On peut toujours rêver. Et il en est qui en font leur métier.
C’est ainsi qu’au moment où le conflit de Palestine s’enfonce, une fois de plus, dans une impasse plus dangereuse que jamais, on apprend qu’à Tolède, en Espagne, le “Centre international pour la paix” vient de proposer une réunion, dont le sujet serait la promotion d’un plan de coopération sur l’eau au Moyen-Orient.
A ce sujet, un ancien ministre jordanien des Ressources hydrauliques, Munzer Haddadin, suggérait la création d’un organisme régional de coopération qui serait appelé “Communauté de l’eau et de l’énergie”.
Il y avait là bien évidemment un parallèle avec le rôle qu’avait joué, pour l’unification de l’Europe, la communauté du charbon et de l’acier instituée entre la France et l’Allemagne au lendemain de la guerre mondiale. L’ancien ministre allemand des Affaires étrangères, M. Joshka Fisher a souligné ce parallèle et a appuyé l’idée.
Mais voilà le hic: en Europe, la communauté du charbon et de l’acier naissait au lendemain de la conclusion de la paix. Ici, il s’agirait d’instituer un tel organisme de coopération régionale avant l’instauration de cette paix, mais dans l’idée de paver la voie à l’aboutissement des efforts de paix.
Est-ce possible?
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L’idée vient d’être lancée au moment où la reprise des violences à Gaza semble avoir bloqué toute espérance d’ouverture.
L’idée d’un plan de coopération régionale à visée économique et qui ouvrirait la voie à une paix globale n’est pas nouvelle, mais elle a été chaque fois abandonnée à la suite d’une flambée de violences.
Dans la conjoncture actuelle, on croit pouvoir pousser simultanément dans les deux voies: économique et politique. C’est ainsi qu’on vient de relancer le plan de paix arabe adopté en 2002 à Beyrouth et réactualisé à la conférence de Riyad en 2007.
A Bahreïn, le ministre des Affaires étrangères a appelé à la tenue d’un forum régional en invitant Israël. Parallèlement, un ancien responsable saoudien a rencontré des responsables israéliens à Londres. Enfin, le leader du parti travailliste israélien, Ehud Barak a, récemment, souligné qu’il serait utile de poursuivre un accord de paix globale associé à un accord économique.
Commentant ces divers éléments, le leader israélien, Schlomo Ben-Ami, dans un commentaire écrit en coopération avec John Bell, en arrive à cette conclusion: “L’initiative de paix arabe, associée à un développement pérenne d’une communauté de l’eau et de l’énergie, offre les bases nécessaires pour pallier les besoins des peuples de cette région et y réduire les conflits en puissance”.
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On peut penser, évidemment, que ce n’est là qu’une vision optimiste d’une situation lourde encore de nombreux obstacles.
Il ne faut, sans doute, jamais perdre espoir. Garder à l’esprit la mesure des réalités sur le terrain est la condition nécessaire à une action politique utile. Ainsi, pour ne citer que deux réalités plus que jamais pesantes: du côté israélien, la judaïsation de Jérusalem et la colonisation rampante en Cisjordanie toujours appelée “Judée-Samarie” - et, du côté arabe, la revendication de Jérusalem et le refus même de l’existence d’un Etat juif sur une terre arabe.
Les optimistes pensent que les esprits, des deux côtés, peuvent évoluer. Les pessimistes ne voient pas encore les prémices de ce changement. Dans toutes les déclarations politiques, d’un côté comme de l’autre, qui se veulent de bonne volonté, il y a toujours les non-dits. Et c’est justement l’essentiel. |