Rendez-vous avec l’espace francophone
Au Salon “Lire en Français et en Musique” au Biel

La onzième édition du Salon “Lire en Français et en Musique” s’est donné rendez-vous, cette année, au Biel (Centre-Ville).

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M. Philippe Lecourtier prononçant son discours.

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Mme Lahoud et M. Lecourtier inaugurant le Salon en présence de MM. Baalbaki et Karam.

Organisée par la Mission culturelle française, en partenariat avec les librairies francophones, cette manifestation tant attendue par les jeunes et moins jeunes amoureux de la culture, succède au grand événement qu’a été le sommet de la francophonie à Beyrouth et met en relief la place culturelle de notre pays.
Elle a été inaugurée jeudi passée par la Première Libanaise, Mme Andrée Lahoud, en présence de MM. Philippe Lecourtier, ambassadeur de France; Frédéric Clavier, directeur de la Mission culturelle française; Mahmoud Joueidy, président de Biel; Melhem Karam et Mohamed Baalbaki, respectivement présidents des Ordres des journalistes et de la Presse; ainsi que d’écrivains et de représentants des médias.
Dans son allocution, M. Lecourtier a remercié Mme Lahoud de l’intérêt qu’elle porte à la culture et au dialogue des cultures. Il a indiqué que ce Salon devenu, au fil des années, le troisième Salon francophone au monde, après Paris et Montréal, accueille cinquante-trois auteurs français et plus d’une quinzaine d’écrivains francophones.

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Mme Andrée Lahoud au stand de “La Revue du Liban” entourée de MM. Melhem Karam, Philippe Lecourtier, du Dr Carma Karam et des rédacteurs.

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M. Philippe Lecourtier et Mme Andrée Lahoud faisant la tournée du Salon.

Le diplomate français s’est déclaré heureux de voir y participer vingt-sept écrivains libanais. Le Salon rend hommage à trois grands hommes de lettres: Gebran Khalil Gebran, Victor Hugo et Alexandre Dumas et est animé, chaque soir, par un café littéraire. Les intellectuels et les lecteurs sont au rendez-vous avec leurs auteurs préférés, lors des signatures d’ouvrages et des conférences.
Tout en faisant le tour des stands, Mme Lahoud a souhaité la bienvenue aux auteurs et penseurs venus de pays francophones et souligné l’importance de cette rencontre culturelle. Elle a félicité les organisateurs du Salon, ainsi que les librairies et maisons d’édition qui y participent, louant la production littéraire d’écrivains libanais francophones.
Fidèle à son habitude, “La Revue du Liban”, première revue francophone au Liban, occupe un espace du Salon pour accueillir ses lecteurs. M. Melhem Karam et l’équipe de la revue ont exprimé leur joie de voir se renouveler cette rencontre incontournable qui prouve notre attachement à la pensée et à la culture.
Le Salon prendra fin dimanche 10 novembre.

Premier prix du Festival international de la bande dessinée de Beyrouth
“Beyrouth catharsis”: Zeina Abi-Rached exorcise la guerre

Je suis née en 1981 à Beyrouth, dans une impasse. C’est par cette phrase significative à plus d’un égard que Zeina Abi-Rached, 21 ans, étudiante en publicité à l’Alba commence sa BD originale qui lui a valu le premier prix au festival international de la BD à Beyrouth.

Une BD qui n’a rien de Tintin, ni d’Astérix. Elle raconte une aventure, un vécu personnel très particulier. Car cette “impasse”, le Libanais l’a connue, “au propre comme au figuré”. Ces murs et ces barricades de sable qui obstruaient nos rues, notre horizon, notre ville et notre vie, l’auteur les a découverts très tôt. Trop tôt. Elle a à peine trois ans, quand elle réalise que derrière un mur, il y a la guerre, mais cette guerre pour elle, “c’était les indiens avec des plumes, des arcs et des flèches”, qui ne l’impressionnaient pas trop.

CONSONANCE PSYCHANALYTIQUE
“Beyrouth catharsis”: ce titre à consonance psychanalytique, est une réaction de libération d’affects longtemps refoulés dans le subconscient. Car ce mur que Zeina croyait avoir oublié à jamais, enfoui au fond de sa mémoire, resurgit soudain lors d’un travail académique, dans le cadre d’un atelier de recherche. Elle constate que ce mur, bien qu’aujourd’hui tombé, demeurait érigé dans sa tête d’enfant, que seul ce projet a réussi à exorciser.
Livret d’une vingtaine de pages en noir et blanc, paru aux éditions de l’imprimerie Naccache, “Beyrouth catharsis” relate avec simplicité et sobriété, une étape, une ville, une vie à travers des dessins en case, un texte très sensible et senti à la fois, étonnant de maturité naïve.
C’est Yvan Delporte, ancien rédacteur en chef de la revue “Spirou” et scénariste des “Schtroumpfs”, qui lui a remis son prix, visiblement fort impressionné par son génie créatif et son regard neuf.
Samedi 9 novembre, Zeina Abi-Rached signera son mini-ouvrage dans le cadre du salon “Lire en français et en musique” 2002. Il est déjà disponible à la Maison du Livre. Bonne chance à notre bédéiste en herbe qui ne s’arrêtera sûrement pas en si bon chemin!

N.El-K.N
Conférence d’Alexandre Najjar: “Gibran à Paris (1908-1910)”

photoDans le cadre d’un hommage collectif rendu à Gibran Khalil Gibran, avec pour toile de fond certaines de ses œuvres picturales prêtées par le musée Gibran à Bécharré et accompagné de projections, Alexandre Najjar, a rappelé le séjour parisien de Gibran Khalil Gibran auquel il vient de consacrer un ouvrage édité chez Pygmalion.

“Paris au début du siècle, a-t-il rappelé, est un rêve pour les artistes du monde entier: la Ville-Lumière est une source intarissable d’espérance créatrice; elle sollicite et réveille les sens, affine la perception esthétique, cultive et instruit... Gibran y débarque le 13 juillet 1908 et assiste avec émerveillement aux festivités qui accompagnent la commémoration de la prise de la Bastille”. Installé dans un studio de Montparnasse au 14, rue du Maine, Gibran (né le 6 janvier 1883) poursuit son apprentissage pictural et fréquente l’Académie Julian, l’Ecole des Beaux-Arts, l’Académie Colarossi et fait tandem avec le sculpteur Youssef Hoayek. Il fréquente les musées, s’attarde devant les grands artistes et écrivains et réussit à exposer l’une de ses œuvres au Salon de Printemps où il rencontre le sculpteur Auguste Rodin. Il boit la vie à pleines gorgées, multiplie les rencontres, les sorties, écrit et publie des poèmes et “ébauche le projet d’un roman qui vise à démontrer que l’homme où qu’il se trouve, peut entrer en contact avec Dieu, sans avoir recours aux temples et aux prêtres et que la source de toutes les religions est une”.
Gibran s’intéresse un moment à la politique, fréquente les militants nationalistes et se demande après une visite à l’Institut Pasteur si “l’homme de science (ne) surpasse (pas) l’homme de lettres et l’artiste”. Il fait également un saut à Londres en compagnie d’Amine Rihani.
De retour à Boston, il écrira une lettre nostalgique à son ami Youssef Hoayek: “Heureux celui qui possède un coin de terre à Paris. Heureux celui qui peut se promener le long des quais de la Seine et fouiller dans les étals des bouquinistes, à la recherche de vieux livres et de dessins. Ici, dans cette ville (Boston), je ne suis pas heureux (...) Souviens-toi de moi au Louvre devant la déesse de la Victoire. Mes hommages à Mona Lisa.”
Wahib Keyrouz, conservateur du musée Gibran à Bécharré, a présenté à la fin de l’intervention d’Alexandre Najjar, les œuvres picturales de Gibran suivi d’une récitation de textes par Rafic Saadé.

Ev.M
“Le Québec, l’Amérique en français”, de Zeina el-Tibi

Après “La Francophonie et le dialogue des cultures” qu’elle a fait paraître en 2001, notre collaboratrice, Zeina el-Tibi publie un nouvel ouvrage consacré au Québec et à l’Amérique française.

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M. Charles Saint-Prot, Mme Zeina el-Tibi,
MM. Melhem et Saër Karam.

Au cours des dernières années, Zeina el-Tibi a fait de nombreux reportages au Québec pour “La Revue du Liban”. Elle a rencontré les principales personnalités politiques, des responsables des milieux économiques, des universitaires, des écrivains et des Québécois de tous les milieux. Elle est, sans nul doute, l’une des spécialistes de ce grand pays d’Amérique du Nord et le livre qu’elle consacre au Québec est un document de première importance.
Zeina el-Tibi a présenté son livre en avant-première lors du Salon du Livre de Beyrouth. “Le Québec, l’Amérique en français” qui a été publié en France par les éditions Idlivre (www.idlivre.com) et est diffusé au Liban par la librairie Sélection.

Un pays à découvrir
“Trop souvent, le Québec reste mal connu. Pourtant, c’est un peuple qui mérite que l’on s’intéresse à lui, à son Histoire, à sa longue lutte pour la survivance et à son combat pour ses libertés et la reconnaissance de sa société distincte. Depuis plus de quatre siècles, le Québec a construit sa personnalité. Une nation québécoise, dont la langue française est le ciment, s’est constituée, à la fois héritière de ses origines françaises et marquée par son environnement américain”. C’est, précisément, à la découverte de cette nation qu’invite son livre. C’est un ouvrage de référence sur le Québec, d’autant plus utile, qu’il comble un vide puisqu’il n’existait plus aucun ouvrage sur la question. Il offre un accès pratique à toutes les informations essentielles sur ce pays: son Histoire, sa population, ses institutions, son rayonnement international tant culturel qu’économique et technologique. L’auteur montre comment le Québec tient une place à part au sein de l’Amérique du Nord et définit son statut géopolitique confronté à des contraintes multiples.
Ce livre vient rappeler que, “dans l’immense partie septentrionale du nouveau continent, enveloppé par trois centaines de millions d’Anglo-saxons, le peuple québécois a su préserver sa langue, son âme, son identité et sa spécificité francophone au point de faire naître une civilisation”.
Son auteur retrace l’aventure d’un peuple qui a su, avec un courage tranquille, construire une société démocratique et de libertés, développer sa propre civilisation franco-américaine, créer son modèle, très différent de ses voisins anglo-saxons et, finalement, s’arrimer à la modernité au point d’être aujourd’hui un pays très en avance sur le plan des nouvelles technologies.

Un pays accueillant et tolérant
Plusieurs centaines de milliers de Libanais sont installés au Québec où ils se sont bien intégrés et font montre de l’habituel dynamisme de notre peuple dans tous les secteurs de la société. De plus en plus d’étudiants libanais choisissent, également, d’étudier au Québec. Zeina el-Tibi a recueilli de nombreux témoignages de Libano-québécois qui expriment leur satisfaction de vivre au sein d‘une société tolérante et accueillante qui, sur le continent nord-américain, est plus ouverte au monde arabe. Elle précise que la nation québécoise a développé des capacités d’intégration assez phénoménales et note qu’après les attaques contre New York et Washington, le 11 septembre 2001, les Québécois n’ont pas sombré dans l’hystérie anti-arabe qui a saisi leurs voisins des Etats-Unis ou, à un degré moindre, ceux du Canada. “Ils ont su raison garder, sans faire d’amalgame. Il est incontestable que la société québécoise joue le jeu de l’intégration et que la balle est dans le camp des immigrés qui ont librement choisi de s’installer au Québec.

Article paru dans "La Revue du Liban" N° 3870 - Du 9 Au 16 Novembre 2002
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