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De certaine défection au sommet de la francophonie
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Plier l’échine ou s’expatrier,
unique choix pour les Libanais?
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“Le Cabinet, un lourd fardeau pour la démocratie”
(Ferzli dixit)
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Tous pour un, un pour tous
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Par Edouard BASSIL
 
De certaine défection au sommet de la francophonie
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Une défection jugée “inexplicable” par certains (celle du président Hosni Moubarak au Sommet de la francophonie) est, pourtant, moins surprenante que l’absence du Raïss du sommet arabe de Beyrouth. De fait, le chef de l’Etat égyptien, de culture anglo-saxonne, est moins motivé que ses pairs des pays ayant le français en partage. Ce qui ne l’empêche pas de réaffirmer son soutien au Liban, dans le litige qui l’oppose à l’Etat hébreu sur les eaux du Wazzani...

La conférence des souverains et chefs d’Etat arabes qui s’est tenue à Beyrouth en mars dernier, a été appelée le “sommet du suspense et des surprises”, en raison de certaines défections dont celle du chef de l’Etat égyptien a été la plus surprenante.
Une chaîne de télévision arabe, en l’occurrence celle “Al-Jazirah, a créé la surprise en annonçant que le président Hosni Moubarak avait décidé de ne pas se rendre à Beyrouth, tout en conseillant à Yasser Arafat de ne pas quitter Ramallah, “Ariel Sharon pouvant invoquer n’importe quel prétexte pour l’empêcher d’y retourner”.
Mais le Raïs a démenti la nouvelle et laissé entendre qu’il débarquerait à l’AIB le matin de l’ouverture du sommet, notre capitale se trouvant à près d’une heure d’avion du Caire. Mais il devait maintenir le suspense jusqu’au bout pour annuler, finalement, son voyage.
Si donc le chef de l’Etat égyptien n’est pas venu à Beyrouth pour participer à une conférence de ses pairs qualifiée “d’exceptionnelle”, on ne pouvait donc pas s’attendre, logiquement, à ce qu’il y vienne pour prendre part en personne au IXème sommet de la francophonie étant lui-même de culture anglo-saxonne.
Preuve en est qu’il a envoyé à sa place M. Ahmed Maher, chef de la diplomatie égyptienne. Premier représentant arabe à débarquer à l’AIB, celui-ci justifie en ces termes la nouvelle défection de M. Moubarak: “Le Raïs a été empêché de venir à cause de la conjoncture régionale. Il a préféré rester au Caire, afin de suivre de près les développements particuliè-rement graves de la situation. Il m’a envoyé en me chargeant de féliciter le Liban, président, gouvernement et peuple, pour la tenue de ces assises très importantes pour ce pays frère, comme pour le monde arabe et la cause palestinienne”.
M. Maher n’a pas manqué d’évoquer la “crise artificiellement provoquée par Israël”, celle des eaux du Wazzani” et a proclamé l’appui sans réserve de son pays au droit imprescriptible de notre pays d’exploiter ses ressources hydrauliques.
Le chef de l’Etat avait parlé de cette “crise”, en réitérant l’importance que fonde notre pays sur l’action menée par l’ONU, à l’effet de confirmer le droit du Liban d’utiliser ses eaux pour désaltérer les habitants des villages libérés du Sud qui en sont privés et, aussi, pour y assurer l’irrigation des terres arables.
Il est fort heureux que l’ONU se soit saisi du dossier relatif au partage du précieux liquide entre le pays des Cèdres et l’Etat hébreu. Et ce, en dépêchant sur le terrain deux de ses fonctionnaires, pour accompagner un expert américain, un hydrologue européen et un diplomate russe.
Ceux-ci ayant visité le site, ont constaté que tout était prêt pour le pompage fixé au 16 octobre, soit deux jours avant l’inauguration du sommet de la francophonie.

Plier l’échine ou s’expatrier,
unique choix pour les Libanais?

Photo“Plier l’échine ou s’expatrier!”, doit-on déduire d’une déclaration faite par le ministre de la Santé (notre photo) à Bkerké, à l’issue d’une entrevue avec S.Em. le cardinal Sfeir. Le jeune leader nordiste soutient, en effet, que “la fraction chrétienne de notre peuple n’a d’autre choix que de s’aligner sur Damas et de ne plus soulever la question du redéploiement des forces syriennes”. Ne serait-il pas préférable de rééquilibrer les relations syro-libanaises et de les assainir?”

“La politique suivie par notre camp est la bonne et la meilleure pour sauver la fraction chrétienne de notre peuple”, a déclaré le ministre de la Santé, connu pour ses liens plus qu’amicaux avec Damas, dont il bénéficie du soutien illimité dans tous les domaines et à tous les niveaux...
M. Sleiman Frangié a tenu ces propos à l’issue d’une entrevue avec S.Em. le cardinal Sfeir, à Bkerké et a reconnu que, tout en vouant du respect au chef spirituel de la communauté maronite dont il se réclame, il n’était pas d’accord avec l’éminent prélat sur plus d’un point, notamment celui relatif aux relations avec la Syrie.
On sait que M. Frangié est acquis à l’idée qu’il faut coopérer sans réserve avec le pays voisin, afin d’assurer notre sécurité et notre avenir, surtout dans les circonstances présentes. Il faut donc, à son avis, admettre la présence syrienne sur notre territoire et ne plus parler de “redéploiement”, étant donné la conjoncture régionale “dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle est très préoccupante”.
Pourtant, la position de la hiérarchie maronite est simple et claire: elle prône des relations équilibrées, voire privilégiées avec Damas, mais sur la base du respect mutuel, de la souveraineté et de l’indépendance, non de suzerain à vassal.
De plus, Bkerké se plaint de ce que l’accord de Taëf, devenu le document de l’entente, soit appliqué d’une manière sélective. Les clauses dudit accord ne convenant pas à la Syrie et à ses alliés locaux, pour des considérations qu’il n’est plus nécessaire de rappeler, sont ignorées carrément et on juge leur application inopportune.
Drôle de manière d’interpréter le texte de Taëf qui prévoit, pourtant le redéploiement des forces syriennes dans un délai de deux ans, à compter de la date de son approbation, soit depuis près d’une dizaine d’années.
Peut-on perdre de vue que, sans l’agrément de Bkerké, cet accord n’aurait pu être approuvé? On se rappelle que le siège patriarcal avait été envahi, alors, par une foule en colère se réclamant, dit-on, du général Aoun - mais ce fait n’a pas été prouvé - ce qui a contraint le cardinal-patriarche à s’installer à Dimane, son siège estival pendant près d’une semaine, son retour ayant été demandé avec insistance par l’ex-chef du gouvernement de militaires...
Pour en revenir à l’argument du ministre de la Santé, on peut l’interpréter de la sorte: “Les chrétiens doivent plier l’échine ou s’expatrier...” Drôle de raisonnement et de logique!
Ne serait-il pas préférable de normaliser, en les rééquilibrant, les relations libano-syriennes, ce qui les renforcera davantage au profit des deux pays? D’autant que dans son discours d’investiture, le président Bachar Assad a reconnu que “tout n’était pas parfait dans ces relations” et qu’il était nécessaire de les assainir.

“Le Cabinet, un lourd fardeau pour la démocratie”
(Ferzli dixit)

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Dans le cadre d’une interview télévisée, le vice-président de la Chambre, M. Elie Ferzli (notre photo) a tenu des propos ne pouvant émaner que d’un opposant au Cabinet haririen. “Je ne sens pas que le gouvernement existe, a-t-il affirmé, son action ne répondant pas aux souhaits et aux aspirations des citoyens, pour lesquels il constitue un lourd fardeau”.
M. Ferzli a, en conséquence, adjuré
le chef de l’Etat d’agir à l’effet de défendre notre système démocratique.

“En tant que citoyen, je ne sens pas que le gouvernement existe et, de plus, il constitue un lourd fardeau pour notre système démocratique... Des “fermes politiques” sévissent et le Conseil des ministres est dominé par des personnes qui confectionnent les lois à leur guise... Quant à la coopération entre les pôles du pouvoir, elle ne doit pas se faire aux dépens des institutions... A la Chambre, nous vivons un état d’impuissance, face à l’alliance de l’équilibre des forces... Pas de vie possible pour le Liban en dehors de l’idée constitutionnelle, juridique et institutionnelle... Le chef de l’Etat est la dernière ligne de défense pour la démocratie”.
Ces déclarations n’ont pas été faites par un membre de l’opposition, mais par le vice-président de la Chambre, M. Elie Ferzli, au cours d’une interview enregistrée dimanche dernier sur le plateau d’une chaîne de télévision, en l’occurrence la LBCI.
Le NÞ2 du parlement a émis d’autres réflexions, pour le moins surprenantes, venant de la part d’un personnage connu pour être proche du chef du Législatif et à un degré moindre, du président du Conseil.
D’aucuns pourraient attribuer cela au désappointement du vice-président de l’Assemblée, pour avoir été écarté in extremis de l’équipe gouvernementale, le “Cabinet des 30” où son nom avait été cité à un moment donné, comme le candidat probable au portefeuille des Affaires étrangères.
Cependant, M. Ferzli a très souvent adopté des attitudes témoignant de son réalisme et de son souci de défendre la vérité. Il l’a prouvé à maintes reprises: d’abord, lorsqu’il a présidé il y a un peu plus de deux ans, la commission parlementaire chargée d’enquêter sur l’affaire des “Puma”. En dépit des tentatives de certains milieux qui voulaient impliquer le président Amine Gemayel dans cette affaire, M. Ferzli a eu le courage de proclamer l’innocence de l’ancien chef de l’Etat.
Ensuite, quand le ministre de l’Intérieur a soutenu l’idée transformant le Liban en circonscription unique, il a été le premier à dénoncer cette “innovation” tendant, à son avis, “à exclure ou à marginaliser certaines fractions de la société libanaise”.
Puis, se prononçant en faveur d’un “pluralisme médiatique véritable”, il a dénoncé la fermeture de la MTV jugeant le report, par le tribunal des imprimés, de son arrêt jusqu’au 21 courant, comme une décision délibérée pour éviter d’éventuels remous que l’épilogue de cette affaire pourrait susciter au cours du IXème sommet de la francophonie...
Quant à la formation de la rencontre parlementaire de la concertation (RPC), il l’a justifiée comme suit: après le congrès maronite de Los Angeles et de certaines résolutions qui y ont été prises de nature à transgresser le consensus national, les députés maronites non affiliés à Kornet Chehwane, étaient forcés d’expliciter leur position, afin d’éviter à nos coreligionnaires de nouveaux ennuis.

Tous pour un, un pour tous

Dans le climat enfiévré où vivent les Libanais, propice à tous les excès et les débordements, les citoyens bien pensants, soucieux de l'avenir de leur pays, expriment le souhait et l'espoir de voir les sages parmi leurs compatriotes, en particulier ceux qui sont aux postes de commande, condamner le fanatisme et l'extrémisme et prêcher la modération et la tolérance, afin de protéger la patrie contre tant de dangers qui la menacent.
"La sagesse donne au sage plus de force que dix chefs de guerre réunis" (l'Ecclésiaste). Les dignitaires religieux reconnaissent la justesse de cette réflexion et sont prêts à agir aux fins de dissiper les dissensions qui sapent les fondements de la maison libanaise.
De fait, les chefs spirituels, toutes confessions confondues, parce qu'ils sont sincères et désintéressés plaident pour l'union. Après le cardinal Sfeir et cheikh Abdel-Amir Kabalan, vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Mohamed Kabbani, mufti de la République, a rompu le silence qu'il observait depuis un bon bout de temps, pour proclamer: "Le Liban est le pays de la concorde et ne peut survivre que par la modération. Tous les Libanais sont soucieux de sauvegarder leur patrie".
Les hommes politiques, pour des considérations qu'il n'est plus besoin de rappeler, étant incapables, semble-t-il, de renoncer à leurs jeux pernicieux, même s'ils devaient entraîner la nation à sa perte, les chefs spirituels des communautés nationales devraient prendre l'initiative d'une action salvatrice, à la faveur d'un sommet à tenir sans plus de retard...
... Sous le slogan consigné dans "Les trois mousquetaires" d'A. Dumas: "Tous pour un, un pour tous". Il n'y a pas un autre moyen pour prévenir la noyade collective et le naufrage".

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