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Nouveau style présidentiel
dans l’inspection des projets
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Békaa: la grogne des agriculteurs
et le personnel réduit de Baalbeck
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Même en pleines vacances,
Baabda et Koraytem ne chôment pas...
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Les martyrs de la Presse
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Par Edouard BASSIL
Nouveau style présidentiel
dans l’inspection des projets

Photo Le chef de l’Etat innove dans sa manière de s’enquérir de l’état des projets en cours d’exécution ou de la bonne marche des services officiels. Au début du mois, il a fait une descente inopinée au siège de l’EDL. Dimanche dernier, il a entrepris une tournée d’inspection au Kesrouan l’ayant mené de Chabrouh, où un barrage est en cours de construction en haute montagne et sur le littoral de Dbayé, où le retard dans l’aménagement d’un échangeur, cause des embouteillages monstres.

Depuis le début du mois, le chef de l’Etat a inauguré un nouveau style dans la manière de gérer les affaires publiques, en inspectant, personnellement, les travaux et les projets en cours d’exécution, afin de s’assurer qu’ils seront achevés dans les détais prévus.
Le président de la République tient, désormais, à s’assurer, en personne, de la bonne marche de l’administration publique et a entamé sa nouvelle tactique en effectuant une “descente” au siège de l’Electricité du Liban, pour se faire une idée exacte des causes qui empêchent les services officiels de bien fonctionner. Sa visite inopinée à l’EDL lui a permis de toucher du doigt l’état de l’office dans son ensemble et, aussi, l’absence de plusieurs ronds-de-cuir à une heure de pointe. Il semble que les explications qui lui ont été fournies sur les raisons d’un tel absentéisme, ne l’aient pas trop convaincu...
Dimanche dernier, le président Lahoud accompagné du commandant de la garde présidentielle, a entrepris une tournée sur le terrain dans plusieurs zones du Kesrouan. Il s’est attardé dans la région de Chabrouh où est construit un barrage, examinant les plans du chantier et se renseignant sur les différentes étapes d’exécution. Il a tenu, surtout, à savoir si ces dernières et les délais fixés pour la fin des travaux allaient être rigoureusement respectés.
Rappelons que le barrage de Chabrouh dont le président Lahoud a posé la première pierre l’été dernier, devra être achevé, en principe, fin octobre 2004 et constitue la première phase d’un plan décennal prévoyant la construction de nombreux barrages et lacs artificiels. Ces ouvrages auront pour avantage de retenir les ressources hydrauliques du pays, de dynamiser l’agriculture et de permettre la production de l’énergie électrique, par l’installation d’usines thermiques. Si ce barrage avait été construit depuis qu’on en parle, il y a près de quarante ans, les pénuries du courant dont pâtissent les citoyens auraient pu être évitées.
Le Premier Libanais s’est arrêté, d’autre part, à Zouk Mousbeh où la lenteur mise à construire un échangeur rend la circulation automobile difficile ces dernières semaines. Les citoyens arrivent à leurs bureaux avec plus de deux heures de retard, à cause des embouteillages monstres qui se produisent dans ce secteur, notamment le long du tronçon de la route reliant Dbayé à Jounieh.
Le président Lahoud a réprimandé les entrepreneurs et exigé l’achèvement de l’échangeur sans plus de retard.
“Je veux, leur a-t-il dit, que les citoyens puissent emprunter le nouveau pont avant la fin de l’année”.
On peut être sûr et certain que la société concernée s’exécutera et que le CDR, à qui incombe la tâche de contrôler la réalisation de pareils projets, accomplira son devoir...

Békaa: la grogne des agriculteurs
et le personnel réduit de Baalbeck

PhotoLa grogne des agriculteurs de la Békaa et des producteurs de pommes bécharriotes qui ne parviennent pas à écouler leurs récoltes, a contraint M. Ali Hassan Khalil, ministre de l’Agriculture (notre photo) à prendre le ferme engagement “de réviser l’agenda établi avec la Jordanie et d’autres pays arabes, en vue d’une règlementation plus équitable et rationnelle de l’écoulement des produits de la terre.

Deux faits ont retenu notre attention durant le dernier week-end: la grogne des agriculteurs de la Békaa et du personnel, extrêmement réduit, affecté au gardiennage et à l’entretien des ruines de l’ancienne Héliopolis.
En ce qui concerne le premier point, il y a lieu de constater que les plaintes des travailleurs de la terre békaaiotes, autant que les producteurs de fruits et légumes, n’ont jamais été autant nombreuses que depuis la prise en charge du portefeuille de l’Agriculture par deux titulaires originaires de ce district.
L’avant-dernier fait l’objet d’une enquête, suite aux accusations portées contre lui par un député de la même circonscription devenu membre de l’actuel Cabinet.
Il est accusé, en même temps que son successeur, “d’avoir marginalisé” les agriculteurs, producteurs de fruits et légumes, pour n’avoir pas joint des personnes les représentant, à la délégation officielle ayant mené des pourparlers à Amman qui ont débouché sur une convention règlementant l’écoulement des produits de la terre sur les marchés libanais et jordanien. Cette délégation comptait parmi ses membres des délégués de l’Association des commerçants... mais non des principaux intéressés, à savoir: les agriculteurs.
De ce fait, le secteur agricole libanais n’a pas profité, comme il se doit, de ladite convention bipartite. Nos fruits et légumes - les pommes de terre notamment - sont acheminés vers les dépôts et non vers la Jordanie ou d’autres marchés arabes. En signe de protestation, les producteurs locaux ont observé dimanche un sit-in qui a bloqué le trafic routier durant plusieurs heures...
Le second sujet ne manque pas de surprendre, étant donné son étrangeté. Nous avons appris que vingt employés et ouvriers - au lieu de 250 auparavant - assurent le gardiennage et les travaux d’entretien des ruines de Baalbeck. Ils ne seront plus que dix-huit d’ici à quelques mois, deux parmi eux devant être admis à faire valoir leur droit à la retraite.
Comment est-il possible à un personnel aussi restreint de veiller au bon maintien des temples de Bacchus et de Jupiter, surtout durant le festival international de Baalbeck étant donné l’affluence des festivaliers, laquelle nécessite plus d’attention et d’efforts.
D’autant que l’aménagement d’un musée archéologique dans l’enceinte des ruines, requiert un travail permanent, puisqu’il doit accueillir les visiteurs durant toute l’année.
Les Baalbackiotes ont, également, protesté contre cet état de choses et s’interrogent sur le principal responsable de cette anomalie.
Nous nous demandons avec eux: qui est en charge des ruines de cette localité, considérée comme patrimoine national et international: est-ce le ministère de la Culture ou celui du Tourisme? Quel qu’il soit, il est tenu d’agir sans plus de retard; le plus tôt sera le mieux.

Même en pleines vacances,
Baabda et Koraytem ne chôment pas...

PhotoLes vacances politico-parlementaires qui prendront fin début septembre, n’empêchent pas les chefs de l’Etat et du gouvernement de s’activer, à l’effet de solutionner tant de problèmes requérant des solutions urgentes. Ainsi, le président Lahoud poursuit sa croisade en faveur de la réforme administrative. M. Rafic Hariri, lui, a quitté la Sardaigne pour des visites de travail qu’il a effectuées à Paris et au Kazakhstan.

Interrompant ses vacances en Sardaigne, le chef du gouvernement a gagné mardi la capitale française où il a été reçu, pendant deux heures et quart par le président Jacques Chirac.
En quittant le palais de l’Elysée, le président Rafic Hariri a laissé entendre qu’une nouvelle conférence des pays donateurs (Paris III) pourrait se tenir à une date non encore fixée, avant d’ajouter: “Tout dépend du Liban et de son application des engagements qu’il a pris lors de Paris II”. Sans en préciser, toutefois, la teneur...
Il a révélé, aussi, que son entretien avec le chef de l’Etat français avait, également, porté sur la conjoncture régionale, sous l’angle de ses répercussions sur le Liban et la Syrie. Ainsi que sur la situation en Irak et la nécessité de confier un plus grand rôle aux Nations unies au double plan de la pacification du pays et de sa reconstruction.
Puis, M. Hariri s’est rendu au Kazakhstan où il devait s’entretenir avec les responsables durant deux jours (mercredi et jeudi) de sujets dont il n’a pas spécifié la nature...
On peut donc dire que, même durant ses vacances où il est censé prendre du repos, le Premier ministre continue à œuvrer sans répit, par la force de l’habitude. Tout en restant éloigné, momentanément, des dossiers locaux faisant l’objet de litiges, celui de l’EDL en tête que le ministre de l’Energie et de l’Eau n’a pas encore réussi à engager sur la bonne voie. En ce qui a trait, surtout, à l’achat du fuel oil en quantités suffisantes afin de prévenir un nouveau rationnement plus rigoureux du courant.
Du moins dans certains districts - le Nord et la Békaa, notamment - ce qui a suscité une vive réaction de la part du vice-président de la Chambre, lequel a demandé que soit reconsidérée la décision “discriminatoire” de l’EDL de fournir aux Nordistes et aux Békaaiotes quatre heures d’électricité, entrecoupées par huit heures de coupure.
Pendant ce temps, le chef de l’Etat poursuit sa campagne en faveur de la relance de la réforme. De fait, il a promis de nouvelles initiatives décisives de la part du Conseil des ministres, quand il recommencera à siéger à partir du 4 septembre.
“Des dossiers délicats et sensibles doivent être rouverts et examinés avec responsabilité”, a dit le président Lahoud au président de l’Ordre des journalistes. Et d’affirmer: “Le pays vivra un état de réforme avancé, qu’il sera difficile de stopper, comme ce fut le cas précédemment. Je n’accepte pas que le Liban perde au plan économique, ce qu’il a gagné au plan politique et sécuritaire” (lire ailleurs les prises de position présidentielles).

***

Quant à l’élection partielle de Baabda-Aley, la bataille s’échauffe au fur et à mesure qu’on approche de la date du scrutin - le 14 septembre - trois candidats étant en lice: MM. Henri Hélou, Hikmat Dib et Imad Hajj.
Se présentant comme le candidat de la modération, M. Hélou taxe son principal rival, M. Dib, d’extrémisme et lui trouve les “défauts politiques” de son mentor et parrain, le général Michel Aoun.

Les martyrs de la Presse

L’affaire de Zahra Kazimi, journaliste irano-canadienne, qui a succombé à une fracture du crâne occasionnée au cours de son interrogatoire à Téhéran, continue à défrayer la chronique politico-judiciaire en Iran, plusieurs semaines après son décès.
La publication d’un rapport exigé par le président Mohamed Khatami, a confirmé la version du décès telle que présentée par les réformateurs; aussi, le chef de l’Etat iranien relance-t-il l’enquête afin de déterminer les responsabilités. Affaire à suivre.
De son côté, la Presse arabe, par la voix de sa fédération (FJA), a dénoncé le fait pour les forces américaines d’occupation, d’avoir ajouté un nouveau nom - le 20ème - à la liste des confrères martyrs en Irak. Mazen Dahna a été tué au moment où il accomplissait son devoir professionnel à Bagdad.
Dans une déclaration diffusée au Caire, MM. Ibrahim Nafeh, président de la FJA; Melhem Karam, vice-président; Salaheddine Hafez, secrétaire général et Mohamed Baalbaki, président de l’Ordre de la Presse libanaise, ont stigmatisé ce crime, “pareil à ceux que la soldatesque israélienne commet en Palestine”.
Dans un message adressé à M. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, la FJA lui demande “de condamner les crimes perpétrés contre les populations civiles, en général et contre les journalistes, en particulier”.
Elle réprouve, également, l’attentat à l’explosif contre le siège de l’ONU à Bagdad, le qualifiant de “crime terroriste ayant pour but de neutraliser le rôle de l’organisation internationale que nous nous employons tous à réactiver, pour en faire le substitut au rôle de l’occupation”.
Nous terminerons par cette réflexion de lord Byron: “... Les martyrs sauvent leur patrie et ouvrent l’aile de la liberté à tous les vents”.
Paix à leur âme.

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