L’unité nationale, l’entente, le dialogue, le vivre en commun et la convivialité entre les différentes communautés libanaises, c’est sur ces valeurs que le chef de l’Etat, Michel Sleiman est revenu à maintes reprises cette semaine.
En effet, que ce soit lors de la rencontre de réconciliation qu’il a parrainée samedi entre les habitants de Brih, les résidents et les déplacés, à Beiteddine, au siège estival de la présidence, en présence du chef du PSP, Walid Joumblatt, ainsi que des députés de la région ou lors de l’iftar traditionnel offert au palais de Baabda, le président de la République a tenu à réaffirmer, au lendemain des événements de Bourj Abi Haïdar, qu’à l’instant où l’on essaie de déstabiliser le pays, de saboter ses fondements, le dialogue mû par une bonne volonté, permet de couper court à la discorde. Un argument que le chef de l’Etat a développé lors de l’iftar traditionnel organisé, annuellement, au palais de Baabda et auquel toute la République a quasiment assisté, excepté les députés Walid Joumblatt et Talal Arslane, le chef des FL Samir Geagea, le chef des Marada Sleiman Frangié, le député Michel Murr, son fils le ministre de la Défense Elias Murr, les anciens Premiers ministres Omar Karamé et Salim Hoss ainsi que le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel-Amir Kabalan.
Prononçant son discours habituel, Sleiman a affirmé que “l’Etat ne permettra pas que des incidents similaires à ceux survenus il y a deux jours dans les rues de la capitale, se répètent”, assurant que “les forces de sécurité accompliront leur mission, appuyées par l’armée, pour faire face aux actes de violence et imposer la sécurité avec fermeté, rigueur et traduire en justice les fauteurs de trouble”.
“Il n’est plus admissible de permettre à une partie ou à une circonstance, quelles qu’elles soient, de pousser les Libanais à la discorde communautaire ou sectaire”. Et de souligner que tous les problèmes qui surgissent sont susceptibles d’être réglés par le dialogue et par un recours à l’arbitrage des institutions.
Pour l’entente permanente
Invitant les Libanais à “faire en sorte que l’entente entre eux soit permanente et non occasionnelle ou temporaire” mais surtout qu’elle soit le fruit “d’une volonté libanaise interne, non d’un parrainage fraternel, que du reste nous accueillons avec gratitude”, le chef de l’Etat a tenu à préciser que “la convivialité doit être un acte de foi renouvelé et un style de vie continu”.
Le chef de l’Etat qui a évité dans son discours d’aborder le dossier du TSL, a entamé son allocution en rappelant que c’est lors de l’iftar traditionnel du palais de Baabda il y a deux ans (9/9/2008) qu’il a lancé son appel pour la tenue du comité du dialogue national, “un comité qui, a-t-il dit, a prouvé son importance et son utilité, non seulement en raison de sa quête continue pour formuler une stratégie nationale pour défendre et protéger le Liban, mais du fait qu’il a établi entre ses membres et vis-à-vis de l’opinion publique, une politique qui renforce l’esprit de dialogue et d’entente.
“Le comité, parallèlement aux grandes échéances constitutionnelles et nationales a contribué à consolider le climat d’accalmie et à consacrer la stabilité, sans laquelle les Libanais ne peuvent vivre heureux et il n’y aura ni réforme ni développement socio-économique” a-t-il indiqué.
Le président Sleiman visitant le palais Moussa.
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Le président de la République lors de sa tournée dans la cédraie du Barouk
en compagnie de Walid Joumblatt.
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Menaces israéliennes
Evoquant les menaces et exactions israéliennes continues contre le Liban, ses institutions et son infrastructure, le chef de l’Etat a assuré qu’il faut aller de l’avant dans l’édification “d’une force de défense et de dissuasion propre et ce, parallèlement à une action soutenue pour appliquer la résolution 1701, le raffermissement de l’unité nationale, la lutte contre le terrorisme, le démantèlement des réseaux d’espionnage et l’installation d’un filet de sécurité politique et diplomatique régional et international”.
“D’où mon appel à équiper l’armée au lendemain de son action héroïque face à l’agressivité israélienne à Adaïssé”, a-t-il encore ajouté, avant de relever que l’équipement de la troupe relève des devoirs de l’Etat.
Assurant que le programme d’équipement sera décidé au cours des prochaines semaines, M. Sleiman a toutefois indiqué que les “aides des Etats amis ou frères restent nécessaires pour permettre à l’armée, loin de toutes les conditions qui lui seraient imposées, de renforcer ses constantes et son attachement à la démocratie et de contrer le fanatisme et le terrorisme”. Sachant que les contributions et les dons de la population visent entre autres à “manifester l’entente du peuple sur l’institution militaire (...)”
Le dialogue renforce
la paix civile
Et le chef de l’Etat de poursuivre sur sa lancée disant: “Les événements survenus au cours des dernières semaines ont prouvé que la voie du dialogue et de l’entente est la seule susceptible de freiner la tension, de raffermir la paix civile, d’écarter les dangers et de dénicher les bonnes approches pour régler les problèmes et difficultés surgissantes (...)” Le défi permanent que nous devons relever consiste à confirmer que plusieurs communautés peuvent trouver leur place au sein d’un régime politique démocratique, comme cela est le cas au Liban, et non pas de vivre dans un régime démocratique auquel elles ne participeraient pas. C’est pourquoi, il n’est plus permis à aucune partie, circonstance ou événement quelconque de pousser les Libanais vers la discorde communautaire ou sectaire ou vers des modes de vie qui isolent les citoyens dans des cellules fermées et séparées, qui empêchent la vue, étouffent la voix et la mémoire et généralisent la peur de l’autre ainsi que la quête pour l’éliminer. Pour ce, l’Etat ne permettra plus que des incidents pareils à ceux survenus il y a deux jours dans les rues de la capitale se reproduisent dans le pays. Car, en sus des responsabilités des leaderships politiques à atténuer la tension et à promouvoir l’accalmie, les forces de sécurité, appuyées par l’armée, accompliront leur mission pour contrer les violences et imposer la sécurité avec fermeté et rigueur et traduire les responsables devant la justice.”
“La peur n’édifie pas un pays, ni un Etat”, a encore rappelé le président de la République, appelant les Libanais à consolider la confiance entre eux et en leur capacité à surmonter les difficultés et à régler les problèmes en ayant recours et au dialogue et aux institutions d’arbitrage.
Relations saines
avec les réfugiés palestiniens
Le président de la République a, par ailleurs, soulevé la question des réfugiés palestiniens. C’est ainsi qu’il a exprimé le souhait d’établir des rapports “sains” et “tranquilles” entre les réfugiés palestiniens et l’Etat libanais et ce, loin de tout ce qui peut mener à l’implantation, conformément aux décisions prises lors de la conférence du dialogue national concernant les armes hors et dans les camps palestiniens, ainsi que le respect de la souveraineté et des lois libanaises en vigueur.
A cet égard, M. Sleiman a tenu à rappeler la responsabilité de la communauté internationale vis-à-vis des réfugiés, tant sur le plan de leurs besoins humains fondamentaux et l’appui financier à l’UNRWA que sur celui de la recherche d’un règlement juste et global à la crise du Moyen-Orient, qui confirmera le droit au retour des réfugiés sur base de la légalité internationale, la conférence de paix de Madrid et l’initiative de paix arabe dans toutes ses clauses. Et le chef de l’Etat d’affirmer enfin que le Liban n’approuvera aucun accord auquel on parviendrait, si ce dernier se fait indépendamment de son intérêt supérieur ou contrairement à lui, avant de conclure en invitant l’assistance à œuvrer et à poursuivre les efforts dans les chantiers internes et aller de l’avant dans la réforme et l’édification de l’Etat ainsi que tout ce qui a été décidé dans la déclaration ministérielle.
Rappelons que vendredi dernier, le chef de l’Etat a visité dans l’après-midi la cédraie du Chouf en compagnie du chef du PSP Walid Joumblatt. Un accueil populaire lui a été réservé dans les villages traversés pour se rendre au Barouk.
Le président Sleiman qui a été l’hôte à la table de M. Joumblatt à Moukhtara, a par ailleurs visité le palais de Moussa à Deir el-Qamar ainsi que la grotte de Kfarhim. |