| A l’occasion de la rentrée universitaire 2005-2006, il paraît opportun de mener une réflexion en profondeur sur l’enseignement des Arts plastiques dans les universités au Liban, pour définir et bien identifier les enjeux actuels de cet enseignement et voir l’importance de son impact, d’une part, sur le plan de la créativité et, d’autre part, sur celui de la promotion économique du pays.
Une étude lucide des enjeux de l’enseignement des Arts plastiques pourrait dégager les principes devant soutenir les stratégies à adopter en vue de cibler à la fois deux types de finalités:
- La créativité: permettant l’organisation d‘expositions et manifestations artistiques personnelles et la participation à des collectives, salons et festivals locaux et internationaux.
La maîtrise des techniques traditionnelles et technologies de pointe: au point de vue professionnel, cette maîtrise agit, bénéfiquement, sur la production dans tous les domaines des arts pastiques, visuels et appliqués en rendant l’artiste plus libre, plus ingénieux dans ses créations, moins docile aux routines, plus sensible aux suggestions et besoins du temps présent et lui permet l’accès au marché du travail dans de multiples domaines tels: peinture, sculpture, gravure, techniques d’impression, photo, art vidéo, animation, vidéo-games, illustration, BD... Art du vitrail, mosaïque, trompe l’œil.
Le principal enjeu pour l’enseignement supérieur des arts plastiques au Liban, comme dans le reste du monde, peut être formulé sous la forme de cette question assez simple.
L’enseignement des Arts plastiques au niveau universitaire produit-il le bon diplômé?
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En réponse à la question posée, il semble évident que la plupart des établissements ne forment pas des diplômés en arts plastiques, dont le potentiel créatif, d’une part et les compétences techniques et technologiques, d’autre part, correspondent aux exigences de la société d’aujourd’hui, une société où prédomine la civilisation de l’i-mage sous toutes ses formes: fixe, mobile, animée...
Or, il est très clair que la demande d’insertion sociale, exprimée par les jeunes plasticiens détenteurs de diplômes universitaires en arts plastiques, ne vise pas seulement l’accès à la créativité, à la renommée et au marché de l’art, (ce qui paraît difficile, même pour des artistes de grand talent) - mais, aussi et surtout, la certitude de pouvoir gagner, honorablement, leur vie et celle de leur famille et de “financer leur art” au moyen d’une insertion dans le marché du travail dans des métiers artistiques conformes à leurs aptitudes, à titre de créateurs concepteurs chefs de projets, dans les bureaux, les ateliers de production, les studios photos, les chaînes de télévision... ou à titre d’enseignants des langages plastiques et visuels dans les collèges et les universités.
En effet, la civilisation de l’image qui prédomine depuis le XXème siècle, entraîne dans son sillage une ouverture vers de nouvelles carrières artistiques et une restructuration des sociétés où l’art de l’image fixe, mobile, animée... joue un rôle primordial dans la promotion économique des pays.
D’où un enjeu important se situant au niveau d’un changement nécessaire des pratiques pédagogiques et des programmes des arts plastiques.
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Les responsabilités des enseignants dans ce contexte sont grandes, mais celles des universités et institutions d’enseignement supérieur le sont encore plus, parce que tous: enseignants et responsables se doivent d’apporter un soutien efficace à la conception des cursus de formation où on devrait retrouver, en premier lieu, tous les éléments incitant à la créativité et, en second lieu, une plus forte imbrication du monde de la formation artistique et du monde du travail.
Ces changements de mentalités et de pratiques artistiques, nécessitent une prise de conscience urgente et une responsabilisation à tous les niveaux.
Pour résumer l’ensemble des enjeux actuels de l’enseignement des arts plastiques au niveau universitaire, on pourrait affirmer que pour favoriser à la fois la créativité et une plus grande professionnalisation, cet enseignement devrait transmettre à l’étu-diant ce qu’il doit savoir pour, non seulement devenir un artiste plasticien: peintre, sculpteur, graveur,... mais, aussi, pour savoir innover au moyen des langages visuels intégrant les technologies de pointe et ainsi s’adapter au futur immédiat et lointain.
Le défi principal ou l’enjeu stratégique du système de l’enseignement supérieur des Arts plastiques et visuels est que l’ensemble du système comprenne la dynamique des changements qui s’opèrent, afin d’apporter une réponse adéquate aux besoins fondamentaux de notre société et aux aspirations les plus profondes des jeunes artistes, lesquels sont amenés à jouer un rôle de plus en plus grand dans la promotion économique du pays. |