Des indices de compromis se profilent, actuellement, à l’horizon. Nous parlons “d’indices” et marchons sur la pointe des pieds, de crainte de perdre l’occasion, d’autant que Henry Kissinger a qualifié le Moyen-Orient “d’arsenal théologique”, avec lequel on ne peut traiter par des moyens académiques. Nul ne peut assumer la “gestion du séisme” dans la région hormis les grands, qui excellent dans l’expérience, la sagesse et la dextérité. C’est pourquoi, je m’oppose avec force à ceux qui présentent Zbignew Brejensky comme “l’artisan” de l’accord de camp David. Il ne fait pas de doute qu’il est le promoteur de la vision prônant “l’industrialisation des incendies” qui a une mission déterminée: jeter un rideau de feu cachant les transactions. Or, ce qui se passe sur les plans des contacts et des navettes diplomatiques, concerne la tentative de démanteler des mines et non d’en débarrasser les champs politiques.
Dès la première valse, Ehud Olmert a débaqué à Moscou et le roi Abdallah a visité Washington; puis, Le Caire. Les contacts se sont intensifiés entre le “Serviteur des deux saintes mosquées” et le président Hosni Moubarak. Le président turc Gull n’était pas absent du panorama régional, puisqu’il est arrivé à Tel-Aviv. La valse diplomatique s’est répercutée en Irak et Nouri el-Maliki a parachevé sa formation guerrière loyaliste aux ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Sécurité nationale. Le président Bush serait dans le “goulot de la bouteille” irakienne, ayant trouvé dans le repaire des Zarkawistes une échappatoire éloignant de lui la pression de la rue et de l’opinion publique, ainsi que les sondages, le cauchemar du “pont des cercueils” entre Bagdad et la Californie!
L’état de refroidissement se reflète au Liban. Le statu quo se perpétue, sans doute, mais les pôles de la politique et ceux de la rue ont conscience de l’importance de la stabilité. Aussi, s’opposent-ils à toute secousse, en dépit des “fouls” qui se produisent entre le crépuscule et la nuit. A cela s’ajoute une dynamique collective réfractaire à tout projet de sédition. Tous, en définitive, sont en faveur du renforcement de la position, car nul ne s’aventure à laisser le toit s’effondrer sur sa tête.
Quant à la Palestine, tous les voiles de ses femmes sont mouillées de larmes, après la tuerie du littoral de Gaza. Tel est le destin auquel elle fait face avec fermeté. Le dialogue entre Fateh et Hamas s’est arrêté et il faut que l’intérêt supérieur l’emporte en définitive. Il n’y aura pas une guerre civile sur laquelle les Israéliens parient en versant de l’huile sur la braise.
Il est établi que le royaume d’Arabie saoudite et le “Serviteur des deux saintes mosquées” ne bougent pas, avec leur poids et la crédibilité de leur rôle, à partir du vide, afin de ne pas déboucher sur le vide. Riyad calcule ses pas avec une minutie extrême, implorant les échappatoires et les solutions de rechange, afin que les parties en cause n’aboutissent pas à l’impasse. La portée de son action, sont les capitales de la région, de Gaza à Beyrouth, Damas et Bagdad, pour prévenir toute secousse.
Le “Serviteur des deux saintes mosquées” avait informé les présidents du monde à New York des vérités de la guerre sur le terrorisme, insistant sur le fait que la religion islamique ne peut y être impliquée, parce que c’est une religion de justice et de miséricorde. Il a ajouté que parler dans ce contexte du choc des civilisations, comporte une large part de simplification et d’erreur. Les explosions étant après analyse, l’incarnation d’un conflit entre deux stratégies dans la confrontation des modifications.
Notre monde arabe et islamique n’ayant pas échappé à ses implications sanglantes. Face aux gens de bien motivés par la volonté de vie en commun et de contribuer à édifier la société par la persévérance, l’effort et la bonne gestion, une catégorie induite en erreur traite avec son identité religieuse, un excès d’extrémisme et de fermeture, pour déclencher la guerre sur autrui. De là, le terrorisme est moins une dénonciation des situations, qu’une guerre à multiples fronts contre le citoyen, la société, l’Etat, la civilisation et l’avenir. Sa motivation étant une mentalité de vengeance de tout ce qui ne ressemble pas aux terroristes et ne partage pas leur manière de penser...
Le roi Abdallah a terminé en soulignant que le traitement adopté par le royaume pour extirper le terrorisme va de pair avec sa détermination à protéger la patrie, le citoyen et les intérêts supérieurs de l’Etat. C’est un traitement plus sécuritaire que d’éveil, d’orientation, de structure culturelle et religieuse, soucieuse de préserver ses constantes, ses modèles, ses programmes et ses préceptes. De là, la politique des portes ouvertes à la discussion, à la concertation publiques et rationnelles autour de ce à quoi s’attache le royaume du bien, du droit, des constantes et des règles, ce qui lui a permis de réprimer des assassins athés.
Il a été dit que les présidents du monde ont prêté l’oreille en profondeur à l’exposé du roi Abdallah qui a réussi, dans une large mesure, à dissiper les illusions, à rectifier les concepts erronés sur l’Islam et l’arabisme, comme les valeurs de la modération et de la tolérance.
Dans cet automne transitoire, souffle sur nous de Riyad la brise d’une politique empreinte d’espoir. C’est une sorte de boussole saoudite, face à cette errance, au jeu des concepts obscurs, aux relations de la force et des conflits autour des intérêts et des positions. Nous connaissons parfaitement la dimension de ces forces camouflées par les intérêts et leur capacité de neutraliser tout ce qui est noble, sublime et futuriste. De même, la connaissance des droits et des libertés, est insuffisante seule pour en appliquer les clauses. Et même la tutelle de la part de leurs protecteurs, ne les empêche pas de les violer, du moment que la logique des intérêts, engendre en permanence des relations allant à l’encontre des droits, de la justice et de l’équité qui sont la première préservatrice de la tolérance. |