En suivant la Turquie...
Par René AGGIOURI

La Turquie est dans son rôle. M. Erdogan semble avoir bien pris les choses en main. Il est intervenu, pour commencer, en Irak afin d’évaluer une situation dans un pays en plein trouble.
Il a, ensuite, fait une incursion en Syrie et porté, sur la situation dans ce pays en plein bouleversement, un jugement sévère.
Puis, il a fait un saut à travers la Méditerranée pour aller juger sur place une situation troublée en Libye et dans le voisinage.
Ce tour d’horizon dont on ne connaît pas encore toutes les conditions, révèle une politique dont l’objectif évident est la prise en main d’un ensemble géographique qui fut, jadis le domaine historique de l’Empire ottoman.
Quand il aura achevé ce tour d’horizon, M. Erdogan sera-t-il en mesure de préconiser un mode d’organisation susceptible, sous l’autorité d’Ankara, de pacifier les relations entre tous ces pays qui vivent dans le désordre depuis la fin de l’Empire ottoman?
Tel est, aujourd’hui, le problème dont Washington suit le développement d’un œil attentif et sympathique.

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Pour aborder ce genre de problème s’inspirant d’une histoire impériale qui s’étend sur plusieurs siècles, M. Erdogan a besoin, d’abord, de tenir compte du chemin parcouru par les divers pays de cette région depuis leur séparation de la Turquie dans les conditions que l’on sait.
Tous ces pays ont commencé par être pris en main par deux puissances coloniales, la France et la Grande-Bretagne. Mais depuis la fin de ce double mandat, aucun n’a connu une vraie stabilité. Tout s’est passé comme si ces pays ne réunissaient par les conditions d’une vraie indépendance.
Parmi les moyens mis en œuvre pour leur développement, fut la création de la Ligue arabe dont on attribue l’idée à la diplomatie britannique. Ce fut un échec.
Et on continue dans la même voie qui révèle l’étendue de l’impuissance.
L’idée d’un monde arabe organisé, relève davantage que d’une conception réaliste des possibilités de ces pays, d’une vision romantique des spécialistes de l’époque, ceux qu’on appelle les Orientalistes dont on peut dire tout de même que certains d’entre eux étaient de vrais historiens.

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Ce tour d’horizon permet de saisir les conditions réelles d’une politique volatile:
Il faut bien se rendre à l’évidence. L’histoire des pays de cette région de l’Orient arabe est marquée par l’incapacité des peuples concernés de se prendre en charge. Ils ont passé de la domination ottomane à une forme d’indépendance sous tutelle franco-britannique.
Et depuis, ils pataugent tout en poursuivant la réalisation de rêves unitaires.
Ce sera toujours ainsi comme ce l’est depuis toujours. A moins que....