Au menu de la visite de François Fillon à Beyrouth

Marquée par la signature de multiples accords économiques, militaires et judiciaires, la visite du Premier ministre français, François Fillon à Beyrouth, a constitué une occasion supplémentaire pour les autorités françaises de réitérer l’engagement de la France aux côtés du pays du Cèdre, dans la durée, tout comme de souligner son appui continu à sa souveraineté, son indépendance et son intégrité territoriale.

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M. François Fillon accueilli par son homologue libanais à l’AIB.

Etalée sur deux jours, cette visite a également permis à M. Fillon de discuter avec les responsables libanais, des derniers développements sur la scène locale, de conférer en particulier de la normalisation des relations libano-syriennes, notamment l’échange d’ambassadeurs, la délimitation et le contrôle des frontières communes, ainsi que du dossier des détenus libanais en Syrie.
Accompagné de M. Hervé Morin, ministre français de la Défense; Mmes Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et droits de l’homme; Anne-Marie Edrac, secrétaire d’Etat au Commerce, ainsi que d’une importante délégation d’hommes d’affaires représentant plus de 50 entreprises françaises, le Premier ministre français est arrivé mercredi à Beyrouth à 14 heures. Il a été officiellement accueilli à l’aéroport par son homologue libanais, M. Fouad Sanioura, avant de gagner le palais présidentiel de Baabda.
Le responsable français qui a rencontré la communauté française à la Résidence des Pins s’est, ensuite, rendu à Aïn el-Tiné vers 18 heures, pour s’entretenir avec le président de la Chambre, Nabih Berri. M. Fillon a, également, conféré avec M. Fouad Sanioura au Grand Sérail. La rencontre a été suivie d’une séance de travail, à l’issue de laquelle un certain nombre d’accords économiques, militaires et judiciaires ont été signés, dont un protocole entre Beyrouth et Paris permettant au Liban de débloquer 125 millions d’euros, soit le second versement des aides françaises au Trésor libanais décidées lors de la conférence de Paris III.

L’aide française: 375 millions d’euros
Rappelons que le montant des aides françaises est de 375 millions d’euros à payer en trois versements, le troisième et dernier versement devant être débloqué après l’appel d’offres pour la privatisation de l’EDL en 2010. Ce faisant, Paris espère inciter les pays donateurs à respecter leurs engagements envers le Liban. Par ailleurs, un amendement de l’accord de financement bancaire aux PME est à prévoir, de sorte que ces dernières puissent bénéficier de facilités financières. En outre, Paris a décidé d’élargir le cadre des garanties que propose l’organisation gouvernementale “Covas” et ce, dans le but de faciliter les investissements français au Liban. Le ministère français des Finances contribuera, via un accord technique, à appuyer le Liban au sein de l’OMC. En outre, des hommes d’affaires français plancheront sur certaines propositions tels “Thalès”, visant à équiper l’AIB de radars ou “Eurocoptères” pour équiper la Défense civile d’hélicoptères.
Une conférence de presse conjointe devait, ensuite, rassembler les deux responsables. M. Fillon a clôturé sa première journée en prenant part au dîner offert au Sérail en son honneur. Il convient de souligner dans ce cadre, que l’agenda surchargé et purement économique du responsable français, ne lui a pas permis de rencontrer les différents pôles libanais, y compris le patriarche maronite.
Vendredi matin et avant de participer au forum économique organisé au Grand Sérail et destiné à encourager les échanges économiques franco-libanais, le Premier ministre français aura déposé une couronne de fleurs sur la tombe du Premier ministre-martyr Rafic Hariri.
En outre, M. Fillon profitera de sa présence au Liban pour inspecter le chantier du Centre technologique pour la santé de l’USJ, partiellement financé par les autorités françaises.

Visite politico-économique
Le responsable français devait clôturer sa visite au Liban en se rendant au Liban-Sud, pour inspecter le contingent français de la Finul renforcée. Notons qu’à la veille de son arrivée dans la capitale libanaise, le Premier ministre français s’est prononcé sur plusieurs questions dans les colonnes de plusieurs quotidiens libanais. Il a ainsi affirmé que sa visite “revêt évidemment un caractère à la fois politique et économique, car les deux dimensions sont étroitement liées. Après avoir aidé le Liban à retrouver une stabilité politique, la France est, désormais, engagée pour l’aider à relancer son économie. C’est le sens de la présence, à mes côtés aujourd’hui, de très nombreux chefs d’entreprise français qui s’intéressent aux opportunités économiques que représente le Liban. Ma visite permettra la signature de plusieurs accords importants qui illustrent la relance de notre coopération dans tous les domaines, au-delà même des aspects économiques.
“Sur le plan militaire, je viens également réaffirmer l’engagement déterminé de la France en faveur de la mise en œuvre de la résolution 1701 et de la stabilisation du Liban-Sud.”(…)
Il a, par ailleurs, souligné que la crise financière internationale actuelle n’aura aucune incidence sur les engagements pris par la France et la communauté internationale à Paris III. “Je tiens à préciser que les engagements de la communauté internationale vis-à-vis du Liban, sont indissociables de ceux pris par le gouvernement libanais en faveur de la mise en œuvre d’un certain nombre de réformes nécessaires. L’aide budgétaire annoncée lors de Paris III, est adossée au programme de réformes du gouvernement libanais, notamment dans les domaines des télécommunications et de l’énergie. Il est essentiel que le Liban tire pleinement profit des opportunités qui lui sont offertes pour redresser et stabiliser durablement son économie”, a-t-il dit.
Prié de préciser si la France compte équiper l’Armée libanaise et la soutenir, M. Fillon a répondu: “La France a depuis très longtemps, une coopération importante avec l’Armée libanaise. Elle s’est efforcée depuis la guerre de juillet 2006, de répondre aux situations d’urgence. La France a consacré en 2007 et 2008 des moyens importants pour former des militaires libanais en France comme au Liban, notamment dans le domaine du déminage et de la maintenance des matériels. Pendant les opérations de Nahr el-Bared, nous avons, par exemple, répondu sans délai aux demandes de l’Armée libanaise. En dépit des contraintes budgétaires sévères, mon gouvernement a décidé de maintenir pour 2009 un important budget de coopération militaire”.

Par MICHELINE ABI-KHALIL
Article paru dans "La Revue du Liban" N° 4185 Du 22 Au 29 Novembre 2008
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