Joanna Seïkaly à l’Espace SD: “Color your Mind”

L’espace SD organise une exposition des dernières œuvres du jeune peintre, Joanna Seïkaly, sous le titre: “Color your Mind”. A travers ses peintures, Joanna Seïkaly prétend vouloir rendre hommage à Picasso qu’elle admire et considère comme le plus grand génie de son temps.

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Les œuvres exposées s’articulent autour de quelques thèmes traités par Picasso. Malheureusement, les trouvailles graphiques et picturales du grand maître sont reprises par Joanna avec servilité et d’une façon malhabile.

L’EXPRESSIONNISME CHEZ PICASSO LIÉ À SON ORIGINE ESPAGNOLE
Or, il y a presque un siècle, en 1908, Picasso s’est engagé dans cette conquête fulgurante de terres inconnues que représente l’aventure cubiste. Désormais, l’artiste réinvente la forme. Il crée, librement, des objets et des êtres, rend compte de la réalité, mais en la détruisant et en lui substituant une réalité subjective autonome, absolue. Le tableau devient une œuvre en soi n’ayant aucune autre référence qu’elle-même.

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Le langage expressionniste de Picasso est directement lié à son origine espagnole et à la tragédie qui ensanglante sa patrie. Chaque œuvre est un cri jaillissant du fond du cœur. La transcription plastique du tragique, du burlesque, de l’ironie, du sarcasme, de la palpitation de la vie et de la mort, un tumulte de pensées et de sentiments, s’expriment dans ses compositions avec une intensité qui allie avec bonheur l’élégance et le monstrueux pour aboutir à la créativité.
A prendre une vue d’ensemble des peintures exposées, on s’aperçoit qu’il est difficile de retrouver dans la transcription picturale un procédé portant la marque du grand maître.
Partout, il s’agit d’emprunts superficiels à l’œuvre de Picasso, de pastiches fragmentaires et mal assimilés.
L’art, quand “art” il y a, est représentatif d’une individualité et doit être autonome, “un monde en soi”.

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Imiter Picasso, sous prétexte de lui rendre hommage, se limite à un “exercice de style”. Aussi, me paraît-il délicat de porter un jugement sur le talent de Joanna Seïkaly à partir des œuvres exposées à l’Espace SD. Le jugement deviendrait, alors, un acte prémonitoire plaçant le critique d’art dans une situation critique, celle du médium qui tente de capter le potentiel créatif de l’exposant pour établir un jugement à partir d’interrogations, d’intuitions et d’amorces de réponses. L’exactitude ne pourra se vérifier que, par la suite, lors d’une exposition personnelle d’œuvres traduisant le langage plastique de l’artiste.

Par Nicole MALHAMÉ HARFOUCHE
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