DRESSANT LE BILAN DES SIX PREMIERS MOIS DU “CABINET DES 16”

HOSS: “NOUS AVONS SUPPRIMÉ LA TROÏKA, PARCE QUE C’ÉTAIT
UN PHÉNOMÈNE NON CONSTITUTIONNEL”

KARAM: “DE GAULLE S’EST HEURTÉ À 102 DÉPUTÉS COMMUNISTES
ET A RÉVISÉ LA LOI ÉLECTORALE”




Le président Hoss en conversation
avec M. Melhem Karam.
“Le Liban se méfie de la position israélienne en ce qui concerne le retrait” a déclaré le président Salim Hoss, en recevant mercredi le conseil de l’Ordre des journalistes ayant à sa tête M. Melhem Karam. Que Barak applique la résolution 425 du Conseil de Sécurité, s’il veut vraiment évacuer notre territoire.”

Dressant le bilan des six  premiers mois de son gouvernement, il a rappelé la suppression de la troïka; la mise au point du projet de budget 99 en quatre mois, sur la base de principes définis, tel celui de l’austérité - sauf sur les crédits destinés aux projets de développement - et la révision de la politique fiscale.

RÉFORME ADMINISTRATIVE ET POLITIQUE
M. Hoss promet de procéder à la réforme politique, à travers une nouvelle loi électorale.
A ce sujet, M. Karam a posé la question suivante au Premier ministre: Avant votre prise en charge des responsabilités gouvernementales, on parlait de la réforme administrative. Puis, vous avez mis l’accent sur la réforme politique dont le cadre n’a pas encore été complété.
La réforme administrative a connu deux étapes: la première en 1932, sous le président Charles Debbas et, la seconde sous le sexennat du président Charles Hélou. Tous deux l’ont appelée “épuration”.
Six mois après votre retour au Sérail, quelles ont été vos principales réalisations, étant entendu que vous êtes connu pour être un expert en matière financière, ayant présidé en 1976 le comité de contrôle bancaire.
Chaque nouveau gouver-nant a procédé à la révision de la loi électorale, afin d’assurer une représen-tation nationale saine et authentique. Quand le général de Gaulle a été élu à l’Assemblée nationale, cent deux députés communistes n’ont pas observé au parlement la minute de silence en mémoire des martyrs de Dien Bien Phu en Indochine. Il a estimé qu’il ne pouvait pas gouverner avec ces parlementaires; aussi, a-t-il révisé la loi électorale en vertu de laquelle trente communistes seulement, ont accédé à la Chambre. Tel était le cachet de la Vème République.
Qu’auriez-vous à dire à propos de la loi électorale et du projet de budget et pourquoi la loi de finances n’a-t-elle pas été au niveau de vos ambitions?
Le président Hoss répond: “Au plan politique, nous avons mis fin à la troïka, parce que nous la considérions comme un phénomène anticonstitutionnel. En effet, la Constitution consacre la séparation des pouvoirs, alors que la troïka a procédé au partage des parts, ce qui transgressait le système démocratique.
“Au plan économique, nous avons agi sans répit dès le premier jour de mon entrée en fonctions. Le projet de budget n’avait pas été élaboré en décembre 98, alors que ce dernier devrait, normalement être transmis au parlement dans la première quinzaine d’octobre. Un tel fait s’était présenté autrefois et le gouvernement de l’époque avait mis huit à neuf mois pour déposer le projet de budget sur le bureau de l’Assemblée. Nous l’avons terminé en quatre mois.

LE “MEILLEUR BUDGET POSSIBLE”
“Comme je l’ai déjà dit maintes fois, le projet de budget 99 n’est pas idéal: c’est le meilleur possible dans les circons-tances présentes, car nous ne disposions pas du temps suffisant pour y apporter les modifications répondant à nos souhaits.
“De plus, nous avons rationalisé les dépenses, étant entendu que des crédits excédentaires nous ont été imposés, provenant de la nouvelle échelle des salaires dans le secteur public, l’augmen-tation se montant à 500 milliards de livres, somme à laquelle il fallait ajouter celle résultant des indemnités dues aux contractuels dans l’enseignement secon-daire.
“A cela il faut prévoir le service de la dette publique qui accroît le déficit budgétaire de l’ordre de 700 milliards de livres par an.
“Nous avons procédé, également, à la révision de la politique fiscale et apporté des modifications à l’impôt sur le revenu, en majorant les taxes sur les articles de luxe, de manière à en exempter les citoyens à revenu limité.
“Pour la première fois au Liban, nous établissons un “programme de travail pour le redressement financier” qui sera rattaché au projet de budget.
 
SOUS-PRESSE

DENARD ACQUITTÉ
La Cour d’Assises de Paris vient de rendre son verdict le 19 courant, acquittant Bob Denard de la mort de l’ancien président des Comores, Ahmed Abdallah. (Voir notre interview en page 34)


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