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Affaire Hariri:
Assad s’adresse à Mehlis dans sa langue...
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“Attentat du siècle”: la Justice réhabilitée
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Liban d’outre-mer:
puisse “Lebanese Dream” n’être pas un rêve!
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Rumeurs obsédantes...
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Par Edouard BASSIL
Affaire Hariri:
Assad s’adresse à Mehlis dans sa langue...

PhotoL’affaire Hariri a connu, cette semaine, un développement dramatique: il a consisté en l’émission de mandats d’amener contre six anciens responsables des organismes de sécurité impliqués dans “l’attentat du siècle”. Ce qui réjouit les Libanais et les rassure, c’est surtout, le fait pour la Justice d’avoir été réhabilitée.

Le rapport préliminaire de M. Detlev Mehlis sur l’assassinat du président Rafic Hariri a d’autant surpris et bouleversé l’opinion internationale, que son auteur y a fait état “du manque de coopération de Damas”, ce qui a retardé l’aboutissement des investigations en cours et nécessité la poursuite de la mission du ma-gistrat allemand, celui-ci devant remettre son rapport final au secrétaire général de l’ONU vers la mi-septembre.
Cependant et suite aux nouvelles pressions internationales, le chef de l’Etat syrien s’est adressé à M. Mehlis dans sa langue maternelle, en accordant au “Der Spiegel” une interview, dans laquelle il affirme: “être prêt à poursuivre la coopération avec la commission internationale d’enquête”.
Il a fait suivre sa promesse par l’action. En effet, deux diplomates syriens ont eu vendredi dernier un entretien avec M. Mehlis à Genève - selon une autre source, la rencontre aurait eu lieu à Vienne, mais les observateurs ont fait remarquer que “Damas devrait faire davantage” et ne pas se limiter à envoyer de simples fonctionnaires auprès du chef des enquêteurs de l’ONU. De son côté, M. Saad Hariri appelait “les pays frères et amis du Liban à une coopération maximale pour faire éclater la vérité”...
La réponse du président Bachar Assad est claire: “Il est de mon intérêt et de celui de la Syrie de coopérer”, avant d’ajouter: “Je ne doute pas de l’innocence de mon pays dans ce crime, car un attentat d’une telle ampleur, exige la coopération de maintes institutions et services de renseignements. Si la Syrie y avait été impliquée, je l’aurais su”.
La question est maintenant de savoir comment et où M. Mehlis engagera le dialogue avec des responsables des S.R. damascènes. On présume qu’à la lumière des éléments qu’il a recueillis des deux diplomates syriens, le président de la commission internationale jugera de la manière dont il relancera son enquête sur les bords du Barada.
Mais il y a plus grave encore; c’est le fait pour le vice-président du Conseil supérieur chiite d’avoir dans son dernier prêche du vendredi, qualifié M. Mehlis “d’ami du sionisme téléguidé par ceux qui l’ont placé à ce poste et lui ont confié sa mission”.
Les propos de cheikh Abdel-Amir Kabalan ont d’autant surpris, qu’il est connu pour sa pondération. Aussi, attendait-on une mise au point de sa part, qui n’a pas tardé à venir. De fait, son bureau médiatique a diffusé un communiqué pour préciser que cheikh Kabalan se faisait l’écho de ce que colportent les gens, dont les propos ne traduisent pas son opinion personnelle, “De plus, ajoute-t-il, ne connaissant pas le juge Mehlis, il ne peut porter sur lui aucun jugement”.
Voilà ce qui remet les choses au clair et dissipe le climat malsain que les paroles attribuées par certains médias au vice-président du CSC avaient suscité dans certains milieux, dont le souci est de discréditer le magistrat allemand, lequel s’est distingué jusqu’ici par sa crédibilité et sa discrétion.

“Attentat du siècle”: la Justice réhabilitée

PhotoLa Syrie ayant été blâmée de ne pas coopérer avec la commission internationale d’enquête, le président Bachar Assad a répondu à M. Detlev Mehlis dans sa langue, à travers une interview accordée au “Der Spiegel”, assurant qu’il est disposé à faciliter la tâche des enquêteurs.

Du jamais vu au Liban et, sans doute, dans le monde arabe; les grands manitous de la République mis aux arrêts, en vertu de mandats d’amener émis à la demande du président de la Commission internationale chargée d’enquêter sur l’assassinat du président Rafic Hariri.
Moins d’une semaine après avoir présenté son rapport préliminaire au secrétaire général des Nations unies et quelques semaines avant de lui remettre son rapport final, consignant les résultats de ses investigations, M. Detlev Mehlis a donné un grand coup et sa mission connaît un développement dramatique.
Cinq hauts responsables des orga-nismes sécuritaires sont conduits manu militari sous forte escorte au siège de la commission d’enquête à Monte Verde, après une descente dans leurs domiciles respectifs.
Un sixième personnage sur qui pèsent, également, des soupçons, en l’occurrence un ancien député, précédemment, radié du bloc parlementaire haririen - il se trouvait, par hasard, à Damas - est revenu dare dare des bords du Barada pour se mettre à la disposition des enquêteurs... En se disant surpris de sa convocation!
Ainsi, les six prévenus ont passé la nuit à Monte Verde, avant d’être livrés le lendemain aux autorités judiciaires libanaises, qui devaient prendre à leur encontre les mesures adéquates: les inculquer et les conduire en prison ou les élargir après avoir prouvé leur innocence.
D’ailleurs, on peut “les considérer comme innocents jusqu’à preuve du contraire”, ainsi que l’a observé le chef de l’Etat, en prenant la défense du chef de la Garde présidentielle, le qualifiant de “l’un des meilleurs officiers de l’Armée libanaise ayant toujours donné la preuve de sa crédibilité et de son esprit de discipline”.
Il va sans dire que les six mandats d’amener ont produit un choc émotionnel dans l’opinion publique; que serait-ce s’ils étaient suivis par des mandats d’écrou?
Mais ce qui réjouit le plus les Libanais et les rassure c’est, surtout, la réhabilitation de la magistrature à qui incombe de nouveau la tâche combien délicate, d’engager des poursuites contre les gens sur qui pèsent des soupçons ou reconnus coupables de quelque méfait.
Ceci étant, on peut penser que l’idée de confier à une juridiction internationale le soin de juger et de condamner les auteurs du crime du 14 février, sera abandonnée, la Justice libanaise étant apte à s’acquitter de sa mission, dès le moment où elle cesse d’être objet de pressions de toutes sortes et afranchie de toute interférence, quelle qu’en soit la nature.

Liban d’outre-mer:
puisse “Lebanese Dream” n’être pas un rêve!

PhotoUne association formée de Libanais d’outre-mer, a pris l’initiative d’une action intensive destinée à assurer une participation effective de la dispora libanaise à la vie nationale, par le biais, des élections. Puisse l’idée de la “Lebanese Dream” n’être pas un rêve!

Parmi les propositions que la “commission Boutros”, chargée d’élaborer le nouveau code électoral, aura à débattre, celle de la “Lebanese Dream” lui donnera, sans doute, du fil à retordre.
C’est une association civile, neutre et apolitique, ayant pour objectif, autant innovateur qu’ambitieux, d’organiser pour la première fois des élections à l’intention des Libanais vivant à l’étranger, pour prouver qu’une telle opération n’était nullement complexe, comme beaucoup de résidents l’imaginent.
Elle a réussi son pari en orga-nisant, le 3 juillet dernier à Paris, un scrutin pour faire élire, à titre symbolique, des représentants de la communauté libanaise en fonction de leur domaine d’expertise et abstraction faite de leur affiliation communautaire et politique.
Après cette première expérience, “Lebanese Dream” a décidé de se structurer en association et s’est fixé comme but prioritaire, de présenter à la “commission Boutros” dans le délai d’un mois, un projet de loi électorale habilitant les Libanais de la diaspora à participer à la vie politique dans la mère-patrie, à travers le processus du vote.
Il lui faudra, aussi, sensibiliser les émigrés libanais vis-à-vis de leurs devoirs civiques.
L’association, formée d’avocats, de chercheurs et de chefs d’entreprises s’emploie, actuellement, à assurer les moyens de financer ses activités et de l’étendre aux pays d’émigration.
A court terme, “Lebanese Dream” se préoccupe d’intensifier les rapports entre les Libanais de l’étranger et les ambassades ou consulats du Liban; de renforcer les relations avec la Presse et les médias audiovisuels en vue d’une “campagne d’éveil et de la propagation de ses objectifs”.
Puisse son appellation - “Rêve libanais” - ne pas atténuer l’importance ni l’efficacité de ce groupe, dont l’initiative a été prise par de jeunes compatriotes ayant fait leurs études dans différentes grandes écoles, entre autres le président de l’Association des anciens élèves du Collège Notre-Dame de Jamhour en France et en Europe (Nicolas Chikhani).
Car les Libanais résidents désirent, ardemment, que le projet mentionné ne soit pas un rêve et devienne une réalité dans le plus bref délai possible.
Naturellement, il importe que le Pouvoir central et, en tout premier lieu, le ministère des Affaires étrangères et des émigrés donnent un bon coup de main à ses promoteurs, pour concrétiser ce rêve; le plus tôt serait le mieux.

Rumeurs obsédantes...

Au fur et à mesure qu’approche l’expiration du délai que s’est accordé Detlev Mehlis, pour présenter son rapport définitif au secrétaire général de l’ONU sur l’assassinat du président Rafic Hariri, des rumeurs persistantes sont propagées, semant une peur obsédante quant aux réactions que cet important document pourrait provoquer sur le plan local.
Une phobie se propage, sorte de peur obsédante doublée d’angoisse, laissant craindre une nouvelle série d’attentats, dont seraient victimes des personnalités politiques et même des chefs spirituels.
On parle même de “listes de la mort” sur lesquelles figurent des ministres, des parlementaires et des chefs de partis, ainsi que de départs précipités de quelques-uns de ces derniers pour l’étranger où, en fait, ils se rendent à l’effet de s’y soumettre à un check-up ou d’y subir quelqu’intervention chirurgivale.
On fait état, aussi, de l’apparition de bâtiments de la flotte US au large de Tripoli, dont un sous-marin et de débarquement de containers à l’aéroport international de Beyrouth, chargés d’armes que les Américains expédient on ne sait vers quelle destination!
Enfin, de fortes détonations signalées du côté de Roumieh (caza du Metn), ont augmenté la peur des citoyens. Renseignements pris, il s’agissait de manœuvres de l’Armée dans la zone proche de la caserne de cette localité.
Jusqu’à quand, les Libanais continueront-ils à baigner dans cette atmosphère étouffante et cette phobie qui rend leur existence invivable?

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