire aux dépens des institutions... A la Chambre,
nous vivons un état dimpuissance, face à lalliance
de léquilibre des forces... Pas de vie possible pour
le Liban en dehors de lidée constitutionnelle, juridique
et institutionnelle... Le chef de lEtat est la dernière
ligne de défense pour la démocratie.
Ces déclarations nont pas été faites
par un membre de lopposition, mais par le vice-président
de la Chambre, M. Elie Ferzli, au cours dune interview enregistrée
dimanche dernier sur le plateau dune chaîne de télévision,
en loccurrence la LBCI.
Le NÞ2 du parlement a émis dautres réflexions,
pour le moins surprenantes, venant de la part dun personnage
connu pour être proche du chef du Législatif et à
un degré moindre, du président du Conseil.
Daucuns pourraient attribuer cela au désappointement
du vice-président de lAssemblée, pour avoir
été écarté in extremis de léquipe
gouvernementale, le Cabinet des 30 où son nom
avait été cité à un moment donné,
comme le candidat probable au portefeuille des Affaires étrangères.
Cependant, M. Ferzli a très souvent adopté des attitudes
témoignant de son réalisme et de son souci de défendre
la vérité. Il la prouvé à maintes
reprises: dabord, lorsquil a présidé il
y a un peu plus de deux ans, la commission parlementaire chargée
denquêter sur laffaire des Puma. En
dépit des tentatives de certains milieux qui voulaient impliquer
le président Amine Gemayel dans cette affaire, M. Ferzli
a eu le courage de proclamer linnocence de lancien chef
de lEtat.
Ensuite, quand le ministre de lIntérieur a soutenu
lidée transformant le Liban en circonscription unique,
il a été le premier à dénoncer cette
innovation tendant, à son avis, à
exclure ou à marginaliser certaines fractions de la société
libanaise.
Puis, se prononçant en faveur dun pluralisme
médiatique véritable, il a dénoncé
la fermeture de la MTV jugeant le report, par le tribunal des imprimés,
de son arrêt jusquau 21 courant, comme une décision
délibérée pour éviter déventuels
remous que lépilogue de cette affaire pourrait susciter
au cours du IXème sommet de la francophonie...
Quant à la formation de la rencontre parlementaire de la
concertation (RPC), il la justifiée comme suit: après
le congrès maronite de Los Angeles et de certaines résolutions
qui y ont été prises de nature à transgresser
le consensus national, les députés maronites non affiliés
à Kornet Chehwane, étaient forcés dexpliciter
leur position, afin déviter à nos coreligionnaires
de nouveaux ennuis.
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| Tous
pour un, un pour tous |
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Dans le climat enfiévré où vivent les Libanais,
propice à tous les excès et les débordements,
les citoyens bien pensants, soucieux de l'avenir de leur pays, expriment
le souhait et l'espoir de voir les sages parmi leurs compatriotes,
en particulier ceux qui sont aux postes de commande, condamner le
fanatisme et l'extrémisme et prêcher la modération
et la tolérance, afin de protéger la patrie contre
tant de dangers qui la menacent.
"La sagesse donne au sage plus de force que dix chefs de guerre
réunis" (l'Ecclésiaste). Les dignitaires religieux
reconnaissent la justesse de cette réflexion et sont prêts
à agir aux fins de dissiper les dissensions qui sapent les
fondements de la maison libanaise.
De fait, les chefs spirituels, toutes confessions confondues, parce
qu'ils sont sincères et désintéressés
plaident pour l'union. Après le cardinal Sfeir et cheikh
Abdel-Amir Kabalan, vice-président du Conseil supérieur
chiite, cheikh Mohamed Kabbani, mufti de la République, a
rompu le silence qu'il observait depuis un bon bout de temps, pour
proclamer: "Le Liban est le pays de la concorde et ne peut
survivre que par la modération. Tous les Libanais sont soucieux
de sauvegarder leur patrie".
Les hommes politiques, pour des considérations qu'il n'est
plus besoin de rappeler, étant incapables, semble-t-il, de
renoncer à leurs jeux pernicieux, même s'ils devaient
entraîner la nation à sa perte, les chefs spirituels
des communautés nationales devraient prendre l'initiative
d'une action salvatrice, à la faveur d'un sommet à
tenir sans plus de retard...
... Sous le slogan consigné dans "Les trois mousquetaires"
d'A. Dumas: "Tous pour un, un pour tous". Il n'y a pas
un autre moyen pour prévenir la noyade collective et le naufrage".
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