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150 œuvres exposées au Musée du Luxembourg, dessinent le visage de l’art moderne.
Francis Bacon.
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Albert Marquet.
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“Moi! Autoportraits du XXème siècle” poursuit, en quelque sorte, la fameuse collection des autoportraits commencée par Léopold de Médicis, qui orne désormais aux Offices, le corridor Vasari.
Elle ira, d’ailleurs, tout naturellement à Florence, après son étape parisienne.
A travers le thème de l’autoportrait, le pu-blic le moins familier avec les évolutions artistiques des dernières décennies, peut mieux comprendre les continuités et les ruptures de l’art contemporain, comme l’évolution d’un siècle tourmenté.
Cette floraison exceptionnelle d’autoportraits est une fête, un jaillissement créatif très particulier.
Un panthéon, d’abord, des noms les plus connus de ce siècle: Francis Bacon, Baselitz, Dali, Ensor, Mondrian, César, Klee, Léger, Van Dongen, Vuillard, Derain, Dubuffet, Hartung, Buffet, Oldenburg, Nussbaum de Chirico, Bellmer, Degas, Vlaminck, Rockwell….
Cette manifestation est un spectacle réussi, par un parti pris délibéré d’accumulation, de la diversité du siècle, des regards et des points de vue.
Autoportraits en atelier, de dos, de face, à l’envers, au miroir, photographiques, abstraits, figuratifs, c’est toute la réflexion de l’artiste sur son œuvre, sur l’Histoire, sur notre propre identité qui éclate à chaque pas du parcours.
Juan Gardenas.
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Bernard Buffet.
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Vitrine magique de tous les “moi”, quels mystères essayaient de percer ces artistes?
A quelles confrontations se sont-ils essayés et qu’ont-ils interrogé en scrutant leurs traits dans le miroir?
L’autoportrait reste un territoire dont aucune science n’est parvenue à élucider le mystère: l’humanité.
Lorsqu’il est aux prises avec lui-même, l’artiste doit résoudre sa propre inéquation entre apparence et vérité.
Qui est-il? Celui qu’il croit être ou celui que les autres voient?
Le problème de l’autoportrait du XXème siècle répond à l’étonnement de Cioran: “Chacun de nous, sa vie durant, ne cesse de s’étonner d’être, précisément, celui qu’il est. Le drame de l’unicité est inépuisable et insoluble…”
Alors, pourquoi se priver d’expressions qui modifient les traits comme pour mieux cacher l’indicible? Ou révéler l’essentiel en restant indéchiffrable?
Les pièces les plus inédites de l’exposition sont au compte de cent cinquante œuvres et, parmi elles, on peut découvrir entre autres, un rarissime autoportrait de Gaston Chaissac ou de Max Ernst offert à André Breton dans les années 20, qui vient de resurgir lors de la vente aux enchères Breton de l’an dernier.
Jean-Charles Blais.
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Kees Van Dongen.
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POINTS FORTS DE L’EXPOSITION
L’un des points forts de l’exposition est de présenter le foisonnement des techniques employées par les artistes pour cette forme d’art. Ceci se constate dans tous les domaines de l’expression artistique et l’autoportrait en fait partie.
Au fil de la visite dans les salles du musée, on passe de la technique “poubelle”, de l’”Autoportrait robot” d’Arman, à la technique projection de photographie sur des carreaux de faïence chez Jean-Pierre Raynaud, sans perdre de vue les techniques traditionnelles de la pointe sèche, de la li-thographie, la photographie et toutes les variations techniques; parfois, des mélanges entre photographie, dessin, pastel.
La seule technique qui n’apparaît pas ici, est celle de la vidéo, pourtant un art du temps au même titre que le cinéma, le théâtre ou la littérature. Tous se posent la question.
L’artiste se donne à voir, mais il livre beaucoup plus.
Dans l’autoportrait, il confie son point de vue sur son art et sur lui-même.
Sujet et objet, il se soumet à son propre regard, à sa touche, à sa palette.
Loin d’être un exercice de pure vanité, un miroir sublimant, l’œuvre peut être une expression d’humilité.
C’est, aussi, pour les artistes un champ de libre expérimentation. Dans ce face-à-face sans fard, le peintre découvre son ennemi le plus perfide.
Il se regarde et parfois se combat lui-même.
Mais d’une toile à l’autre, c’est toujours sa vie qu’il met en scène.
Ainsi, l’autoportrait est un exercice, un manifeste ou une échappée initiatique, sinon comment comprendre que Derain puisse, à cinquante ans d’intervalle, se peindre?
Il cherche en lui “l’absolue peinture”. Donc la liberté.
“Personne ne peut dicter ma conduite ou me guider”, disait Man Ray.
“On peut me critiquer après coup, mais ce sera trop tard. Le travail sera fait. J’aurai goûté à la liberté. C’était une rude tâche, mais cela en valait vraiment la peine”.
Ben ne sait-il pas non plus: “Prenez n’importe quel tableau, si vous grattez un peu la peinture, il y aura toujours écrit: Regardez-moi. Cela suffit!”
Au musée du Luxembourg sont donc exposées des œuvres d’artistes qui n’avaient rien en commun, de tous les mouvements, de toutes les écoles.
Seul point commun: l’autoportrait.
Alors un constat s’impose et de se dire que, si l’autoportrait devait disparaître de l’art, cela signifierait que l’homme aurait perdu conscience de lui-même. |